Beaucoup de nos contemporains, même s’ils ont quelque idée spéculative sur la réalité des choses, croient en pratique qu’un poisson est un rectangle jaune et que le lait est produit dans une brique en carton.

Ce rapport faussé avec notre nourriture et sa source, l’agriculture, entraîne une méconnaissance des pratiques paysannes naturelles. Cette méconnaissance n’est certainement pas étrangère à la disparition progressive des paysans en France (en quarante ans, le nombre des a été divisé par quatre) : nos contemporains ne veulent tout simplement plus être paysans. Pourtant, les agriculteurs, avec l’aide de la nature, produisent la nourriture indispensable aux hommes, que jamais les produits de substitution à base de pétrole ou autre ne pourront remplacer.

Mais avant même qu’il n’y ait plus de paysans en France, les derniers représentants de cette race en voie de disparition subissent une persécution judiciaire de la part de certains « néo-ruraux ». Un « néo-rural », ou « rurbain », est une personne (une famille) qui quitte la ville polluée, coûteuse et encombrée, pour s’installer à la campagne. Et, heureusement, la plupart des « néo-ruraux » sont des personnes de bon sens qui comprennent que la campagne possède des spécificités auxquelles il faut s’adapter.

Le problème réside dans certains « néo-ruraux » qui ignorent à peu près tout de la campagne, sauf peut-être ce qu’ils ont vu dans les dessins animés de ou les documentaires animaliers de National Geographic Wild, et qui ont la tête farcie d’idées « écologistes » totalement hors-sol. Ces gens ont une vision mythifiée de la campagne : l’atterrissage est donc rude quand ils se confrontent, en particulier, aux derniers paysans qui s’efforcent, très modestement, de nourrir la population française.

Cette catégorie de « rurbains » pourrit la vie des par des plaintes continuelles et des procès insensés, demandant que les paysans (qui étaient pourtant installés là longtemps avant eux) ne fassent plus de bruit, ne répandent plus d’odeur, bref, ne « gênent » plus leurs voisins. Et, malheureusement, ils gagnent de plus en plus les procès qu’ils intentent, certains juges croyant probablement aussi que le poisson est naturellement jaune et carré.

Il faut donc en prévenir ceux qui envisagent de s’installer à la campagne. Oui, dans les campagnes (les campagnes réelles), les vaches meuglent, les poules caquètent, les cochons grognent, les brebis bêlent, les chiens aboient, les ânes braient. Et pas forcément aux bonnes heures, et pas toujours avec beaucoup de discrétion. Oui, les produisent du fumier et du purin, qui ne sentent pas toujours la rose. Oui, les paysans, pour enrichir la terre, répandent dans leurs champs ce fumier et ce purin, dont l’odeur se diffuse elle aussi. Oui, lors des moissons, les paysans commencent à travailler à l’aube et finissent tard dans la nuit, ce qui entraîne du bruit et de l’agitation. Oui, le paysan qui rentre des champs ou des prés avec ses bêtes ou son tracteur attelé à une carriole pleine de produits agricoles ralentit la circulation et peut parsemer son chemin de divers débris, comme des bouses de vache ou de la paille. Oui, en résumé, les pratiques agricoles les plus normales peuvent engendrer quelques nuisances sonores, olfactives et autres : cela s’appelle la vie.

Devant cette persécution, notamment judiciaire, les derniers paysans qui persistent à nourrir les Français sont alors tentés de jeter l’éponge. Demain, si l’on n’y prend pas garde, nous risquons de nous réveiller dans un monde où, enfin, les ne crieront plus et ne produiront plus de fumier, où enfin les paysans ne gêneront plus leurs voisins : parce qu’il n’y aura plus de paysans, plus d’animaux de ferme, plus d’agriculture, et que nous mourrons de faim dans une campagne merveilleusement tranquille.

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1 octobre 2022

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24 commentaires

  1. Bien de ces citadins viennent coloniser les campagnes sachant qu’ils trouveront toujours un de ces juges écolo bobo islamo gauchiste pour leur donner raison contre la raison de la nature…
    Curieux, ces juges hors sol poussent comme des champignons !

    1. 75% des magistrats sont des femmes ! Or les femmes sont beaucoup plus crédules et émotionnelles que les hommes. ceci explique certainement celà. D’ailleurs, parmi ces rurbains évoqués, ceux qui se plaignent des bruits et des odeurs sont TRèS majoritairement des femmes (j’en connais près de chez moi !).

  2. Les rurbains représentent plusieurs problèmes d’accueil dans les campagnes.
    Déjà, ils occupent souvent des emplois dont l’utilité pourrait souvent faire débat (administratifs le plus souvent) et ne contribuent pas vraiment à la prospérité des lieux.
    En suite, ils reproduisent presque systématiquement les lâchetés qu’il connaissaient en ville : fermer les yeux quand il y a une agression ou un vol, être désagréable et se cacher derrière son avocat quand ça s’envenime…
    Et pour finir, même si c’est souvent leurs propres échecs qui les a conduit à la campagne, ils méprisent tout ce qui relève du bon sens paysan et de l’attitude du « bon père de famille ».
    En gros, on les préfère aux migrants mais, comme ces derniers, on les préférerait chez eux.

  3. Il y a bien des gens qui nous racontent qu’à Paris cela sent bon . On peut toujours leur rigoler au nez .

  4. Conclusion : l’écologisme à la Jadot , à la Rousseau, et à la LFI, est une perversion mentale très éloignée de l’écologie réelle, qui elle, a toute sa place, partout. L’écologisme de salon est devenu une religion avec ses grands prêtres et ses ayatollahs, et qui par malheur a pignon sur rue dans les médias bien pensants. Et par voie de conséquence, certains ´´ rurbains ´´ , comme vous dites, sont pollués par cette religion et redécouvrent la réalité lorsqu’ils quittent leur ville pour s’installer à la campagne. Mais ils ne le supportent pas et portent plainte. À ce propos, que penser des magistrats qui perdent leur temps à instruire ces plaintes idiotes au lieu de les classer sans suite, et qui vont jusqu’à condamner le propriétaire d’un coq qui chante le matin ? Ils n’ont que ça à faire ? Il n’y a pas d’autres sujets plus graves qui assaillent notre pays ? On nous rebat constamment les oreilles avec le manque de moyens de la magistrature, pourtant. Est-ce vraiment un manque de moyens, ou un fonctionnement inapproprié ?

    1. D’où nous sommes bien sensé de placer les écologistes comme prédateurs de l’humanité. Ont ils vraiment l’envie de sauver la terre selon leur slogan favoris mais d’un prétexte coupable. Remplacer la production nucléaire qui n’émet pas de gaz à effet de serre par du bon charbon fumeur à fond. voir qu’il faut 600 éoliennes pour remplacer un réacteur nucléaire quant une centrale à gaz reste une combustion fossile avec ses nuisances.

  5. Il y a pire : le bobo-touriste, tels ceux qui réclament l’éradication des cigales trop bruyantes en été en Provence !!!

  6. Excellent article qui remet l’église au milieu du village .Ce sont tous ces juges et ces avocats qui défendent ces abrutis qui sont à bannir .De plus en plus de maires affichent à l’entrée de leurs villes des panneaux qui informent des merveilles de la campagne et invitent ceux qui n’aiment pas à passer leur chemin . Perso je n’irai jamais habiter dans leurs villes parce que je sais que l’air est irrespirable , le bruit des klaxons et autres véhicules est pire que le chant du coq , l’insécurité et la délinquance ont le monopole .

  7. On se plaît aujourd’hui à exalter la longévité de la génération d’après guerre. Jusque dans les années 70, ces gens on été nourri avec des aliments sains qui leur ont permis de se forger une bonne santé. A partir des années 70 ont commencé à se répandre des produits fabriqués en usines, bourrés de conservateurs, de colorants, d’exhausteurs de goût, de nitrates, de divers produits chimiques n’ayant plus rien de naturel. Des viandes bourrées d’hormones et d’antibiotiques.
    Je doute que les générations futures aient une santé aussi solide que les « papy boomers ». Rajouter à cela la disparition des médecins, infirmiers, soignants divers et la fermetures de lits dans les hôpitaux … la longévité va régresser.

  8. Ces imbéciles, qui se nourrissent de légumes et éventuellement de viandes, « anéantissent » par leur fanatisme écologique le monde paysan, ils finiront par manger de la nourriture importée de chine ou ailleurs où les animaux sont élevés en batterie , les légumes et fruits bourrés de pesticides ! Quant aux juges qui leur donnent raison sont lamentables ! Et hors sol.

    1. Ces imbéciles pourront aussi manger de l’herbe et faire meuh meuh devant leurs téléphones portables .

    2. je vous trouve bien gentil de dire que les juges on  » lamentables » ce sont de véritables criminels ! Celui qui nourrit est condamné alors que celui qui est nourrit sans même savoir comment se font les choses lui est entendu ?  » Ké misère » !

  9. Pour aller un peu plus loin dans la transformation du réel, certains pensent aussi, qu’en période de canicule et de sécheresse, les vaches donnent du lait en poudre!

  10. « il n’y aura plus de paysans, plus d’animaux de ferme, plus d’agriculture, et … nous mourrons de faim dans une campagne merveilleusement tranquille »
    Alors ça, je n’y crois pas une seconde !
    D’abord, parce que les fameux « rurbains » finissent pas devenir campagnards, même si c’est long (compter environ 5 ans), ensuite parce que la bêtise a des limites, l’inexorable mouvement de balancier qui gère tout sur terre, y compris les comportements de nos juges ou des voisins de ces rurbains, va faire revenir les comportements vers l’équilibre, avant de dériver vers les extrêmes, où ces rurbains seront renvoyés manu militari dans leurs villes dégénérées, qui elles aussi, vont se réveiller. On n’a pas seulement perdu le bon sens, dans notre société, on a aussi perdu la notion de « temps long »…

    1. la bêtise à des limites ?? bah… le constat quotidien me dit que NON ! hélas ! cette société est en pleine dégénérescence sur tout les plans, je ne vois pas du tout comment on peut encore espérer un rebond – et comme vous dites l’inexorable balancier qui gère tout sur terre va effectivement tout nettoyer, parceque là et ce n’est que mon point de vue, il n’y a pas grand chose à sauver hélas -çà c’est déjà produit…. et malheureusement tant que l’humain n’apprends pas de ses erreurs çà se reproduira.

  11. Ils sont ( les « néoruraux » ) conditionnés par Disney et les bandes dessinées qui leur ont toujours montré la campagne bien lissée sans tâches ni vermine, des moutons blancs tout propres et des vaches rigolotes au look bien soigné, parfois cultivés en rêvant devant le tableau de la chambre de Van Gogh où il n’y a pas de mouches ni araignées et aucune poussière, Maya l’abeille en guise d ‘insectes volants et les cloches c’est rigolo avec Don Camillo.

  12. que dire de plus ? les gens de la campagne, ceux qui y sont nés et y vivent ne considèrent pas que les bruits et les odeurs des divers animaux soient gênants, ils savent aussi que les cloches de l’église sonnent toutes les heures voire les demi heures et que le tracteur du paysan passe parfois tôt le matin, avant le chant de Maurice le coq, pour aller retourner la terre et semer les céréales et légumes qui arriveront dans nos assiettes. Seuls les ignorants des villes qui viennent s’établir à la campagne déposent plainte contre la vie car la campagne c’est la vie de tous et c’est plus agréable que le bruit des klaxons, du métro ou des voitures polluantes dans les embouteillages !

  13. Ajoutons également que les forêts peuvent aussi être des domaines privés où se déroulent depuis des siècles activités cynégétiques et sylvicoles. Ces bois ne sont pas seulement des lieux de promenades ou d’exercice d’une activité sportive. Passer en VTT, a fortiori en quad, au milieu d’une plantation de jeunes arbres d’une vingtaine de cm cause des dégâts. Le gibier doit être chassé et régulé. Les chemins forestiers entretenus. Le bois entreposé le long de ces chemins appartient à quelqu’un, de même que les champignons où encore les jeunes sujets de résineux que certains volent pour orner leur salon.

    1. Vous avez raison sauf concernant les résineux qui ornent les salons ( 1 x /ans) ils sont cultivé pour çà, c’est un métier, qui s’appelle la sylviculture et dont vivent les sylviculteurs!
      Il y a belle lurette que personne ne va plus couper un petit résineux sauvage en forêt ou en montagne, vous rêver là !

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