Economie - Editoriaux - 31 mars 2019

Le gouvernement va-t-il brader nos routes nationales à des sociétés privées ?

Après les autoroutes, les routes nationales ? Les sociétés d’autoroutes, non contentes d’exploiter 9.000 kilomètres du réseau, seraient prêtes à étendre leur emprise sur une partie des routes nationales. Avec un argument choc : des économies pour l’État. Un moyen, tout à la fois, de baisser les impôts, d’enrichir des entreprises privées et… de déposséder la France.

« Le transfert de tout ou partie du réseau routier national est de nature à provoquer un choc budgétaire très significatif, soulageant le budget de l’État et pérennisant les capacités d’entretien du réseau », peut-on lire dans une note interne de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA), datant du 17 avril 2014, qui a été révélée par Radio France. Voilà qu’elles se présentent comme des sociétés de bienfaisance, toujours prêtes à rendre service – ou, plutôt, à monnayer leurs services.

« Chaque fois que l’État décidera d’aménager son réseau de routes nationales et de le transformer en autoroutes concédées, les sociétés d’autoroutes répondront présent », a confirmé le président de l’ASFA. Le ministre des Transports assure que, sur ce dossier explosif, la « prudence » est de mise, ce qui ne l’a pas empêché de mettre en place, avec Gérald Darmanin, un groupe de travail sur « l’évolution de la gestion » du réseau routier national – ah ! qu’en termes galants ces choses-là sont mises !

La concession, voire la vente des infrastructures dont la charge revient normalement à l’État, c’est-à-dire aux contribuables, sont en vogue dans une société qui ne vit, comme Picsou, que pour ses pièces d’or, le rendement et le profit. Une part de la France est déjà aux mains d’investisseurs étrangers : des clubs de sport, des vignobles, des terres agricoles, des châteaux, des aéroports. Alors, un peu plus ou un peu moins, ce n’est pas une affaire ! Seuls quelques grincheux pourraient s’en offusquer. Sans compter que c’est un bonne méthode pour réduire les dépenses publiques – sans alléger, bien au contraire, le coût financier pour les usagers.

Nos dirigeants, depuis des années, bradent ce qui ne leur appartient pas. Car ces autoroutes, construites avec l’argent des Français, ont été cédées pour un plat de lentilles à des sociétés privées qui s’en mettent plein les poches en faisant payer aux Français plus que de raison. Y ajoutera-t-on, bientôt, une partie des routes nationales ? Pourquoi ne pas leur laisser l’entretien des ponts, des routes départementales, des chemins vicinaux ? Elles pourraient s’occuper aussi du ramassage des ordures, du nettoyage des villes, des bâtiments publics… Moyennant contribution, bien sûr !

On imagine déjà Macron annoncer, dans les prochaines semaines, une grande nouvelle : les impôts vont baisser ! Désormais, vous paierez moins de taxes à l’État, vous alimenterez directement les comptes des grands groupes auxquels nos gouvernements successifs vendent, sans vergogne, des pans entiers de notre patrimoine. Ne vous plaignez pas : c’est pour votre bien qu’on vous dépouille. À ce train-là, c’est la France tout entière qui sera hypothéquée, les Français en seront dépossédés et devront payer un droit de fermage pour vivre dans un pays qui est le leur et qu’ils ont contribué à construire.

Mais que peut-on attendre d’autre de mondialistes qui ont perdu tout sens de la communauté nationale ? Ils n’ont pour valeur que la finance et verraient mourir la France qu’ils s’en soucieraient autant que de cela !

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