Le 11 mai. Trois semaines encore à courir, façon de parler, avant le retour progressif au . Mais ne mettez pas encore le champagne au frais car rien ne dit que, eu égard aux fantaisies qui poussent chaque matin dans le cerveau des « décideurs », vous pourrez sortir le nez de votre tanière et les cartables du placard.

À chaque jour sa mesure et sa contre-mesure : régionalisation ou sectorisation ? École obligatoire ou volontaire ? Masque en papier ou en chiffon ? Respirateur ou ventilateur ? Chloroquine ou détergent ?

Au terme d’une e-réunion avec des élus, comme dirait benoîtement Muriel Pénicaud découvrant la visioconférence, a annoncé une rentrée scolaire « progressive, concertée avec les élus locaux et adaptée aux réalités locales ». Surtout, elle se fera sur la base du volontariat des parents, « sans obligation de retour à l’école ».

Perso, j’ai le sentiment que les enfants ne sont pas près d’en retrouver le chemin. À cela plusieurs raisons qu’on entend exprimer, çà et là : raisons politiques, économiques, idéologiques et, bien sûr, sanitaires.

Au micro de France Info un père de famille s’indigne ainsi qu’on veuille renvoyer les enfants à l’école pour « pouvoir remettre leurs parents au travail ». « Une fois de plus, dit-il, c’est l’économie qui prime ! » Comment dire, cher monsieur… Si vous voulez toucher votre chômage économique et toutes les aides afférentes, il va bien falloir, à un moment ou un autre, retourner au boulot. Mais la CGT veille, et pas question de céder aux cadences infernales de la reprise… donc, les minots resteront sur le canapé du salon !

Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, s’en réjouit au nom des parents d’élèves : « C’est bien normal que la décision finale d’envoyer ou non leur enfant à l’école leur revienne. » Toutefois, il ne faudrait pas croire que les choses sont aussi simples : « Attention à ne pas faire “un chantage au portefeuille” de ceux qui décident de garder leurs enfants. Il faudra que les aides financières suivent », dit-il. Donc, nous paierons l’école à l’école + l’école à la maison.

Le portefeuille, la stigmatisation des plus faibles… insoluble problème. Figure, en effet, dans les hypothèses de reprise scolaire une priorité accordée aux « décrocheurs », ces enfants plus ou moins disparus des radars parce qu’ils n’ont pas les capacités intellectuelles et/ou matérielles ou la volonté de suivre une scolarité à peu près normale. En effet, « comment être certain que les élèves les plus éloignés de l’école – ceux pour qui la décision a justement été prise de rouvrir les établissements scolaires, selon l’Élysée – y retournent bien ? », s’interroge Le Point.

La question était posée, mardi, au JT de France 2, à Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU, le premier syndicat du primaire. Marie-Sophie Lacarrau demande : « Heu… ne craignez-vous pas que se concentrer sur ces enfants-là, justement, les stigmatise encore un peu plus ? » Mais oui, ma bonne dame, mieux vaut les laisser croupir dans leur ignorance et leur misère que tenter de les aider à en sortir, ce sera moins « stigmatisant »…

Le vrai problème de fond est ailleurs. Quid des tests, des consignes sanitaires ? Quid, surtout, des fameux masques qui, à six semaines de confinement, demeurent toujours à l’état gazeux ? Comme Zorro, on en parle mais on ne les voit jamais. Sauf ceux confectionnés par les blanches mains bien lavées de la ménagère…

À cela sans doute une raison encore très française : l’obsession « rond-de-cuiresque » qui ruine, dans ce pays, toute initiative de bon sens. Sophie Coignard a ainsi consulté pour nous « L’hallucinante notice officielle » de l’AFNOR pour fabriquer son masque (Le Point). En l’espèce, un document de 36 pages parfaitement incompréhensible et inutilisable pour le commun des mortels ! Soit le mariage de cette belle tradition nationale qu’est l’enc… de mouche avec des normes mondiales ubuesques…

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