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Coronavirus - Editoriaux - Société - 22 avril 2020

Adieu frontières nationales, bonjour frontières régionales !

Le regroupement familial, ce n’est manifestement pas pour tout le monde ! En tout cas, il est à craindre que ce ne soit pas pour tout de suite ! Ce fameux 11 mai, martelé lors de l’allocution présidentielle, et qui laissait poindre une lueur d’espoir au bout du tunnel pour nombre de familles éloignées, apparaît de moins en moins clair au fil des jours. Dernier rebond : cette rumeur qui évoque un général, mais chacun dans la limite de sa région !

Le but ? Empêcher un afflux trop important sur les routes de France et en direction des plages, à la faveur des week-ends de mai, sas de décompression pourtant si attendus par tant de Français ! Ainsi, même si nous sommes en guerre, ni débarquement de Provence, ni débarquement de Normandie ! Mais un long mur de l’Atlantique pour qui n’habite pas déjà dans le Grand Ouest ! Las, les frontières abattues entre les nations, avec le succès que l’on sait, sont rebâties entre les régions ! Ainsi donc, adieu Nationale 7, les habitants du Nord resteront dans leurs Hauts-de-France, ceux du Grand Est ne verront pas le Sud-Ouest, le Centre-Val de Loire ne verra pas le Puy-de-Dôme, qui ne verra pas plus la vallée des châteaux. Seul le chanceux Nouvel-Aquitain pourra, dans sa région étendue, se rendre de Poitiers à Saint-Jean-de-Luz, de la Corrèze à l’île de Ré, de Bordeaux aux confins des Pyrénées !

Plus approche le 11 mai, plus le brouillard se fait épais. Le risque est qu’un ressort trop longtemps serré finisse littéralement par exploser. Car si, dans le même temps, ni masques ni dépistages ni rentrées ne s’annoncent enfin, la liberté de circuler risque de ne jamais revenir, à moins, bien entendu, d’habiter à Villeneuve-la-Garenne.

Tout proche du 11, le 9 mai est la journée de l’Europe. Cette Europe des régions, des no borders, du laisser-faire et du laissez-passer… Sachons, pour une fois, la fêter dignement en nous tournant vers la Cour européenne des droits de l’homme. Pour le magistrat Charles Prats, « limiter la liberté d’aller et de venir de personnes non contaminées est une atteinte aux dispositions du droit européen et de la CEDH qui ne se justifie pas. Que l’on permette des tests généralisés et que l’on donne des masques plutôt que d’assigner les gens à résidence », tweetait-il ce jour.

À moins, peut-être, d’un nouveau retro-pédalage, auquel on commence à être habitué !

 

Mise à jour du 23 avril à 16h30 :

Le retro-pédalage espéré hier aura finalement bien eu lieu, puisque l’on apprend par nos confrères de BFM le volte-face du gouvernement : ” Le gouvernement avait, dans un premier temps, envisagé d’interdire les déplacements entre régions, pour éviter que les populations des territoires plus touchés viennent infecter des régions jusque là épargnées. Ce jeudi matin, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner confirmait même sur BFMTV que “le déconfinement, ça ne sera pas la liberté d’aller partout, tout le temps.” Mais cette option a finalement été écartée.”

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Las, ce n’est pas l’épidémie du Covid-19 qui aura eu raison du troquet, mais un tout autre…