On avait fini par ne plus y penser : elles sont revenues s'incruster, dimanche, à la Marche pour la vie. Provocantes, obscènes, agressives, sans respect aucun pour les enfants et leurs familles qui défilaient, légitimement, tranquillement, simplement pour protester contre l'allongement des délais pour avorter, les ont mené leur coup de com' habituel devant le podium, hurlant leur attachement à l'IVG.

On ne les présente plus. Le mouvement des Femen, cette organisation « féministe radicale » née en Ukraine en 2008, s'est exportée en France à l'été 2012 à la faveur de l'expulsion d'Inna Chevtchenko, sa fondatrice, condamnée dans son pays pour avoir scié à la tronçonneuse une croix érigée en mémoire des victimes de la répression stalinienne. Une époque où se montrait généreuse ; Valérie Boyer s'en était émue, s'interrogeant sur leurs motivations profondes et l'origine des « subventions et aides en nature comme le prêt de locaux accordées par des collectivités locales comme la mairie de Paris ». Un formidable tremplin en tout cas pour donner au mouvement une envergure internationale.

Sous prétexte de dénoncer toute forme d'assujettissement des femmes, les manient « le sextrisme » et la communication violente en se montrant poitrines dénudées couvertes de slogans pour cibler les religions et le patriarcat. Hasard parfait du calendrier, en France, les débats contre le mariage homosexuel leur offrent une véritable tribune. Elles s'invitent dans les cortèges de Civitas, de la Manif pour tous, de Marine Le Pen, miment un avortement obscène et blasphématoire à Notre-Dame de Paris, manifestent en burka pour dénoncer l'islam et multiplient les actions chocs pour stopper les viols des femmes. Leur campagne du moment cible Éric Zemmour, figure du patriarcat oppressif. Chouchoutées par les médias, elles bénéficient d'une certaine bienveillance des juges, écopant d'un non-lieu avec leur complice Caroline Fourest dans l'affaire Civitas. Inna, l'héroïne du mouvement, servira même de modèle pour le timbre-poste de l'année...

Mais derrière le romantisme hard des couronnes de fleurs, les zones d'ombre du mouvement persistent. Un journaliste, Olivier Goujon, a enquêté. Dans son ouvrage, Femen. Histoire d'une trahison, il rapporte : « À un moment donné, il faut dire aux gens ce qui s'est réellement passé. Certaines ont eu un engagement sincère, profond et désintéressé quand d'autres n'ont cessé d'être dans le calcul ou la récupération. »

Depuis l'Ukraine déjà et le portrait de Viktor Sviatski, « idéologue » sulfureux du groupe, les accusations de dérives sectaires refont régulièrement surface. Plusieurs membres qui ont quitté le groupe décrivent « l'organisation dictatoriale des Femen » comme Eloïse Bouton, cette ex-militante auteur d'un livre qui raconte « les castings psychologiques », « l'armée de soldates » « prêtes à tout sans savoir pourquoi », le fonctionnement « désastreux, défaillant, nocif » du mouvement qui exige une « disponibilité totale ». Propos pas vraiment démentis par Inna Chevtchenko qui confirme « l'atmosphère martiale » qui règne chez les par souci d'efficacité militante. Iseul Turan, fondatrice du mouvement des Antigones, a réussi l'exploit d'infiltrer le groupe pendant deux mois ; elle témoigne de cette opacité entre deux cercles de militantes : celles qui dirigent et planifient les actions et les autres, véritable « chair à canon » disciplinée que l'on propulse seins nus sur le terrain. En 2014, Georges Fenech suggérait que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) enquête sur ces risques de dérives sectaires.

La Brésilienne repentie Sara Winter, elle aussi, accuse le mouvement d'être « une secte qui promeut la destruction de la famille traditionnelle et de toutes les valeurs morales de la société » qui « l'a poussée à consommer de la drogue et à avoir des relations non consenties avec des inconnu(es) ». Depuis l'avortement de son premier enfant, Sarah Winter est devenue fervente des mouvements « pro-vie ».

Si l'action des à Notre-Dame de Paris a fini par dégouter certains responsables politiques, Laurence Rossignol, vice-présidente du Sénat, ancien ministre des Droits des femmes, acharnée de l'IVG sans restriction, ne s'est à ce jour encore pas départie de sa passion pour le mouvement Femen. Encore ce dimanche, elle saluait leur courage.

Et c'est bien là le plus gros du scandale : ce soutien affiché d'une Laurence Rossignol, ancienne pétroleuse du MLF, toujours en place, pour un mouvement militant féministe douteux, sulfureux, agressif et ras les pâquerettes déjà responsable du malheur des unes.

18 janvier 2022

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