Je ne dirai jamais assez merci aux actrices d’Hollywood qui ont parlé des agressions dont elles étaient victimes de la part d’un magnat du cinéma. Elles ont libéré la parole des femmes dans le monde entier contre les atteintes et chantages sexuels. Ainsi, des femmes musulmanes se sont décidées à affirmer avoir été violées par .

Je m’abstiendrai de tout commentaire sur l’affaire en elle-même, par respect pour la présomption d’innocence. Les réactions à cette affaire-là sont, par contre, des plus instructives.

Tout d’abord, les messages antisémites, cités par Le Monde (27 octobre) et Mediapart (26 octobre).

La femme ayant, la première, porté plainte contre Ramadan pour viol, Henda Ayari, est accusée d’être sioniste. Henda Ayari a publié son autobiographie, J’ai choisi d’être libre, en 2016. Franco-tunisienne, musulmane fervente, en 2012, elle avait en Ramadan “une confiance totale”

Alors, pourquoi cette accusation de sionisme ?

Toute critique de l’islam ou d’un prêcheur de l’islam est présumée par quantité de musulmans venir forcément des juifs, puisque le Coran (soit Dieu lui-même) le dit : “Tu te rendras assurément compte que ceux qui ressentent la plus vive inimitié à l’égard des musulmans sont les juifs…”

Le livre d’un auteur algérien publié avec le soutien du gouvernement français précise : “Ce dire du Prophète, bénédiction et salut sur lui le prouve : “Quand un juif croise un musulman il ne pense qu’à une chose : le tuer.” Il faut les extirper de la société.”

Comme l’explique magistralement Nonie Darwish en 2012, pour croire logiquement à l’islam, les musulmans doivent croire que Mahomet avait des raisons de massacrer les juifs. Car sinon, il n’aurait été qu’un vulgaire assassin et non pas messager d’un dieu. Dès lors, l’islam n’existerait plus. CQFD.

Autre réaction instructive : les articles de .

Elle explique, dans Marianne (27 octobre) et sur son propre blog (28 octobre) pourquoi elle n’a pas révélé, en 2009, ce que lui avaient déclaré quatre femmes au sujet de la conduite envers elles de Ramadan. “Je n’ai pas pu l’écrire. Les faits les plus graves ne pouvaient être révélés sans preuves solides, sans qu’une victime porte plainte.”

Pourtant, écrit-elle, l’une d’elles “[lui] a montré des SMS puis des photos édifiantes” et deux autres “[lui] ont montré des photos explicites et raconté des horreurs”.

Dès lors, la Justice aurait peut-être pu admettre la vérité des propos et accepter la révélation d’un fait de la vie privée afin d’informer le public sur un double langage et d’alerter des jeunes femmes trop confiantes. Les juges auraient pu estimer qu’il y avait là “connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêché” (art 434-1 du Code pénal).

Caroline n’a pas eu tant de scrupules lorsque, la même année 2009, elle a estimé devoir par deux textes publics (constatés par huissier) révéler le nom réel d’un auteur juif écrivant sous pseudonyme sur… Tariq Ramadan.

Le clou est dans l’autre justification qu’elle donne. “Mais j’ai alerté des confrères et même des lieutenants de Ramadan.” Ceux-là mêmes dont Caroline écrit, dans le même article, à propos de la plainte de Ayari : “L’un de ses fidèles lieutenants y voit déjà un complot “sioniste international”. Ses fans accusent la victime…”

Ceux dont Caroline écrit encore, dans Marianne : “Je suis bien placée pour connaître la violence des réseaux des Frères musulmans quand on tient tête à “frère Tariq”.”

Logique carolinienne…

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