Qu'on aime ou non Laurent Wauquiez - et beaucoup, je le sais, ont du mal avec sa personne et son ton -, on ne peut plus dire qu'avec lui, la droite soit la plus bête du monde.

À lire ses réponses ou à les entendre, j'ai l'impression que malgré sa volonté de favoriser la clarté politique, il demeure une sorte de révélateur des forces, des faiblesses et de l'ambiguïté de la pensée conservatrice.

Il y a tout un pan régalien dans lequel je me suis trouvé en plein accord avec et il n'est pas dénué d'un talent de polémiste pour dénoncer sur ce plan les failles, voire les gouffres de l'adversaire.

S'il est vrai que, dans les trois cents djihadistes revenus en France, cent dix sont dans la nature, en liberté, ce serait un scandale. L'internement de tous serait bienvenu pour la sauvegarde de la France.

Il a déclaré ce qui convenait au sujet de la politique pénale et de la prison. Ce n'est pas la capacité de celle-ci qui doit déterminer la nature de celle-là, mais, au contraire, l'obligation de construire au moins 20.000 places supplémentaires est plus que jamais impérative.

Il a brillamment ridiculisé, alors que l'ennemi de la et de notre démocratie est l'intégrisme islamiste et, par exemple, à Marseille, le fait qu'un proviseur ait peur d'accueillir un élève juif à cause de ce qu'il subirait, le décalage entre la décision du Conseil d'État - pas de croix à Ploërmel sur la statue de Jean-Paul II - et la réalité du pays.

Son esquisse d'une troisième voie entre la mondialisation célébrée et la France cadenassée n'était pas non plus dénuée de pertinence.

Sur le plan économique et financier, il a manifesté une opposition systématique mais en définitive classique dans l'affrontement si lisible entre la gauche traditionnelle et la droite orthodoxe. Mais avec un embarras croissant pour la droite qu'il souhaite remettre sur pied, convaincante, fière de ses valeurs et de son identité. Parce qu'elle sera fortement entravée dans son expansion par un pouvoir habile penchant et pensant plus à droite qu'à gauche. Pas la droite, certes, de Laurent Wauquiez, mais suffisamment consistante tout de même pour rendre plus malaisés et parfois artificiels les antagonismes.

C'est d'ailleurs à cause du risque durable de cette équivoque que en rajoute dans l'audace conservatrice, les dénonciations brutales, la vision hémiplégique et le dénigrement à l'encontre du président. On peut être séduit par cette parole enfin libérée - mais elle n'est que la continuation de celle qui, un temps, a convaincu l'électeur de Nicolas Sarkozy avant de le décevoir faute d'incarnation -, apprécier le verbe martial et dynamique de Laurent Wauquiez mais s'interroger aussi sur cet extrémisme qui le conduit à une charge déplacée à l'encontre d'Emmanuel Macron.

De même que j'ai toujours récusé les procès en "fascisme" que l'on intentait à et à tous ceux qui avaient le front d'aspirer à autre chose qu'à une droite s'excusant de ne pas être de gauche, je réprouve l'excès, personnellement offensant, prétendant accabler le président de la République. "Pas d'amour charnel de la France... le désert de l'âme... petit arrogant, capricieux, ambitieux..." (LCI).

C'est trop.

Le Président Macron a bouleversé la donne. Aussi, la droite d'opposition est condamnée à s'inventer. Le neuf est obligatoire.

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30 octobre 2017

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