Vous connaissiez le « baby-boom », bienvenue dans l’ère du « baby-crash ». Alors que gouvernement, partenaires sociaux et oppositions s’apprêtent à s’écharper sur l’âge du départ à la retraite, les régimes spéciaux et les annuités, un facteur pourtant clef passe sous les radars alors même qu’il est directement corrélé au système des retraites : la natalité. « Nous ne préparons pas nos retraites par nos cotisations mais par nos enfants », disait l’économiste Alfred Sauvy. Hélas. Avec un indice de fécondité en baisse constante, cette affirmation est d’autant plus cruelle que, selon le rapport du Conseil d’orientation sur les retraites paru en juin 2021, le ratio entre le nombre de personnes de 20 à 59 ans et celui des personnes de 60 ans et plus passerait de 1,9, en 2019, à 1,3, en 2070. En d’autres termes, trop de retraités et pas assez d’actifs.

Aucune politique publique de natalité

Avec près de 740.000 naissances enregistrées, la France a connu, en 2020, la natalité la plus faible depuis 1945. Au-delà de ce chiffre fortement marqué par la crise sanitaire, notre pays connaît, depuis 2014, une baisse constante du nombre des naissances. Pourtant, se félicite le gouvernement, « il faut sans doute retenir que la politique d’aide aux familles, [...] contribue dans son ensemble au maintien en France, depuis plusieurs années, d’un taux de fécondité certes en baisse mais parmi les plus forts des pays européens ».  Le sujet a été plusieurs fois mis sur la table. Pendant le mandat précédent, le groupe LR a, par l’intermédiaire de son député Josiane Corneloup, proposé une loi visant à « favoriser une reprise de la natalité ». Une proposition datant de 2021 qui n’a pas manqué de noter « les coupes drastiques effectuées par François Hollande dans les budgets familles, la modulation des allocations familiales, la réduction de la prime naissance et la suppression du quotient familial ». Des économies qui auraient entraîné une perte financière pour les familles de 3,5 milliards d’euros. Encore plus récemment, la députée RN du Pas-de-Calais Caroline Parmentier a présenté une résolution cosignée par 56 parlementaires faisant de la natalité « une grande cause nationale 2024 ».

La natalité, un sujet de droite ?

On pourrait le croire… Les dernières décennies ont démontré que seuls LR, le RN et, plus récemment, Reconquête ont fait des propositions concrètes sur le sujet. Tandis que François Hollande s’est improvisé fossoyeur de la famille pendant son quinquennat, Emmanuel Macron a, quant à lui, privilégié l’aide à la garde d’enfant pour les parents désirant travailler. Quant à Marine Le Pen, elle a donné à la famille une place non négligeable dans son programme social. Prêt à taux zéro, subvention à partir du troisième enfant, restauration de la demi-part fiscale pour les veufs et veuves, exonération de la dotation des parents et grands-parents… Éric Zemmour était allé jusqu’à proposer une prime de 10.000 euros pour chaque enfant naissant dans une zone rurale. Alors, la natalité, un sujet de droite ? Un sujet d’opposition, en tout cas… Alors, comment rééquilibrer notre système de retraite si l’on n'encourage pas les familles françaises à faire davantage d’enfants ?

L’immigrationnisme en remplacement du « natalisme »

C’est en tout cas ce que pense Caroline Parmentier. L’élue dénonce auprès de Boulevard Voltaire « le fait de remplacer les naissances par une immigration de peuplement ».

« Heureusement », semble au contraire se féliciter l’Union mutualiste retraite : « La baisse des naissances et de la fécondité aura des incidences sur les équilibres des régimes de retraite d’ici une vingtaine d’années quand celle du solde migratoire se fait ressentir immédiatement », affirme l’organisme qui note que « sans apport extérieur, la population active est amenée à baisser dans les prochaines années. Les travailleurs immigrés acquittent des cotisations contribuant à l’équilibre des régimes de retraite. » L’immigration, donc. Au prix de notre identité et de notre sécurité. Pourtant, comme le rappelle l’économiste Jacques Bichot à BV : « C’est en procréant et en investissant une vingtaine d’années dans la formation des nouveaux citoyens que l’on prépare les futures pensions. Quand existera-t-il une proportion suffisante de citoyens ayant compris que la loi positive est actuellement inepte en matière de retraites ? » Mais dans le nouveau monde liquide et déraciné, tout individu est interchangeable.

3176 vues

3 janvier 2023

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • Les liens sont interdits.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

18 commentaires

  1. Si ces élus ne s’acharnaient pas à détruire ce pays nos jeunes feraient davantage d’enfants . Quand à ceux que l’on acueille ne comptez pas sur eux pour payer nos retraites , ils ne sont pas capables de gagner leur pain quotidien et jusqu’à preuve du contraire la grande majorité est à la charge des contribuables et également des retraités .

    1. Bien d’accord ! Je doute que la majorité des travailleurs immigrés puissent acquitter des cotisations contribuant à l’équilibre des régimes de retraite, vu leur difficulté à intégrer le marché du travail à défaut de désirer s’assimiler à la France .

  2. La France défigurée ,il ni a aucun doute la dessus ,nos politiques depuis des années font tout pour que les français ne fassent plus d’enfants il y a encore une décennie les familles françaises faisaient deux a trois enfants pour avoir un bon quotient personnel qui leurs permettait d’accéder a la propriété le but c’était
    des enfants et un chez soi ,tout cela est entrain de changer les nouvelles classes moyennes sont de plus en plus pressurisées et la construction a changé du tout au tout des terrains aux prix exorbitants et des normes de plus en plus punitives sur les permis de construire .Nos jeunes qui ont maintenant la trentaine vivent de plus en plus au jour le jour pour se consacrer a la jouissance éphémère de leurs jeunesse .C’est grave mais en vérité c’est l’héritage que nous leur laissons par notre lâcheté . Comment nous avons devant nous un phénomène de remplacement de notre peuple européen et un abandon de notre souveraineté énergétique voulue par quelques gogos rien que ce deux éléments auraient vu en France descendre dans les rues des millions de personnes qui dressaient des barricades dans toutes les villes .

    1. « C’est grave mais en vérité c’est l’héritage que nous leur laissons par notre lâcheté » . Et aussi par notre manque d’investissement dans la transmission de nos valeurs. Coupées de leurs racines (chrétiennes), elles se sont affadies, dévaluées. Lire à ce sujet « Les Deshérités, ou l’urgence de transmettre », de FX Bellamy.

  3. Les français feraient plus d’enfants si ils pouvaient les élever sans être obligés de payer pour tous les autres enfants du monde.
    Vous croyez que l’immigration compense la baisse démographique ? Erreur, c’est elle qui provoque la baisse chez les français de souche.
    Donc il faut savoir ce qu’on veut, certains prétendent que tous les enfants se valent, on pourra vérifier ça prochainement.
    On pourra peut-être aussi vérifier ce sont les européens qui ont fait l’Europe et les africains qui ont fait l’Afrique.
    En ces temps d’effondrement du pays, on a un début de réponse.

  4. « L’élue dénonce auprès de Boulevard Voltaire « le fait de remplacer les naissances par une immigration de peuplement » ». Cette immigration de peuplement va faire des enfants, beaucoup d’enfants. Très vite, la France ne sera plus NOTRE France et le financement des retraites ne relèvera plus de notre responsabilité. C’est maintenant qu’il faut relever le niveau de la natalité. Problème : le wokisme omniprésent qui pourrit les esprits.

  5. Nous préparons nos retraites par nos enfants ??????? .
    Il faudrait qu’ils aient du travail pour cotiser ,du travail il y en a de moins en moins en France notre industrie est sur le déclin et ça ne repartira pas car les charges sont élevés ,tout est délocalisés en Chine .

  6. Les français ne sont sensibles qu’à une seule provocation : « ne pas toucher à leur portefeuille » . En matière de retraite il est donc nécessaire de leur ouvrir l’esprit avec cette question « Comment allez-vous financer vos pensions ? » Les plus érudits vont bondir sur ce thème classique « Faire payer les riches ». Tout est résumé et traité en peu de mots. Mais les riches se préparent à fuir la France « Energie trop chère ». Alors ? Il ne reste que les petits bras des français, donc travailler pour cotiser. Mais combien de français à cotiser pour verser une pension mensuelle de 1500 euros ? Vers qui se tourner ? Pas d’enfants ! Donc on en revient à la première hypothèse « Il faut travailler plus longtemps ». Mais je ne travaille que 40 ans pour 35 ans de retraite ! Le compte est-il équilibré ? Certainement pas puisque insuffisamment de cotisants pour ces 1500 euros. Donc il faut compenser, travailler vraiment plus longtemps. Difficile à admettre mais une nécessité incontournable, à moins que……..les retraités acceptent des pensions dérisoires.

  7. il me semble absurde de construire un régime de retraite qui pousse toujours plus loin l’âge de fin d’activité professionnelle sans traiter les deux piliers fondamentaux qui accompagnent ce système.

    1/ la politique de natalité, inexistante, elle nous conduit à subir la  » politique migratoire  » de plus totalement inadaptée et élément actif de fractionnement et division de la société.
    Le principe qu’il y aura moins de cotisants perdurera avec le vieillissement des populations en europe. On ne fait que cranter temporairement un mécanisme qui montrera ses mêmes faiblesses dans quelques années, on repousse mais on ne résoud pas le problème durablement.

    2 / L’organisation du travail dans les sociétés qui considèrent la barrière des 50 ans comme une fin d’activité dans beaucoup de cas ( départ négociés, placardisation etc..) Le silence notable du medef sur l’organisation du travail dans le débat actuel démontre clairement que le gouvernement et Mac Kinsey n’ont pas préparé la réforme au delà des éléments de langage qui vont vite s’écrouler.

  8. Effectivement, il est plus urgent de parler d’avortement et d’euthanasie que de natalité ! Cela montre et démontre que nos politiques ne voient pas plus loin que leur prochaine élection. Des petits, et en plus, minables.

  9. Heureux d’apprendre que les Sénégalais de la Colline du crack cotisent à nos caisses de retraite !

  10. Les retraites d une génération sont financées par la génération suivante. C est tout à fait injuste à mon avis. Chaque génération devrait cotiser pour sa propre retraite, ce serait plus juste et de plus ainsi il n’ y aurait plus de problème de natalité.
    Ou bien il faudrait que les pensions de retraite versées soit augmentées pour les retraités ayant eu des enfants et réduites pour les retraités sans enfants afin d assurer l équilibre du système, mais on pourrait y voir une triste forme de trafic d’enfants .

    1. les retraités sans enfants n’ont pas à assurer l’équilibre du système par une réduction de leur retraite, ils ont cotisé au même titre que les retraités avec enfants en fonction de leur rémunération et aussi payé plus d’impôts car pas de part supplémentaire par enfant….

  11. La natalité est ignorée, et les jeunes ne pensent guère à l’état de notre démographie, n’ ayant pour seul objectif : continuer à jouir de leurs jeunes années, sans projection vers l’ avenir de leur pays, ni même le leur propre, sans passer par la case parents.
    Jamais je n’ ai entendu la remarque suivante : autrefois, le pic de la natalité se situait lorsque les jeunes femmes avaient entre 20 et 30 ans. Aujourd’hui, les femmes donnent naissance à leurs enfants au delà de 30 ans, voire 40, avec tous les problèmes médicaux que cela engendre. Mais, alors qu’autrefois, en un seul siècle pouvaient se succéder 3 à 4 générations, si aujourd’hui il n’y en a plus que 2, cela ne peut que jouer en défaveur de la démographie, surtout parmi ceux qui sont qui font partie des français dits « identitaires »….à chacun d’analyser cette problématique.

  12. Tout-à-fait exact : les Françaises préfèrent avoir peu ou pas d’enfant mais prétend à la retraite que paieront les enfants des autres. L’ égoïsme puni est une belle morale de la fable sociale . Tout le système social de France est construit sur le postulat de la croissance . Il chute dès que cette croissance diminue .

  13. De plus la politique des verts qui ne ratent pas une bêtise, est de ne pas faire d’enfants pour sauver la planète.

  14. sauf que le % d’immigres qui travaillent et donc contribuent est lagement inferieur a 50%. par consequent miser sur cette solution pour maintenait les contributions est illusoire.

Les commentaires sont fermés.

  Commenter via mon compte Facebook

  Commenter via mon compte Twitter