Editoriaux - International - 18 août 2019

La France devrait regarder ce que fait Trump…

La manipulation ou l’aveuglement des médias français dominants seront un jour, sans nul doute, analysés comme une première historique dans une démocratie. Pour le moment présent, on peut les résumer en quelques mots. Au plan économique, ils sont pro-finance, pro-euro, pro-mondialisation ou, au mieux, timides et flous sur ces sujets capitaux. Au plan international, la pensée unique médiatique est antirusse et anti-Trump ; et elle est, là encore, timide et floue sur la Turquie, l’Arabie, l’Iran, la Chine. Car la « grande presse », probablement pour des raison de carriérisme, de connivences, d’idéologie rampante, d’intérêts pécuniaires ou simplement d’incompétence, est devenue un outil d’endoctrinement plus que d’information. Elle fait l’autopromotion de ses « vedettes » et censure les savants. En aucun cas elle ne s’ouvre à des idées nouvelles. Or, le président Trump propose beaucoup d’idées nouvelles… Mais (paresse ou acharnement ?) elles sont ridiculisées ou attaquées.

Au plan économique, le président Trump constate les effets désastreux du multilatéralisme, qui propose un objectif abstrait supposé « gagnant-gagnant » en fixant des règles d’ouverture des frontières commerciales pour tous et pour toujours. Trump, constatant ces pratiques (de la Chine notamment) et leurs effets sur son industrie, décide de protéger cette dernière et l’emploi. Il négocie au cas par cas avec ses voisins et partenaires en fonction de son intérêt national. À l’international, sa démarche est, là aussi, concrète et volontaire. Il veut s’opposer aux pays dangereux et se retirer des terrains d’opérations militaires douteuses, coûteuses et mortelles pour les enfants de l’Amérique. Les pays dangereux sont la Corée (qu’il veut soustraire à la tutelle chinoise et dénucléariser) et l’Iran : il ne veut pas que l’Iran ait l’arme nucléaire islamique, qu’il ait des missiles ; et qu’il envoie ses milices islamiques partout hors de ses frontières. On observera que, sur ces deux terrains, la politique proposée et conduite par le président Trump et ses discrets think tanks est à rebours des lignes traditionnelles des USA depuis des décennies.

La France ferait bien de s’inspirer des lignes générales de cette politique de grand bon sens, et comme nous l’avons souvent écrit, de profiter de l’effet « brise-glace » Trump. Pour autant, si ces grandes options correspondent à notre intérêt national supérieur, elles ne coïncident pas en totalité. Dans le concert des nations, la France a aussi un intérêt national propre à défendre, distinct de celui des USA, parfois différent, voire opposé. Et elle a des atouts que son statut de grande puissance régionale (mais plus désormais de superpuissance) lui permet de faire valoir. En particulier en Méditerranée, en Afrique, en Europe. En Méditerranée, elle doit redevenir la garante du Liban, se réaffirmer protectrice des Lieux saints, réactiver son appui à la solution pacifique des deux États en Palestine-Israël, voire d’une capitale palestinienne à Jérusalem-Est.

L’Afrique (continent et défi du XXIe siècle) fait l’objet de propositions et activités politiques, économiques et militaires intenses de la part de la Chine, des USA et même de la Russie. La France a confié l’investissement séculaire, culturel, affectif, laborieux, dévoué de ses aïeux aux apparatchiks du Berlaymont Building*. Elle doit reprendre en main sa politique africaine dans une vision totalement nouvelle de codéveloppement. Cela sera d’autant plus possible que les deux crises des institutions européennes (Brexit, Italie, euro, migrations, chômage) et de l’Ukraine supposent une rapide et forte réflexion sur l’indispensable révolution européenne, confédérale, avec des traités totalement différents.

* Siège de la Commission européenne.

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