Lundi 20 septembre, c’était jour faste. Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Les Verts, était l’invité du « 8 h 30 franceinfo » ; un nouveau grand moment de pollution cérébrale en direct – diront les détracteurs malvenus de cet esprit éolien – après celui des nuisances en différé, du vote par data centers, voraces, en surchauffe, pour le premier tour indécis – mais paritaire – des primaires écologistes.

Il n’y a pas de hasard. Car, ce lundi, c’était la Saint-Eustache, « mégalo-martyr » du début du IIe siècle, converti au christianisme après qu’au cours d’une partie de chasse, il a vu, dit-on, entre les bois du cerf qu’il poursuivait, une croix lumineuse !

Comme un miracle n’arrive jamais seul, en cette Saint-Eustache, nous avons revu le Bayou anti-chasse déjà illustré, lors des régionales, par un braconnage sans aveu contre toutes les espèces qu’il jugeait carnassières : les « fachos », les « Zemmour », « Finkielkraut », « Darmanin », « chasseurs » ou bien « boomers » ; dénoncés sans glu ni artifices, avant son repentir furtif. Il avait eu l’inspiration du tweet : « Pour défendre leurs intérêts, les chasseurs, les boomers et tous les autres iront voter en juin prochain. Et pour défendre le climat, est ce que vous pourrez voter ? »

Campagne « abjecte et répugnante », titrait donc Le Chasseur français . Et un « mauvais climat » installé par ses soins, qui n’a pas porté chance à Bayou, battu par les sortants avec toute sa clique à gauche. Voilà donc revenu ce fiston adulescent du parisianisme doctrinaire et du « wokisme » discriminatoire nous redire son aversion pour le bouseux périphérique qu’il ne peut imaginer que réac, chauvin et malfaisant.

Il nous le semble voir, dans son imaginaire, ce chasseur aviné, brutal et tueur terrifiant. Lui, de nous prévenir : « On ne sait pas le nombre d’armes en circulation dans ce pays en particulier à cause de la chasse ; et on sait aussi que ça dégénère malheureusement en féminicide quand une personne qui a une arme la retourne contre sa femme ou son ex. ». Bref, de la chasse au meurtre…

On peut, aujourd’hui, critiquer la chasse dans ses excès, et pour l’inégal avantage que la balle a donné à l’homme sur la bête. Mais la question n’est pas là ! Plus de 40.000 chasseurs ont défilé dans toute la France, cette fin de semaine, contre l’interdiction des chasses traditionnelles. Avec souvent leur bonne foi, et la rancœur, pour beaucoup des plus jeunes, d’être traités comme des assassins. Xavier Bertrand était à Amiens, dans le cortège, car il sait aussi où sont ses électeurs ; qu’ils sont un peu chasse, un peu pêche et un peu tradition, et qu’il se doit de les ferrer pour surnager en 2022 : « Des ruraux […] qui veulent tout simplement qu’on ne leur dicte pas leur conduite », a-t-il dit. Une question de plus de liberté française. Lorsqu’il les flatte dans le sens du poil, défenseurs de « la ruralité », d’une « certaine idée de la France », « de ses traditions et de ses paysages », ce n’est peut-être pas qu’une posture.

Pour le bobo Bayou du canal Saint-Martin : « La chasse, y en a marre ! » Sa ruralité : « fake news ». Rien qu’un « hobby de citadins, de cadres CSP+. ». Tiens ! Aurait-il croisé des chasseurs sur les terrasses du 10e ? Et d’ajouter qu’il faut la limiter pour « pouvoir profiter des forêts et des espaces naturels le week-end ». Expression pure et simple d’une pensée citadine de ségrégation, de méconnaissance de « la ruralité » ; presque de mépris pour tous les « invisibles » qui, s’exprimant comme ils l’ont fait au son des cors, sur leurs échasses, veulent défendre un héritage.

Bayou, lui, lève les yeux au ciel : « Ah oui ! C’est vrai. À l’époque, on brûlait des sorcières, c’était la bonne tradition […] C’est ridicule de pouvoir défendre les traditions au motif que ça a toujours existé, excusez-moi ! » Cher bohème, dont le père, « schamane-guérisseur (sic) » près de Béziers, chasse « le mauvais œil », « les âmes errantes, les monstres en tous genres », se « déplace dans l’invisible ». Vraiment, si l’écologie profonde n’existait pas pour faire table rase du passé et nous sauver, il faudrait l’inventer. Merci, Julien Bayou.

21 septembre 2021

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