Le ministre Olivier Véran a reconnu, devant l’Assemblée nationale, que les travaux du Conseil scientifique, qui donne au gouvernement les orientations pour la gestions de la crise sanitaire, n’étaient pas enregistrés.

Au micro de Boulevard Voltaire, réaction de Julien Aubert qui critique sévèrement ce mode de fonctionnement « qui échappe à toute responsabilité ».

C’est officiel, aucune trace de ce qui a pu se dire dans le Conseil scientifique. Ce dernier donne à l’Élysée un cap à suivre dans la gestion de la crise sanitaire. Le Conseil scientifique est tenu par la loi de garder une trace vidéo et audio de ses échanges, et pourtant, le ministre a avoué qu’il n’y avait aucun enregistrement. Pourquoi avez-vous soulevé ce problème à l’Assemblée nationale ?

En réalité, cela veut dire que certaines décisions qui impactent des dizaines de millions de Français font l’objet d’une chaîne d’opacité. Vous partez d’une instance ad hoc créée pour les besoins par le président de la République arbitrairement et souverainement – le Comité scientifique – alors qu’il existe des autorités administratives indépendantes. Des experts et le président ont été choisis sur je ne sais quel critère. Il n’y a aucune trace des décisions. On ne sait donc pas si les recommandations du Conseil scientifique sont prises à l’unanimité.
Dans une lettre en mars dernier, je m’interrogeais déjà de savoir comment le « bidule » fonctionnait. Cela part dans une canalisation qui atterrit au conseil supérieur de défense, qui est lui aussi quelque chose d’ad hoc opaque qui échappe à toutes responsabilités. Emmanuel Macron s’est bâti ses propres institutions.
D’un côté, vous avez les institutions officielles, c’est-à-dire un gouvernement qui dirige la nations et des autorités administratives indépendantes qui donnent des avis et un Parlement qui vote des lois.
Et de l’autre côté, vous avez la réalité, c’est-à-dire un Comité scientifique qui alimente une structure informelle et qui prend des décisions susceptibles de toutes responsabilités et dans la plus totale opacité.

Le ministre de la Santé s’est défendu en disant que ces décisions étaient extrêmement techniques. On avait donc l’impression que c’était trop pointu pour que la représentation nationale et même les citoyens puissent avoir accès à ces informations.

Nous avons quelques médecins parmi les parlementaires. Olivier Véran lui-même était parlementaire. S’il est capable d’interroger le Comité scientifique en tant que ministre de la Santé, il serait tout à fait capable d’assister à leurs échanges qui, certes, sont techniques, mais accessibles. Je fais partie du Conseil supérieur de l’énergie et je peux vous assurer que lorsqu’on discute des paramètres de soutien aux énergies éoliennes ou des coefficients d’énergie thermique, personne ne s’est posé la question de savoir si je suivais ou pas les débats.
Je sais bien que nous, les parlementaires, nous avons la réputation d’être – pardonnez-moi l’expression – un peu plus cons que la moyenne, mais en faisant des efforts, nous devrions y arriver.

Il y a un an, le ministre de la Santé avait incité les Français à porter des masques en tissu et, aujourd’hui, il préconise de ne plus en porter.

Je comprends que ce changement de cap soit lié à l’apparition de variants et que cela procède d’un changement. C’est surtout une petite pensée pour ces dizaines de milliers de Français et Françaises qui ont donné beaucoup de leur temps pour produire ces masques et participer à l’effort collectif de la nation. Aujourd’hui, d’une certaine manière, on leur explique qu’ils ont travaillé pour rien. On peut comprendre que le gouvernement puisse changer parfois de politique sur certains sujets. En revanche, on a plus de mal à digérer le fait qu’il change en permanence de position sur tous les sujets.

22 janvier 2021

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