[CINÉMA] Le Triangle d’or, huis clos sous tension dans un hôtel particulier
Alors qu’elle se prépare à entamer une carrière dans l’armée, Laura, la vingtaine, postule pour quelques mois seulement – le temps d’économiser un peu d’argent – en tant que domestique auprès d’un riche dignitaire saoudien qui possède un pied-à-terre à Paris. Celui-ci loge, en effet, dans un hôtel particulier du VIIIe arrondissement, dans le quartier dit « du Triangle d’or », entre les Champs-Élysées, l’avenue Montaigne et l’avenue George-V.
La recruteuse, le jour de l’entretien, a été formelle : Laura devra résider sur place, être disponible sept jours sur sept, à toute heure, effectuer l’ensemble des tâches ménagères et répondre au moindre caprice de Souria, la maîtresse de Monsieur. C’est que bien des domestiques, avant elle, ont été renvoyées, faute d’avoir su répondre à ses attentes…
Comprenant intuitivement qu’elle devra marcher sur des œufs, la jeune femme ne se laisse pas décourager, accepte sa mission et encaisse, dès lors, au quotidien les remarques insultantes de ses patrons, fortement teintées de mépris de classe. Heureusement pour elle, Laura peut compter sur le soutien d’Emre, le factotum de Monsieur, chargé principalement de surveiller Souria. Car de moins en moins discrète, celle-ci attend impatiemment que son amant répudie son épouse officielle…
Anthropologie des élites du Golfe à Paris
Innover dans le domaine des films à huis clos n’est pas une mince affaire quand on songe au nombre de classiques que nous a offerts le genre, parmi lesquels Marie-Octobre, Douze hommes en colère, Garde à vue ou encore Panic Room. Pourtant, Le Triangle d’or s’en tire avec les honneurs, sans doute en partie grâce à sa dimension sociologique ; le film d’Hélène Rosselet-Ruiz dresse le portrait peu amène d’une certaine aristocratie du golfe Persique, « bling bling » et puante, que l’on voit se pavaner dans les quartiers riches de Paris, étaler son mauvais goût et dévaliser les boutiques de luxe par simple volonté de cocher toutes les cases du consumérisme bon chic bon genre. Aucune élégance, aucun savoir-vivre. Toute personne ayant travaillé dans l’industrie du luxe vous le dira : les clients saoudiens et qataris ne sont pas, en général, réputés les plus raffinés et sont souvent reconnaissables à vingt mètres par leurs comportements singuliers. Une misère intellectuelle qui va d’ailleurs de pair, bien souvent, avec la culture de l’image, de la chirurgie esthétique et des stupéfiants…
Un parfum de fait divers
Finalement très proche, dans son évolution dramatique, de La Femme de ménage, sorti en janvier dernier au cinéma, Le Triangle d’or ne saurait néanmoins être taxé de plagiat, la réalisatrice s’étant librement inspirée d’un travail d’été qu’elle a effectué lorsqu’elle était plus jeune. En outre, son film évite non seulement les pièges et les clichés hollywoodiens dans lesquels était tombé son prédécesseur, mais entretient un réel suspense qui, loin de cumuler les rebondissements grotesques comme le feraient un best-seller mal écrit ou une fiction Netflix, nous achemine intelligemment et froidement vers le fait divers. On note, à ce propos, une utilisation particulièrement judicieuse de la caméra de surveillance comme instrument de mise en scène, dans la séquence d’ouverture comme dans la dernière partie du récit.
L’ensemble est un peu sage mais assurément prometteur, nous suivrons avec grand intérêt l’évolution de carrière d’Hélène Rosselet-Ruiz en tant que cinéaste.
3 étoiles sur 5
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13 commentaires
La faute à qui ? Si on les laisse faire impunément, ils auraient tort de se gêner!
Pour moi une française est une reine en France pas une saoudienne… La saoudienne est l’invitée même si elle possède l’hôtel particulier. Ce pays a été gardé par le sang et nos ancêtres donc peut importe leurs origines, ils nous doivent tous du respect juste par le fait d’être en France. Ce n’ est pas négociable et la fortune ne changera pas mon avis… Avis à tous ces gens qui se pensent en pays conquis!
Un fait divers que je n’oublie pas : un menuisier parisien qui faisait des travaux sur place, dans le luxueux appartement, d’une « Princesse » Saoudienne, dans l’une des avenues prestigieuses autour de l’Arc de Triomphe, avait été gravement molesté… Le travail de cet artisan n’étant pas tout à fait conforme à ce qu’elle en attendait, elle l’avait fait « corrigé » par ses hommes à poigne… Sans oublier qu’il était menacé de mort… Il a eu la chance de sortir de ce guêpier. Mais on peut se poser la question sur certaines disparitions non expliquées… L’artisan avait porté plainte mais je doute qu’il ait pu avoir réparation…
Si au siècle dernier, les anglais ne leur avaient fait découvrir le pétrole sous leurs pieds, ces gens-là vivraient encore au milieu de leurs chèvres comme il y a deux mille ans.
Bien dit.
Triangle d’or ? Vite triangle de migrands ! ce sera mieux ……
les nouveaux B.O.F….du 21 ème siècle !……
comprendront ceux qui sont nés après la dernière guerre
B O F ….beure oeuf fromage……et leurs fortunes honteuses….
Heuh, plutôt ceux d’avant comme moi avec les souvenirs racontés par mes parents, et c’est bien dans l’épilogue que Dutourd l’expose le mieux.
Ils sont devenu riche que par le pétrole et ils pensent qu’ils sont intelligents graçe à lui,mais ils ne sont que des nomades vivant dans un désert de sable.
Lui a-t-on « laissé » son passeport comme le font ces « rois nègres » vivant en France, ave le personnel qu’ils recrutent dans leur lointaine Afrique, pour mierux les assouvir ?
Les rentiers de la terre , ils encaissent des milliards depuis des années , assis dans leur désert , ils achètent l’Occident par tous les moyens et veulent le soumettre à leur idéologie politico-religieuse totalitaire .
Religion qui leur a interdit toute évolution culturelle , scientifique et technique .
Les nouveaux riches les plus dangereux de l’histoire .
Les riches, nouveaux ou anciens, adoreraient ils manipuler la religion et la politique ?
C’est ce que fustige Léon.