Samedi 14 mars 2020 : les Français écoutaient avec stupeur le Premier ministre d’alors, Édouard Philippe, annoncer la fermeture des bars, , commerces, etc. N’ayant pas réussi à circonscrire l’épidémie naissante, porté qu’il était, avec le Président lui-même et les inénarrables Agnès Buzyn et Sibeth Ndiaye, par une insouciance coupable, il décidait le black-out. Un an après, le même Édouard Philippe caracole en tête des : chez LR, on ne jure que par lui, chez LREM, on le verrait bien remplacer le Président. Comme quoi, les Français…

est-il sur la même voie ? En tout cas, tous les espoirs lui sont permis. Lui qui fut le Monsieur de l’ombre est devenu, par la magie du monde d’après, le Monsieur Confinement en dernier recours. Et ce samedi, comme à son habitude, il était « sur tous les fronts », se démultipliant, à la limite de l’ubiquité : visite à l’École nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent, qui forme les sous-officiers de l’armée de terre, puis au centre de vaccination de Saint-Denis et à l’hôpital privé Ramsay d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, département d’où ont été évacués les premiers patients.

Mais notre agent ne se démultiplie pas seulement dans les territoires, mais aussi dans les mots qui fleurent bon le terroir et l’accent. La vaccination de 30 millions de Français d’ici l’été ? « Un défi lourd à relever. » Non pas parce qu’on manquerait de , mais parce qu’on en aura trop ! « On va avoir en avril un défi lourd à relever car on aura beaucoup de vaccins. » Presque du Fernandel… La faute à ces vilains labos, « les labos » qui ne font rien comme il faut et, surtout, qui nous font « quelques misères dans le respect des délais de livraison ». Au même moment, avec un parfait sens du timing, un porte-parole dudit labo venait confirmer son statut de misérable, annonçant que « malheureusement, des restrictions d’exportations réduiront les livraisons au premier trimestre » et « vraisemblablement » au deuxième.

Mais, surtout, n’allez pas prendre les misères de Jean Castex au sens où ma vieille tante du Sud-Ouest, comme lui, pourrait l’entendre avec quelque inquiétude sur ce AstraZeneca : « Je ne me permettrais pas d’envoyer du poison à mes concitoyens », a-t-il assuré au maire de Saint-Maixent, Stéphane Baudry, lors de la visite du centre de vaccination organisé par les pompiers. Poison : il fallait oser le mot, même si c’était pour le maudire d’une grimace entendue.

Bon, en attendant, en ce samedi 13 mars 2021, la situation épidémique a fait prononcer à notre Premier ministre cet autre mot historique : « Nous sommes sur le fil du rasoir. » Il parlait évidemment du passage éventuel au reconfinement.

Le fil du rasoir nous prépare-t-il un samedi soir surprise à la Édouard Philippe ? Ou un coup du jeudi soir, puisque c’est le créneau qu’il a choisi pour ses causeries ?

14 mars 2021

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