Le maire de Londres, , a demandé que le vote par correspondance lors des prochaines élections locales soit favorisé, affirmant que l’effet « disproportionné » du coronavirus sur les minorités ethniques et les personnes âgées réduira la participation électorale. Dans une lettre au ministre de la Constitution Chloé Smith, Khan a exigé que le gouvernement finance la distribution de formulaires de vote par correspondance à chaque ménage dans les ayant des élections en mai.

« Nous savons que le virus touche de façon disproportionnée les BAME [Black, Asian, and Minority Ethnic, c’est-à-dire les Britanniques non blancs], ainsi que les personnes âgées et vulnérables, et nous devons veiller à ce qu’ils ne soient pas touchés de façon disproportionnée lorsqu’il s’agit de pouvoir voter », a écrit le maire, selon The Independent.

Khan a affirmé malicieusement, et en dépit du désastre démocratique du dernier scrutin américain justement en raison des suspicions de fraude liées à l’utilisation massive du vote par correspondance, que la question de ce vote par correspondance n’était pas une « question politique de parti » mais qu’il s’agissait plutôt de maximiser « la participation à notre démocratie ».

Le vote par correspondance a été introduit au en 2001, sous l’ancien Premier ministre travailliste Tony Blair, et a, depuis, été entaché par des cas de fraude électorale. Rappelons que le vote par correspondance a été interdit en France en 1975, en raison même des risques de fraude. 

Mme Smith, ministre de la Constitution, a annoncé que le 6 mai, de nouvelles règles seraient établies pour permettre des élections locales libres et équitables. 

Le gouvernement conservateur dirigé par le Premier ministre Boris Johnson vient d’annoncer qu’il imposerait l’obligation de présenter une pièce d’ (voter ID) aux électeurs à compter de 2023. Pour attester de leur nationalité (ou de leur âge, par exemple, pour commander une bière dans un stade), ils présentent bien souvent un passeport ou un permis de conduire. Mais n’ont pas d’« ID card » au sens propre.

Assimilé à un « fichage socialiste », raconte Edward Higgs, professeur d’ à l’université d’Essex. « Mesure bureaucratique plus typique des gouvernements d’Europe continentale. La presse parlait de cartes “prussiennes” (allemandes) », d’après le chercheur Jon Agar à l’University College London, qui conclut : « C’est l’expression de l’identité nationale de s’opposer aux cartes d’identité. »

Le projet de loi actuel sur l’intégrité électorale (Electoral Integrity Bill), en plus de ce projet de « voter ID », sans doute plus proche de notre carte d’électeur améliorée que de notre carte d’identité stricto sensu, introduirait également des mesures visant à prévenir l’abus des systèmes de vote par correspondance et par procuration. Toutefois, le gouvernement n’a pas encore expliqué quelles règles seraient mises en place pour prévenir ces abus.

Le 5 avril 2005, The Telegraph rapportait qu’à Birmingham, les conseillers travaillistes Shafaq Ahmed, Shah Jahan, Ayaz Khan, Mohammed , Muhammed Afzal et Mohammed Kazi avaient tous été reconnus coupables de fraude électorale après qu’il eut été constaté qu’ils avaient mis en place une « usine de falsification de votes » (vote-forging factory) pour changer les résultats électoraux en utilisant de faux bulletins de vote par correspondance.

Autre exemple notable : le 15 avril 2015, les partisans du premier maire musulman de élu au suffrage universel direct, Lutfur Rahman, maire de Tower Hamlets, avaient été accusés d’« acheter des votes avec des fonds publics et de commettre des fraudes postales à l’échelle industrielle », précisait The Telegraph.

En France, l’Assemblée nationale a validé le vote par correspondance pour les détenus et permis les procurations « déterritorialisées », une politique des petits pas pour avancer dans la mauvaise direction.

14 mars 2021

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