Emmanuel Macron présente l’avantage exquis d’être très prévisible. Lorsqu’il déclarait au journaliste de Brut : « Je crois pas à la vaccination obligatoire pour ce vaccin. » Outre remarquer l’absence de négation, il fallait bien évidemment entendre le contraire. Il n’y croyait pas, donc elle le serait. Ou, plus exactement, toutes les conditions seraient mises en place pour que la population se trouve dans l’obligation de se faire vacciner. Le tout dans le cadre d’une procédure non obligatoire.

Le projet de loi présenté au Conseil des ministres par Jean Castex vient donc définir les conditions de cette contrainte non contraignante. L’article L.3131-9 de la section 2 est limpide : « Le Premier ministre peut, le cas échéant dans le cadre des mesures prévues, subordonner les déplacements des personnes, leur accès aux moyens de transports ou à certains lieux, ainsi que l’exercice de certaines activités à la présentation des résultats d’un test de dépistage établissant que la personne n’est pas affectée ou contaminée, au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin ou d’un traitement curatif. »

Les clauses de la punition ne font pas dans la dentelle. Tricards dans les transports aériens et ferroviaires, dans les entreprises, magasins, les cinémas, théâtres, musées, fêtes à Neuneu… Selon le bon vouloir de Castex Ier. Les non-vaccinés pourront s’exposer à être catapultés hors de la planète sur un mouvement d’humeur du législateur. Y a-t-il encore des candidats ? Qui souhaite rester cloîtré chez lui à se passer en boucle l’interview de Macron affirmant que le vaccin ne sera pas obligatoire ?

« Je trouve que c’est contre-productif de rendre le vaccin obligatoire sur des vaccins qu’on connaît mal sur une pathologie nouvelle » : Macron face à Brut entamait alors sa première phase du « en même temps ». « Tout » dans un premier temps. Et quelques jours plus tard, badaboum ! Castex propose le contraire. À savoir une vaccination obligatoire qui se rit du principe de précaution énoncé par le gourou qui a le don d’ubiquité intellectuelle. De sa chambre où il garde le lit, celui qui avait l’air d’un ado face à sa webcam ne comprend plus ses propres contradictions. « Ai-je dit ce que je n’ai pas dit ? » Les médecins sont inquiets. Un « enmêmetempologue » a été appelé d’urgence. Macron pourrait à tout moment être à la fois atteint du virus et ne pas l’avoir. Trépasser et suivre ses propres funérailles.

D’après L’Express, seule l’affreuse extrême droite s’insurge contre ce projet de « tyrannie sanitaire ». Favorable un jour, sceptique un autre, Jean-Luc Mélenchon semble, quant à lui, porteur du virus de la Lanterne. Pour la vaccination, et un peu contre quand même. La maladie gagne du terrain. Un lit à deux places a été installé dans les locaux versaillais.

NDLR : à 20 h, mardi soir, Olivier Véran a finalement affirmé que le texte ne serait pas présenté avant la fin de la crise sanitaire.

22 décembre 2020

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