C’est la première fois que cela m’arrive depuis que je suis électeur, même quand je vivais à l’étranger !

Mais too much is too much, comme le dirait Boris. Car j’en ai assez d’être pris pour un demeuré mental.

C’est à fort juste titre que Jacques Chirac a fait inscrire le principe de précaution dans la Constitution. La Constitution, c’est la première source de droit. Le droit a pour but de « protéger, prévenir, punir ».

Selon les dires mêmes du Président Macron, nous sommes confrontés à une crise sanitaire sans précédent. Dès lors, il est normal et légitime que l’État joue son rôle et prenne toutes les mesures nécessaires pour préserver la santé de la population. Même si on peut regretter la brutalité et la soudaineté des annonces du Premier ministre. Tout cela témoigne de l’« amateurisme » de ce gouvernement dont nous sommes désormais coutumiers. Et, en plus, on se fait engueuler parce que les consignes ne sont pas respectées….

Mais comment voulez-vous qu’on s’y retrouve quand, d’un côté, on nous dit « Toutes et tous en quarantaine, restez chez vous » et, de l’autre (pour ne pas dire « en même temps »), « Vous devez aller voter, il n’y a aucun risque dans les bureaux de vote » ?

Ce dimanche matin, les médecins tiraient à boulets rouges sur cette absurde décision. Absurde parce que contradictoire, nonobstant toute considération scientifique. On a vu Mme Buzyn aller voter dans un bureau où l’un des assesseurs portait un dont l’efficacité n’est que de quelques heures, une autre porter des gants et le distributeur de gel ne pas fonctionner ! Quant au mètre de distance requis, sans commentaire…

Comme dit l’autre, ce serait comique si ce n’était aussi grave.

La question de fond est de savoir si cette élection est conforme à la Constitution et si le principe fondamental de précaution a bien été respecté.

Le président du Conseil constitutionnel, c’est Laurent Fabius.

Le Président Macron a consulté le président Fabius sur cette question de constitutionnalité.

Macron souhaitait reporter cette élection, ce qui était une décision parfaitement cohérente, mais Fabius voulait qu’elle ait lieu.

On se souviendra que Fabius a sur les mains la tache indélébile du scandale du sang contaminé.

On peut se poser la question de savoir quelle est sa « légitimité morale » pour oser émettre un avis et influencer le Président dans un nouveau contexte sanitaire aussi délicat…

Là, Fabius ne pourra pas dire qu’il ne savait pas.

Personnellement je fais mien le vieux principe « Dans le doute, abstiens toi ».

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