Il est merveilleux, ce  ! Il n’assume rien ! Quand, en pleine affaire Olivier Duhamel, l’excellente Sonia Mabrouk lui rappelle, au micro d’Europe 1, qu’il a signé une tribune « avec des grands noms mais aussi Gabriel Matzneff, pour décriminaliser les rapports sexuels avec les enfants », et qu’il ne l’a « jamais regretté », que répond-il ? « C’était une connerie », et il ajoute qu’il était, à l’époque, « porté par une sorte de vision libertaire… euh… fautive […]. » L’ambassadeur des élégances progressistes, habillé gracieusement durant des années par Smalto, va même faire un lapsus dont tous les copains lui seront à coup sûr reconnaissants : « Aujourd’hui, nous sommes en lutte les uns et les autres contre l’ et… les atteintes (sic) à la pédophilie. »

En 2009, Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, revenant sur le décret du 10 mai 1982 de Jack Lang qui remplaçait celui du 24 juillet 1959 d’André Malraux, reprocha au ministre de Mitterrand d’avoir dévalué l’idée même de culture en en faisant une sous-catégorie du culturel. Que répondit celui-ci ? « Selon moi, ce décret fut improvisé et rédigé entre deux portes ; je n’en suis pas particulièrement fier et je ne crois pas, d’ailleurs, à l’utilité de ces textes. » Inutile, cette pétition de 1977 ? Inutile, ce décret de 1982 ? Non, Monsieur le Ministre, ces textes ne sont pas inutiles, ils sont toxiques !

Avoir soutenu la décriminalisation de la pédophilie, « connerie ». Dont acte ! Avoir signé un décret démagogique dévaluant la culture, pas de quoi être « fier ». Dont acte ! De quoi est-elle donc fière, notre conscience culturelle nationale ? Le prix unique du livre, la fête de la Musique… On est fatigué de ces énumérations qui noient le poisson !

Plug anal place Vendôme, Vagin de la reine à Versailles, Scène géante de zoophilie devant le Centre Pompidou, Christ plongé dans un verre d’urine à Avignon, Scènes de masturbation tournant en boucle au CAPC de Bordeaux, la liste est longue. Qui a bien pu encourager « fièrement » toutes ces « conneries » ?

Aujourd’hui, on découvre que le plasticien Claude Lévêque fait l’objet d’une enquête préliminaire depuis le printemps 2019 pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans ». Qui est ce Claude Lévêque ? Les deux Pneus de tracteur dorés à la feuille d’or et installés à l’Opéra Garnier en pleine crise des gilets jaunes, c’est lui. Le tapis dans le bureau d’ à l’Élysée, c’est encore lui. Les enseignes lumineuses, « Mon cul, ma vie, mes couilles », « Je suis une merde », « Ta gueule », c’est toujours lui.

Les collectionneurs et les conservateurs sont fort embarrassés. À l’Élysée, on s’inquiète de la « radioactivité » du fameux tapis. Dans son édition du 28 novembre 2019, Le Point nous apprenait qu’Emmanuel Macron, qui aurait voulu faire de la culture un levier social, se désespérait en ces termes : « Il me manque un Jack Lang ! »

Dans une lettre ouverte datée du 1er février 2019, je suggérais au président du Sénat qu’une commission d’enquête puisse se pencher sur l’histoire de ces pneus de tracteur installés à l’Opéra. Il ne s’agissait nullement que les parlementaires entrent dans je ne sais quel débat esthétique, mais qu’ils reprennent étape par étape le processus de décision depuis l’idée de fêter le 350e anniversaire de l’intégration de la danse dans l’Académie royale de musique jusqu’à l’établissement et au règlement des factures.

La question esthétique, sans qu’on ait eu à l’aborder, en eût été éclairée et, avec elle, la question plus générale de l’art contemporain. Les soupçons auraient été, bien entendu, à vérifier par la commission d’enquête dont les travaux auraient été retransmis par La Chaîne parlementaire. S’il n’y a plus de culture française, il y a toujours des citoyens français qui ont le droit de s’en effarer jusqu’à la nausée.

23 janvier 2021

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