Editoriaux - Environnement - International - 10 janvier 2020

Incendies en Australie : des solutions

À l’heure d’incendies d’une ampleur magistrale qui ne sont pas près d’être maîtrisés, le pouvoir fédéral australien trouve encore le moyen de se chamailler avec les gouvernements des différents États. Chacun se renvoie la balle, personne ne veut porter le chapeau, et surtout pas mettre la main à la poche. Pourtant, il semblerait que, pour un pays développé comme l’, la lutte contre les feux devrait occuper une place de choix dans les priorités nationales.

Quand on voit l’étendue des dégâts, cette année, et les répercussions internationales, la question ne devrait même pas se poser. Et pourtant, il hésite encore à acquérir les moyens nécessaires pour une lutte efficace. Pas la peine de réinventer la roue, il suffirait d’envoyer quelqu’un voir ce que font les autres : en France ou aux États-Unis, par exemple.

Les fameux Canadair ont fait leurs preuves, chaque été, avec succès, ici et là. Les bombardiers d’eau restent le fer de lance pour les pompiers occidentaux aux prises avec les incendies de forêts.

En Australie, le National Aerial Firefighting Centre (NAFC) utilise principalement des hélicoptères et petits avions. Tout de même, peut-être, aussi, deux C-130 et un B-737 qui peuvent prendre quelque 15.000 l de liquides chacun. C’est bien, mais trop peu. Les Canadair ont moins de capacité mais ont l’avantage de pouvoir recharger rapidement sur les points d’eau jamais trop loin et faire davantage de rotations.

Il faudrait envisager une flotte entière en Australie, surtout lorsqu’on est à la tête d’un pays-continent. Dans un premier temps, pourquoi ne pas louer les appareils de l’hémisphère nord qui se reposent en hiver ? Même leurs pilotes doivent se tourner les pouces. Apparemment, les saisons se chevauchent un peu mais il reste une marge à jouer. Il semblerait qu’une flotte aéronavale substantielle soit la seule option viable pour combattre les feux au plus vite avant qu’ils ne prennent des proportions complètement incontrôlables.

Les pompiers australiens ont reconnu que l’accès aux départs de feu était le plus souvent très difficile et qu’ils devaient attendre que le brasier se rapproche des routes… La réponse vient donc des airs.

De nos jours, la surveillance, autre élément clé, devrait être simplifiée, si nos satellites peuvent reconnaître le modèle du fusil porté par un soldat au sol. Encore une fois, il faut se donner les moyens.

Peut-être une piqûre de rappel aux prochaines élections en Australie afin de rappeler chacun à ses obligations.

Une seule consolation : un arboriste local vient de me confirmer qu’après les incendies, la forêt reprend ses droits en très peu de temps. Les eucalyptus sont connus pour la rapidité avec laquelle ils poussent ou repoussent car ils ne meurent jamais vraiment. Certaines graines ne germent qu’après le feu. Tout un cycle naturel, pour peu que la pluie arrive un jour. Il reste confiant : nous avons toujours eu des feux qui font partie de notre environnement. Ils sont souvent, même, nécessaires.

Ce serait juste bien que les hommes évitent d’accélérer le processus en jouant avec les allumettes comme ces nombreux pyromanes interpellés. Laissons faire les aborigènes et leurs techniques de brûlis à la bonne saison, ils ont un peu d’expérience…

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