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Editoriaux - International - Polémiques - Table - 10 janvier 2020

Chez les Anglais, le véganisme est une croyance philosophique protégée par la loi

On n’en finit pas de ne jamais se lasser de cette époque merveilleuse dans laquelle on vit. Parmi les progressismes à visée transhumaniste, outre le féminisme, c’est dans la lignée de l’antispécisme qu’éclot une nouvelle avancée sociétale, quasi mystique celle-ci. Le véganisme, c’est un peu le Mai 68 par procuration de nos oncles bovins, nos cousins ovins et autres amis gallinacés. Il aura fallu des millions d’années pour passer d’une alimentation herbivore à omnivore ; les progressistes de la digestion veulent nous imposer le chemin inverse, le temps d’une saison de Plus belle la vie. Mais encore, certains de ces illuminés de la rumination souhaitent faire reconnaître le véganisme comme une croyance philosophique sui generis.

Jordi Casamitjana, citoyen britannique qui s’identifie comme « végétalien éthique », affirme avoir été injustement licencié par son employeur, une association qui milite pour le bien-être animal, car il a informé ses collègues que la caisse de retraite de celle-ci « était investie dans des entreprises qui pratiquent l’expérimentation animale » (sic), ainsi que dans des fonds « non éthiques ». Il porte l’affaire au tribunal dans l’espoir de changer la loi et imposer que le véganisme soit considéré comme une « croyance philosophique » protégée à l’instar des autres religions, la race, le sexe, la grossesse et la maternité, et rendre illégale pour les employeurs toute discrimination fondée sur ces motifs.

La Justice britannique du travail vient donc de trancher dans le lard : le véganisme est bel et bien une « croyance philosophique » qui doit être, en conséquence, protégée par la législation, comme le rappelle le Figaro (3 janvier 2020).

À l’ère du laïcisme déséquilibré, cette décision pourrait faire jurisprudence ; toute insulte envers des végans « pourrait être perçue comme du harcèlement de la même manière qu’une insulte raciste ou sexiste peut être discriminatoire ». Réaction positive de l’intéressé, « ce jugement contribuera à encourager le véganisme. Les végans qui appréhendaient de partager leur croyance ou ne pas se sentir bienvenus se sentiront désormais valorisés. Cela aura un effet domino : plus de végans contribuera à aider plus d’animaux, l’environnement et la santé. » Et ainsi, dans la cour des miracles progressistes, et sans toute autre forme de transsubstantiation, un aliment considéré sain se transforme en aliment saint.

Hélas, les prophètes de l’alimentation sainte ont tout faux. Tout faux sur les bienfaits quantitatifs et qualitatifs scientifiquement prouvés d’un apport protéique d’origine animale. Ils sont les idiots utiles et les dindons de la farce d’une propagande végan, véritable poule aux œufs d’or d’une industrie alimentaire vorace qui leur fera ingurgiter des produits ultra-transformés, de la viande cultivée en laboratoire gavée d’hormones et d’antibiotiques, des « aliments » concoctés à partir d’assemblages de molécules et de produits chimiques bourrés de compléments, d’additifs alimentaires et d’OGM. Dame Nature est notre mère, qu’ils disaient…

Dans un monde où la race, le sexe, la grossesse et la maternité ne sont plus que des notions allégoriques modulables au gré des modes, où les frontières sont floues entre les lois, leur application et leur évolution en fonction des revendications de certaines minorités actives, il en est de même pour le « concept de discrimination ». Nul doute, à petit feu, nos libertés risquent bien de s’arrêter là où commence le sentiment d’offense des autres. Aujourd’hui, l’enfer, c’est l’omnivore, bientôt l’homme et, plus tard, l’espèce humaine tout court. Entre manger un steak et délit de blasphème, apostasie du tofu et lapidation, il vous faudra peut-être un jour choisir et vous repentir.

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