Editoriaux - 22 janvier 2019

Immigration : Di Maio dénonce la politique africaine de la France

Le jour où Emmanuel Macron a évoqué “la lèpre qui monte en Europe”, en pensant sans doute très fort à nos voisins transalpins, peut-être aurait-il mieux fait de se casser une jambe. Car, depuis, Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur, et Luigi Di Maio, celui du Développement économique, n’en finissent plus de lui mordre les mollets, façon pitbull et ses légendaires trois cents kilos de pression dans les mâchoires.

D’abord Matteo Salvini, qui apporte un soutien plus qu’appuyé aux gilets jaunes : “Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un Président gouvernant contre son peuple.” Et maintenant, Luigi Di Maio qui, à propos de la politique française en matière d’immigration, affirme : “L’Union européenne devrait sanctionner la France et tous les pays qui, comme la France, appauvrissent l’Afrique et font partir ces personnes, parce que la place des Africains est en Afrique et pas au fond de la Méditerranée.”

Populiste de gauche, Luigi Di Maio s’exprime donc pour la première fois sur le sujet, venant au passage compléter le discours de Matteo Salvini. L’un évoque les effets ; l’autre, les causes. Ce qui vaut toujours mieux que l’actuelle vulgate ambiante, à base de moraline, de cynisme et d’humanisme dévoyé. En son temps, Jean-Marie Le Pen ne parlait pas autrement, à l’instar de sa fille aujourd’hui. En 1987, alors qu’il siégeait à l’Assemblée nationale, il avait proposé de remettre à plat la politique africaine de la France, proposant même d’annuler, une bonne fois pour toutes, la dette de ce continent. Pour en finir avec l’immigration de masse, il fallait tarir le courant à la source, disait-il, non sans raison. On remarquera que, de son côté, Jean-Luc Mélenchon ne propose rien de fondamentalement différent.

Dans le même ordre d’idées, l’africaniste Bernard Lugan, bien connu de nos lecteurs, dresse un semblable constat quand il écrit que, pire que la colonisation, il y a eu la décolonisation, entamée trop tôt et poursuivie dans la précipitation. Autrefois, la France se payait sur la bête en termes de matières premières, tandis que le marché africain lui permettait d’écouler massivement sa production hexagonale ; en échange, au moins construisait-elle des routes, des écoles, des hôpitaux. Aujourd’hui, de grands groupes nationaux – quoique de moins en moins français – se contentent d’exploiter pétrole, uranium et métaux rares, mais sans rien donner en retour, se contentant de reverser quelques maigres royalties à des potentats immanquablement corrompus.

Pareillement, en voulant là-bas instaurer une démocratie à l’occidentale, Paris ne fait qu’attiser des vieilles rancœurs tribales déjà aggravées par un découpage administratif post-colonial défiant à la fois le sens commun et celui des réalités, avec pour résultat l’assujettissement des minorités à la majorité, avec, en germe, les guerres civiles qu’on sait. Car en Afrique, les élections se transforment trop souvent en une sorte de recensement ethnique à l’occasion duquel chacun se compte. Du coup, la misère gagne chaque jour du terrain. Incapable de protéger leur économie locale, les États africains se retrouvent à importer des denrées alimentaires qu’ils produisaient jadis eux-mêmes. Obligés d’abandonner la terre qui les a vus naître, les paysans, acculés à la ruine, n’en finissent plus de s’agglutiner dans les mégapoles en forme de bidonvilles, venant ainsi grossir les rangs des candidats au départ ; voire, à la mort.

Pendant ce temps, les États-Unis, la Chine et même la Russie continuent de nous tailler des croupières dans ce qui était naguère notre traditionnelle zone d’influence. À eux les richesses, à nous les immigrés et des opérations militaires aussi coûteuses qu’incertaines.

Ce lundi 21 janvier, Nathalie Loiseau, ministre chargé des Affaires européennes, a convoqué l’ambassadrice italienne à Paris pour lui signifier que ces “propos” étaient “inacceptables et sans objet”. Elle a dû trembler.

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