Avec l’expérience de 2020, il n’est pas nécessaire d’être grand spécialiste en épidémiologie pour entrevoir qu’une « 4e vague » du Covid inondera la France à l’automne prochain. Cependant, l’ampleur des dégâts prévisibles est incertaine et dépend de la couverture vaccinale.

Une petite majorité de Français a maintenant reçu le vaccin. Beaucoup sont scandalisés que ce ne soit pas encore le cas de tous les personnels travaillant au contact des personnes vulnérables dans les hôpitaux et EHPAD alors que, désormais, on dispose de vaccins à profusion. Ils considèrent qu’une obligation vaccinale pour les personnels récalcitrants doit advenir.

Une minorité, au contraire, se refuse à la vaccination. Ces personnes n’ont pas plus peur du virus que du vaccin, ou considèrent le vaccin trop peu efficace. Les plus altruistes rejetteront l’obligation vaccinale des personnels soignants par respect de leur liberté et se sentiront solidaires du personnel réfractaire à la vaccination. Qui a raison ?

Il est vrai que le vaccin n’est pas sans inconvénient ni totalement efficace. Avant d’avoir un collègue malade du Covid malgré sa double vaccination, j’avais vu que bien des vaccinés rapportaient, le lendemain de l’injection, fatigue et céphalée. Cet effet pénible est transitoire et bénin, mais contribue à la réticence à la vaccination et au refus de nombre de Français de recevoir la seconde dose recommandée : pourquoi aller me faire piquer, alors que je risque un effet secondaire et que des vaccinés ont quand même le Covid ?

Paradoxalement, c’est justement parce que le vaccin n’est pas toujours efficace qu’il importe que tout le monde soit vacciné. S’il était efficace à 100 %, il suffirait de l’injecter aux personnes vulnérables, mais ce n’est pas le cas. Les jeunes sans comorbidité ont un risque infectieux grave très faible et sont appelés au vaccin, non tant pour leur bien individuel que pour celui de la société.

Avec des mois de recul, le risque d’effets secondaires important du vaccin apparaît minime et, même pour les individus les moins vulnérables au Covid, moindre que celui d’une infection grave. En pratique, cela peut être désagréable, mais il n’y a pas grand risque à se faire vacciner. Le « principe de précaution » devient dépassé par celui que « le mieux est l’ennemi du bien ». Même si le vaccin ne protège pas totalement du risque de transmission, tous les personnels de santé devraient être immunisés contre le Covid. Mais c’est vrai pour toute personne qui risque de contaminer directement, ou via un intermédiaire, un sujet vulnérable au Covid et, donc, en réalité, pour toute la population.

Les soignants sont en première ligne et ont vocation à être vaccinés prioritairement. Mais une juste obligation devrait s’imposer maintenant à tous. Les autres moyens préventifs, isolement et gestes barrières incessants, sont insuffisants et plus contraignants que la vaccination. Ils ont de graves effets secondaires médico-sociaux (trouble de l’apprentissage, obésité, dépression, professions ruinées…) et deviennent intolérables si on dispose de vaccins efficaces.

Notre société se délite depuis cinquante ans, suite à la mise en pratique du dogme « Il est interdit d’interdire ». L’individualisme ne cesse de croître, comme le démontre l’abstention électorale : pourquoi faire l’effort de voter alors que je ne vois pas ce que cela changera pour moi ? On ne voit pas plus loin que son intérêt personnel et on néglige autrui avec, pour conséquence, un mal-être sociétal grandissant. La perte des repères et l’égoïsme sont devenus tels que la société se trouve obligée d’obliger à veiller à autrui.

La vaccination anti-Covid est l’occasion de tenter de réduire l’individualisme, notamment d’enseigner aux jeunes l’altruisme. Il faut aussi fixer de justes limites. Après l’obligation du vaccin anti-Covid, faudra-t-il passer à celle du vaccin antigrippal ?

3 juillet 2021

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