Par une belle journée marseillaise ensoleillée du 6 janvier 2019, j’avais eu le plaisir de revoir Philippe Martel à une réunion de préparation aux élections européennes de 2019 où le CNRE – Conseil national de la Résistance européenne -, dont il était le secrétaire général, avait décidé de présenter une liste.

L’avertissement solennel de son président, Renaud Camus, sur le devenir de l’Europe, le témoignage poignant de Patrick Jardin sur la mort de sa fille au Bataclan faisaient peser sur cette journée une gravité qu’à son habitude Philippe rendait tout à coup plus légère par une remarque amusante, un regard subtil et distancié.

D’Alain Juppé à Marine Le Pen, dont il avait été successivement directeur de cabinet, entre autres postes prestigieux en France et à l’étranger, ce haut fonctionnaire était le prototype de l’homme de droite attaché à la souveraineté et la liberté de la France. Déçu par une UMP trop éloignée du gaullisme originel, il ira chercher au Front national puis au CNRE, formation créée en novembre 2017 à Colombey-les-Deux-Églises, ce qui reste du courage et de l’intransigeance gaullienne sur le chapitre de la résistance à tout empire et à tout envahisseur.

Aux yeux du journal Libération, qui lui a consacré un article, c’était un « soldat perdu de la République ». À mes yeux c’était un combattant, qui avait résolu de transgresser la bien-pensance – tout en restant rationnel, courtois, et drôle – parce qu’il s’était mis au service de la France, son beau souci.

7 novembre 2020

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