Depuis dimanche dernier, tous les qualificatifs ont été utilisés au sujet de la situation politique de la France. Il est vrai qu'elle mérite d'être analysée et commentée... Au-delà du désaveu évident à notre Jupiter national dont nous ne pouvons que nous féliciter, tant il est clair et cinglant, il faut s'arrêter sur la soi-disant paralysie de notre et de nos institutions. Elle justifie deux types de commentaires.

Le premier est qu'à l’évidence, beaucoup de nos commentateurs ignorent le fonctionnement de nos institutions, et particulièrement de la Ve République. Comme le fait remarquer Nicolas Rousselier, dans les colonnes du Figaro, le problème le plus important sera posé aux partis d'opposition. Ces derniers sont incapables de s’entendre. On ne peut pas, en effet, imaginer que l'extrême gauche et Les Républicains s’entendent sur un texte commun et, qui plus est, acceptent d'unir leurs voix avec celles des élus du Rassemblement national qu'ils vouent aux gémonies de la République depuis des décennies. Aucune motion de censure ne pourra être votée ! C'est-à-dire que le ne sera pas susceptible d'être renversé. Il est vrai qu'en sens inverse, le gouvernement ne pourra pas obtenir la confiance du Parlement, mais en a-t-il besoin ? Institutionnellement non. Ainsi doit-on se rendre à l'évidence que, contrairement à ce que beaucoup affirment de manière péremptoire, le fonctionnement de nos institutions ne sera pas impossible. À une réserve près, toutefois, qui concerne le vote du budget, car il semble difficile qu’à cette occasion, le gouvernement parvienne à constituer une majorité ponctuelle, et il ne fait pas de doute que, faute de vote du budget, l'exécutif manquerait très vite des moyens d'agir... Tel est le vrai problème.

Le deuxième commentaire concerne le fait que nous avons manifestement tendance à réduire le gouvernement de la nation au vote de ses lois. Telle est la rançon du réformisme. Il faut avancer. Il faut réformer. Il faut changer. Cette situation inédite aura peut-être le mérite de nous faire toucher du doigt qu’au-delà du vote des lois qui relève du pouvoir législatif, il revient au pouvoir exécutif de gouverner le pays. Et gouverner, ce n'est pas légiférer. Gouverner, c’est « cheffer » ! C’est faire fonctionner les services publics. Obtenir que les juges jugent, que les policiers puissent assurer la sécurité, que les enseignants enseignent, etc. C'est-à-dire arrêter le processus de dégradation de l'efficacité de la fonction publique qui a été engagé il y a des décennies mais qui n’est pas une malédiction. Voilà qui ne relève pas de la loi. Mais de la confiance retrouvée grâce à l’exercice de l’autorité à la tête de l’État avec, chevillé au corps, le souci du bien commun et de la chose publique. Emmanuel et ses marcheurs sont au pied du mur. Mais celui-ci ne leur est-il pas infranchissable ? En cela, la crise provoquée par les du 19 juin est révélatrice d’un État qui, à tous les niveaux, a démissionné de sa fonction première.

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26 juin 2022

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11 commentaires

  1. Plus les Lois s’empilent, plus la Liberté disparait ! Elles sont faites pour ça.
    L’entre-soi législatif au Parlement obéit à la Paranoïa présidentielle.
    Quand la Soupe est bonne, on adoube la Chef !

  2. qu’a t-il retenu ? ..il nous a rappelé que les Français avaient cautionné sa politique en le réélisant …(à vous dégouter ) ah ! tu n’as pas mis la proportionnelle selon ta promesse à Bayrou ,et bien les Français te l’ont imposé …(non pas par stratège ,mais par le hasard du résultat des urnes ..abstention massive + vote anti LREM anti RN pour certains anti NUPES pour d’autres .

  3. Une Assemblée Nationale qui a de moins en moins de Liberté dés qu’elle veut fonctionner à Droite, avec une U.E. Commission (Van der Leyen) et CETH qui rappelle à l’ordre, met dans l’impossibilité de Légiférer en toute Souveraineté. Même le Référendum dans notre Constitution serait d’après Laurent Fabius (Président Français du C.C.) inconstitutionnel par rapport à Celle de l’U.E. et pour qui les français avait dit NON en 2005….
    Députés dispensés d’injections ARNm ! et votent : égal mon Mépris

  4. Macron est désormais un perdant avec sa défaite aux législatives, qui de plus ne pourra pas se représenter une 3ᵉ fois. Le « parti » présidentiel est essentiellement composé de traîtres de gauche et de droite (dont la fidélité politique n’est pas la caractéristique première) qui vont probablement avoir très envie d’aller voir ailleurs, si ça sent le roussi avec la dégradation économique et financière qui va déboucher sur une actualité sociale très agitée.
    Le roi est mort, vive la démocratie !

  5. La mentalité des gouvernants est lumineuse : « Je fais des lois, donc j’existe ! Et si une loi peut porter mon nom, c’est le nirvana… Mais faire marcher le pays, je m’en tape ! »

  6. Le vote du budget ? Une formalité puisqu’il est sous tutelle de Bruxelles …Macron est aux ordres, et notre constitution tellement charcutée qu’il peut en faire pratiquement ce qu’il veut…Tout cela bien préparé par Sarkozy et sa réforme constitutionnelle en 2007, qui décrète « l’irresponsabilité du chef de l’Etat »…Tout cela passé inaperçu, bien entendu !

  7. L’Etat n’a pas exactement démissionné de des fonctions premières, il a été dé-missionné à cause des allégeances supra-nationales de ses dirigeants.

  8. Un gouvernement c’est comme une voiture. Il faut de l’huile, de l’essence et changer des pièces quand besoin est. Macron change des pièces, mais il manque l’énergie et la souplesse .Donc, çà pétarade

  9. Le titre exprime bien la réalité à laquelle le peuple français est confronté depuis de nombreuses années. Il est soumis à un arcèlement textuel toujours plus omniprésent et sournois. Nous ne sommes plus dans un pays de liberté ou tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, mais dans un système ou tout ce qui n’est pas explicitement autorisé est interdit !

  10.  » l’exercice de l’autorité à la tête de l’État » !
    Encore faudrait-il qu’il existât une autorité dans ce pays. Or avec un président en ballade constante à travers l’Europe se souciant des problèmes des Français comme de son premier caleçon et « une première ministre » aux abonnés absents, on voit mal comment le pays pourrait se redresser.

  11. Si on ne peut plus légiférer comment peut-on faire des contraintes et des taxes ?

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