Glyphosate : Hulot le porte-parole de Greenpeace !

Suite aux pressions exercées par le ministère de l’Écologie pour interdire l’herbicide glyphosate produit par la société Monsanto, l’Union européenne doit se prononcer pour limiter dans le temps son autorisation d’utilisation. Quotidiennement, nos médias “Hulot-compatibles” ne se sont pas privés de démolir la réputation de cette substance pourtant indispensable à nos agriculteurs, qui l’utilisent depuis plus de trente ans, sous la surveillance des agences d’évaluation sanitaire du monde entier. Tout le monde aura retenu, dans leurs reportages, le classement “cancérogène probable” du glyphosate par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Ces mêmes médias se sont abstenus de parler d’une enquête publiée récemment par l’agence Reuters. Cette agence a eu accès à la déposition sous serment, effectuée par le président du groupe de travail du CIRC en charge d’évaluer le glyphosate, durant une procédure judiciaire en Californie. On y apprend qu’il a écarté les résultats d’une des plus vastes études épidémiologiques menées par l’Agricultural Health Study. Elle portait sur 89.000 personnes du monde agricole et les auteurs n’ont trouvé aucune association entre l’usage du glyphosate et le développement de cancers. Si ce résultat avait été pris en compte, le classement en “cancérogène probable” aurait dû être abandonné.

Autre élément ignoré des médias : en mai 2016, une expertise menée par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) concluait : “Le glyphosate est peu probablement génotoxique aux expositions alimentaires anticipées.” Une autre expertise menée à la même époque par un comité commun à l’OMS et l’ONU, le Joint Meeting on Pesticides Residues (JMPR), affirmait qu’“il est improbable que le glyphosate pose un risque cancérogène pour les humains, du fait de l’exposition par le régime alimentaire”. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et celle de la sécurité des aliments (EFSA) en sont également arrivées aux mêmes conclusions.

Pour en revenir à l’enquête de l’agence Reuters, dans son article du 19 octobre dernier, on apprend qu’entre la première version et la version finale du rapport du CIRC, dix modifications changeant le sens de “non cancérogène” à “cancérogène” ont été décelées. Sur ces points, le CIRC a refusé de répondre aux questions de Reuters et a recommandé aux auteurs du rapport de se taire.

D’un autre côté, il y a cette pétition lancée par l’association écologiste Greenpeace. Compte tenu des émissions et reportages alarmistes produits par les médias sur le glyphosate, elle a remporté un vif succès. Greenpeace est l’ennemi juré de la firme Monsanto, symbole de l’agrochimie dont il faut venir à bout pour sauver la planète dans sa course folle à la productivité.

Face à des agriculteurs désemparés, car le glyphosate n’a pas de concurrent et ne pourra pas être remplacé dans l’immédiat, Nicolas Hulot a tranché, laissant de côté les avis des ministres de l’Agriculture et de la Santé : Greenpeace a raison, ils ont gagné la bataille de l’opinion publique et la science n’a qu’à se taire.

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