Editoriaux - Politique - Social - Société - 21 janvier 2020

Gaulois : réfractaires au changement ?

Allons lentement, nous sommes pressés ! Telle est la méthode du gouvernement pour faire passer les réformes dans ce pays de « Gaulois réfractaires »…

Interviewée sur France Inter, le 20 janvier, Nicole Belloubet n’a fait que confirmer le fossé qui se creuse chaque jour un peu plus entre les élites qui nous gouvernent et nous, Français, considérés comme un peu longs à la détente. « Je ne sais pas si on a raté quelque chose. Ce que nous avons essayé de faire, c’est de promouvoir des transformations qui sont importantes, qui bouleversent les habitudes », explique le garde des Sceaux. Avant d’ajouter : « Je crois que dans toute innovation, dans tout ordre nouveau, au sens où des choses nouvelles apparaissent, il y a un temps d’adaptation qui est peut-être plus long que celui qui a été suivi. »

En somme, nous n’acceptons pas assez vite cet ordre nouveau, nous ne plions pas aussi promptement que l’aimerait le gouvernement. Avocats, professeurs, hospitaliers, agriculteurs, retraités, gilets jaunes, manifestants opposés au projet de loi bioéthique… vous pouvez toujours marcher, bloquer, militer, manifester, vous coucher ou vous agiter, la réponse semble être sensiblement la même : « Cours toujours, tu m’intéresses »…

Le sens de l’Histoire est en marche et malheur à quiconque essayerait de s’y opposer sous peine d’être accusé par la doxa progressiste de ne pas être moderne. « Je crois qu’on ne peut pas laisser traîner les choses en longueur, sinon rien ne se fait in fine », répondait Nicole Belloubet à Léa Salamé et Nicolas Demorand au sujet du contexte social actuel quelque peu mouvementé. Alors nous, peuple de « Gaulois réfractaires au changement », comme nous qualifie notre Président, préférons prendre le temps de réfléchir avant d’agir pour le bien commun, de peser et mesurer ce qui est bon pour notre société.

Si le progrès imposé est transhumaniste, multiculturaliste, individualiste, hédoniste, antispéciste, déconstructiviste, échangiste, nous proposant selon l’agrégé de philosophie Laurent Fidès « un monde sans frontières, sans différences, atomisé, peuplé d’entités négociables et remplaçables », que l’on nous méprise ou culpabilise, c’est un signe de vitalité et une grande fierté que de savoir encore s’y opposer.

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