L’Opéra de Paris a lancé une mission d’étude sur la question raciale, au moment où des salariés appellent, dans un manifeste, à abolir des pratiques comme le « blackface » et à favoriser la diversité. Ce manifeste, signé par environ 400 salariés (sur 1.800) et intitulé De la question raciale à l’Opéra national de Paris, appelle à faire sortir cette question « du silence qui l’entoure ».

En réponse, le directeur général Alexander Neef relève le « courage » du collectif et explique : « Vous ne pouvez pas rester immobile et refuser d’évoluer. » Il a donc confié une mission sur la question raciale à l’Opéra à Constance Rivière, secrétaire générale du Défenseur des droits, et à l’historien spécialiste d’histoire sociale des États-Unis et des minorités, Pap Ndiaye, rapporte France Info.

« Les stigmates de la discrimination raciale » à l’Opéra de Paris

Les signataires de ce texte ont été inspirés par les « nombreuses prises de conscience à travers le monde », à l’image du mouvement Black Lives Matter aux Etats-Unis, et réclament l’instauration d’une politique antidiscrimination interne efficace car, selon eux, « les stigmates de la discrimination raciale sont encore présents dans la société française du XXIe siècle » et l’Opéra de Paris « n’échappe pas à la règle : des pratiques problématiques persistent ».

Le manifeste appelle à l’abolition « de manière officielle et définitive » du « blackface » dans les ballets et les opéras. Les signataires réclament aussi l’accès des artistes métisses et noirs à « des produits correspondant à leur carnation », notamment les collants et chaussons de pointes, comme cela existe déjà dans les pays anglo-saxons, explique France Info.

« La danse des négrilllons » devient « la danse des enfants »

Ils dénoncent également l’usage, encore persistant à l’oral, du mot « nègre » et de ses dérivés dans des appellations traditionnelles des employés de l’Opéra, comme « Le carré des négresses » (évoquant un espace du palais Garnier), pourtant officiellement rebaptisé « carré des cariatides ». Mais aussi « la danse des négrillons » – tableau dans le ballet La Bayadère renommé, depuis, « la danse des enfants » par Benjamin Millepied, ex-directeur du Ballet, et joué par de jeunes danseurs non maquillés en noir.

Par ailleurs, les responsables coiffure et maquillage réfléchissent sur « toutes les techniques et nuances au soin des cheveux crépus et des peaux non blanches ». Au rayon costumes, le fameux « collant chair » est désormais appelé « collant peau ».

Des stages de danse pour « les enfants racisés »

Parallèlement, le danseur de l’opéra Guillaume Diop et ses amis coauteurs du manifeste, épaulés par Aurélie Dupont, organiseront des stages de danse pour « que les enfants racisés se disent en nous voyant que c’est vraiment possible d’intégrer l’Opéra de Paris », précise le danseur.

Les conclusions de la mission seront rendues le 15 décembre.

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