Pour certains, le professeur de droit de la Sorbonne Aram Mardirossian aurait été contrôlé positif à l’homophobie et la transphobie lors d’un cours qu’il donnait à ses , lesquels s’en sont émus. Verbatim choisi : « L’un des fondements, c’est la discrimination, c’est de dire “un homme et une femme peuvent se marier. C’est discriminant que deux hommes et deux femmes ne puissent pas faire de même” » ; « Demain, après-demain […] il va y avoir quelqu’un – cela viendra sûrement des pays nordiques […], qui va aller devant un tribunal et qui va dire “je suis discriminé, j’ai une jument, je l’adore, je ne peux pas l’épouser, c’est un scandale” » ; « Il n’y a plus de limites […]. Un homme qui est un homme veut devenir une femme et veut être la mère de l’enfant alors qu’il est le père. Le juge bricole, mais c’est peine perdue. »

Le propos n’est pas neuf. Le cardinal émérite Philippe Barbarin avait jeté dans le marigot de la bien-pensance relativist, peu ou prou, le même pavé, en septembre 2012 : « Après, ça a des quantités de conséquences qui sont innombrables. Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’ tombera. » Le mariage homosexuel voté en 2013 bouleverse les repères anthropologiques et pulvérise les limites que la société s’était fixées. D’ailleurs, Act Up Paris affichait dès 2013 : « Le mariage on l’a, à quand le PACS à 3 ? » Le cardinal a payé cher sa courageuse prophétie, étant devenu l’homme à abattre.

On se s’étonnera pas : l’, ce syndicat étudiant qui discrimine entre discrimination acceptable (le ) et inacceptable (l’opposition au mariage homosexuel), porte le fer en premier. L’administration missionne sa référente égalité femmes-hommes, harcèlement et non-discrimination (quel titre !) et le garde des Sceaux informe que le parquet s’en est saisi. Sur son ordre ?

Dans un droit de réponse publié sur l’intranet de l’université, Aram Mardirossian indique que « la de la République garantit la d’expression des professeurs des  ». Il a raison, la liberté d’expression devrait avoir trois sanctuaires encore plus inviolables qu’ailleurs : les assemblées législatives, les cours de et les universités.

Bien sûr, cette affaire nous en dit beaucoup sur les idéologies qui gangrènent l’université. La bien-pensance est la norme, aucun doute n’est permis quant à son bien-fondé. C’est du totalitarisme en marche. L’opinion selon quoi la loi Taubira de 2013 a bien fait sauter un verrou anthropologique, ouvrant la porte au grand n’importe quoi, sera bientôt illicite. Les spécistes de toutes obédiences alliés aux LGBT y travaillent.

Sans doute les boutonneux de l’UNEF ne sont-ils pas conscients du sabotage qu’ils opèrent sur l’un de nos biens communs le plus précieux : la liberté d’opinion et d’expression. Il est probable que la direction de la Sorbonne, qui sert si servilement la soupe de l’idéologie égalitariste et de ses dérivés, fait se retourner dans leurs tombes les glorieux aînés dont Thomas d’Aquin, Érasme, Jean Calvin, Ignace de Loyola ou François Villon. Mais peut-être que Monseigneur Pierre Cauchon, ancien sorbonnard lui aussi, applaudira, et que le docteur François Rabelais, qui ne les aimait guère, se gaussera ?

Il est grand temps de lire ou relire Antonio Gramcsi sur l’hégémonie culturelle, de faire le constat que la bande de Jean-Paul Sartre a imposé la leur, et de lui substituer une autre hégémonie culturelle basée sur la perception et la recherche du bien commun et du respect de la loi naturelle. Cela prendra sans doute pas moins de deux générations. En outre, je crois qu’il faut d’urgence déclarer d’utilité publique un autre (ex ? quasi ?) communiste, George Orwell, qui déclarait : « Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

5 octobre 2020

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