Editoriaux - 2 janvier 2019

Faut-il vraiment persister dans le nucléaire ?

Il est des instants où monte en soi comme un instinct, un besoin, une nécessité de prendre la plume pour crier de toutes ses forces son refus de voir se banaliser certaines affirmations.

J’ai lu récemment, sur Boulevard Voltaire, que vouloir se passer du nucléaire en France “serait une pure hérésie”

Pourtant, il est faux de continuer à prétendre que le nucléaire est le système permettant de produire de l’électricité au meilleur coût, car les seuls chiffres disponibles sont donnés par le fournisseur, et EDF omet d’intégrer à ce coût celui :
– de l’enfouissement des déchets ;
– du démantèlement du site après sa date de péremption.

Ces deux postes n’ont jamais été chiffrés par EDF pour deux raisons principales :
– Ils sont inconnus, car aucun n’a été, jusqu’à présent, complètement réalisé et sécurisé !
– Les rares estimations effectuées révèlent des montants pharaoniques qui, s’ils étaient connus, déclencheraient la colère d’une population abusée, à nouveau victime de l’imprévoyance de ses dirigeants. Elles révéleraient clairement le coût final exorbitant du nucléaire et, de ce fait, l’énormité de ce colossal mensonge d’État (encore un !).

Si, dans le coût de votre budget auto, vous n’intégrez ni le carburant ni la fiscalité ni l’entretien, le mot budget n’a plus le moindre sens.

Ensuite, omettre de mentionner les morts, les blessés, les conséquences sur la santé, les animaux et l’environnement des accidents de Tchernobyl et de Fukushima relève soit du cynisme, soit d’un manque total d’empathie et de préoccupation écologique.

Des provinces contaminées pour des siècles, des catastrophes environnementales touchant un océan et des régions entières sont ignorées comme négligeables, probablement considérées comme « victimes collatérales » inhérentes à l’excellence d’un système dont la rentabilité serait l’unique finalité!

Au passage, on vous rabâche que l’éolien reviendrait plus cher, en arguant de chiffres faux pour les raisons examinées brièvement ci–dessus, mais surtout en omettant de signaler que l’éolien, lui, n’a jamais tué personne, que le coût de son démantèlement est obligatoirement, et par décret, inclus dans son prix de revente, et que l’explosion d’une éolienne n’a jamais eu lieu ni entraîné milliers de morts et catastrophe écologique à durée centenaire.

En troisième lieu, passer sous silence l’exploitation de plus en plus performante, tant en coût qu’en rendement, de l’énergie solaire ne peut tenir que de la volonté d’éviter toute concertation véritable.

Cette attitude est directement inspirée de celle de nos gouvernements qui, comme pour l’immigration, ont systématiquement refusé tout débat sur l’énergie, préférant mettre la poussière sous le tapis et laissant à leurs successeurs une patate aussi chaude qu’indigeste !

Éviter la discussion, c’est éviter les questions gênantes, les réponses évasives, et la démonstration par a + b d’une politique trentenaire de Gribouille où le mensonge d’État le dispute à l’irresponsabilité.

Que vienne à se produire l’accident nucléaire que nous redoutons, déjà frôlé à plusieurs reprises, et ce ne sont pas les politiques et les comptables au petit pied qui nous rendront nos familles et nos territoires anéantis par les incompétents qui, du haut en bas de l’échelle, ont permis la survenance d’une telle catastrophe.

Leurs auteurs en seront tenus pour responsables à jamais et, à juste titre, frappés d’indignité par nos descendants dans les siècles des siècles !

Voici pourquoi vouloir persister dans le nucléaire en France constitue tout à la fois une gigantesque escroquerie d’État et une imprudence d’une folie meurtrière !

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