Editoriaux - International - 28 décembre 2018

Nucléaire : EPR, la leçon chinoise

Le 17 décembre dernier a eu lieu un important événement peu diffusé.

La mise en service, dans le réseau de distribution de l’électricité, de l’EPR de Taishan, dans le sud de la Chine. Le réacteur nucléaire le plus puissant du monde, avec ses 1.750 mégawatts, capable de fournir de l’électricité pendant soixante ans à cinq millions de foyers dans la mégalopole de Canton.

C’est la province de Guandong, qualifiée « d’atelier du monde ».

Un remarquable succès pour Framatome/EDF (ex-Areva) et la China Nuclear Power Corporation. Un succès qui démontre, à l’évidence, l’excellence de la France dans le domaine du nucléaire.

Certes, l’EPR a été longtemps décrié et il est probable que c’est un « produit » mis trop tôt sur le marché alors que tout n’était pas au point : merci, Madame Lauvergeon !

À cet égard, le cas de Flamanville est intéressant à analyser brièvement.

Certes, le projet connaît des retards et des surcoûts considérables, mais ce n’est pas la technique nucléaire stricto sensu qui est en cause et, après tout, neuf milliards sur soixante ans, cela ne fait que 150 millions par an !

Bouygues a coulé du béton avec des bulles et les usines du Creusot ont réalisé des soudures de médiocre qualité.

C’est comme si un constructeur automobile avait lancé sur le marché un véhicule au moteur révolutionnaire et peu gourmand, mais avec un châssis mal soudé et une carrosserie pleine de trous !

Produit retoqué, à l’évidence !

En Chine, la coopération entre EDF et la CGNPC (Chinese General Nuclear Power Corporation) a été excellente. Le constructeur chinois a strictement respecté les normes draconiennes imposées par EDF et le produit EPR est maintenant au point.
Ce dont vont profiter les Britanniques, à Hinkley et les Finlandais, à Olkiluoto.

Et aussi les Chinois, qui ne vont pas tarder à maîtriser la technologie.

Pour autant, il est clair que vouloir se passer du nucléaire en France est une pure hérésie. Une éolienne, c’est une puissance de un à trois mégawatts, un EPR, c’est donc l’équivalent de 550 éoliennes, sans parler des durées de vie respectives et du taux de rendement !

Si on voulait produire autant d’électricité avec des éoliennes qu’il en est produit, aujourd’hui, avec le nucléaire, il faudrait installer ces horribles engins sur 25.000 km2, soit à peu près la superficie de la région Normandie !

Don Quichotte a été plus intelligent que tous ces écolos irresponsables : lui, il a su renoncer à se battre contre des moulins à vent !

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