Accueil Santé Coronavirus Fausses polémiques, jalousie, paranoïa… des virus pires que le Covid-19 ?

Fausses polémiques, jalousie, paranoïa… des virus pires que le Covid-19 ?

À peine Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, a-t-elle fait savoir qu’elle était contaminée par le Covid-19, mais sans gravité toutefois, que la polémique a démarré. En gros : « Pourquoi, alors, a-t-elle été dépistée et pas moi ? »

On serait tenté de dire : « Parce qu’elle est ministre et pas vous, et parce qu’un gouvernement “au tapis” n’est souhaitable pour personne », mais ça n’est sans doute pas la bonne réponse. Du moins pas une réponse audible en France, après un an et demi de gilets jaunes et autres protestations multiples et variées.

Heureusement pour elle, Mme Wargon ne souffre pas, pour l’heure, d’une forme grave, en raison de quoi elle n’aurait pas dû être « dépistée ». Son collègue ministre de la Santé le répète en effet tous les jours : compte tenu du manque de matériel, la consigne est de ne tester que les personnes présentant des symptômes graves.

Alors, on y revient : pourquoi elle et pas moi ?

C’est la teneur des messages qui ont aussitôt fusé sur Twitter : « Pouvez-vous nous indiquer la procédure pour se faire tester en l’absence de symptômes sévères ? C’est pour les quelques millions de gueux qui attendent, merci d’avance. » Ou encore « Je croyais que seul (sic) les cas graves étaient diagnostiqué !!! (sic) » Ou bien encore : « Un ami à qui on a refusé le test pendant 10 jours est en réanimation avec détresse respiratoire à 43 ans… pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous avez été testée vous ? »

On n’en sort pas. C’est, sous une autre forme, le retour du procès en illégitimité. L’expression brute d’une maladie nationale pire, peut-être, que le Covid-19 et qui dure, en tout cas, chez nous depuis des siècles : la jalousie, celle qui se nourrit de l’envie, celle qui alimente l’égoïsme et les fausses polémiques.

Dans Le HuffPost du jour qui rapporte la chose, on apprend que « le mari de la ministre, qui est un urgentiste au contact de malades depuis le début de l’épidémie, est rentré samedi soir de l’hôpital avec des symptômes (fièvre, toux, fatigue) ». Des symptômes présentés également par son épouse ce dimanche matin, si bien que « accompagnant son mari qui allait se faire tester à l’hôpital, il a été jugé utile de la tester également ». Et l’on a bien fait, puisque les deux sont positifs !

Ah ah ! disent les esprits forts : pourquoi Emmanuelle Wargon a-t-elle accompagné son mari puisqu’elle ne présentait pas de symptômes graves ? « Pour que son mari puisse éventuellement continuer à travailler dans le cas où il n’aurait pas été positif, il fallait savoir si sa femme était contaminée ou non », nous dit-on. C’est, en effet, la logique qui conduit à la quarantaine du couple.

On peut éventuellement comprendre la peur, moins le fait qu’elle pousse les gens à déraisonner. On peut aussi se demander combien, parmi ceux qui crient à l’injustice de classe parce qu’une ministre a été dépistée – et sa contamination confirmée –, combien de ceux-là emplissent de pleins chariots au supermarché, garnissent des congélateurs comme s’il fallait tenir un siège pendant six mois, stockent des kilomètres de papier toilette, cela sans aucun souci de qui passe derrière eux pour y trouver des rayons vides.

Il paraît que ce temps devrait nous conduire à l’altruisme… Pas sûr qu’on en prenne le chemin.

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