Il y a d’abord la réponse conjointe des politiciens professionnels et des technocrates, souvent les mêmes. L’ensauvagement, c’est-à-dire la montée de la violence dans les rapports sociaux, ne concernerait qu’une partie de la société, mais engloberait l’anomie de certains quartiers en déshérence et la réaction extrémiste qu’elle suscite (quel scandale !) chez les identitaires. Il pourrait, en tout cas, être résolu par des mesures quantitatives et techniques. L’augmentation du nombre de policiers, la lutte contre le trafic de drogues qui gangrène les zones de non-droit et, bien sûr, une nouvelle couche de politique de la ville, grâce aux finances d’un État qui, depuis peu, semblent inépuisables. On observera le flou qui entoure les réponses à la question de la drogue. Les policiers pourront donc taxer les « clients » solvables mais seront impuissants devant l’activité des zones où leur présence réclame des opérations d’ampleur considérable. Et il sera toujours plus confortable d’épingler le distrait qui a oublié son que le dealer au sein de son quartier.

Lorsqu’on passe des technocrates aux idéologues, c’est le mot lui-même qui effarouche. Qui dit ensauvagement dit sauvage, et qui dit sauvage commence à sentir le soufre du racisme. Les faits ont beau être têtus et aligner des auteurs qui ne s’appellent ni Philippe, ni Mélanie, ni Thomas, ni Axelle, car ce sont les prénoms des victimes, l’antiracisme inquisiteur refuse ce terme sourdement discriminant. Lorsqu’un crime met en lumière une partition ethnique de notre société, parce que justement des ethnies différentes, et non des races, ont des cultures différentes, et donc des comportements différents, un rapport différent à la violence, notamment, la novlangue progressiste édulcore : ce sont des incivilités, commises par des « jeunes », victimes de conditions sociales défavorables. Ce sont les victimes de la colonisation à la fois comme descendants de colonisés et comme « indigènes » colonisés en France même.

Ce discours délirant accuse les forces de l’ordre de violences ciblées et exige que la France désarme sa police aujourd’hui et se repente de son passé colonial et esclavagiste d’avant-hier. On comprend que le gauchisme déstabilisateur ne néglige aucun mensonge historique ou judiciaire, mais la passivité de l’État devant ces excès laisse pantois. Curieusement, le technocrate sans expérience qui habite l’Élysée se révèle davantage comme un idéologue progressiste, sensible aux arguments gauchistes dès qu’il ne s’agit pas d’économie : il avait demandé à son garde des Sceaux de recevoir ; il a osé parler de crime contre l’humanité à propos de la colonisation ; il confie maintenant, selon son bon vouloir, la mission mémorielle sur l’Algérie à l’historien le plus partisan et le plus hostile à la France. Comment veut-on lutter contre l’ensauvagement si on nie son existence, en parlant d’incivilités, et si on alimente ainsi les prétextes de l’insoumission à l’ordre républicain ?

Nous vivons la chute de notre pays, sur le plan économique mais aussi intellectuel avec la fin des idées claires et distinctes qui caractérisaient la pensée française, cartésienne. Nous vivons la submersion de la civilisation chrétienne par le matérialisme hédoniste et consumériste.

Nous subissons une évolution démographique mortelle pour notre identité. Démographie ! Un autre gros mot ! Depuis des décennies, en même temps qu’on encourageait l’ de familles nombreuses y compris polygames, porteuses d’une autre culture, comme des faits divers récents viennent de le souligner, on démantelait systématiquement la famille française, lieu privilégié de la , pour réduire la population autochtone en « particules élémentaires » sous prétexte de satisfaire les caprices de groupes de pression ultra-minoritaires. Au cœur de cet été du Covid-19, le pouvoir inepte qui sévit en France fait passer en catimini la PMA pour les lesbiennes en jurant ses grands dieux que la GPA est une ligne rouge… Ce sera pour le prochain mandat !

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