Economie - Editoriaux - Entretiens - Environnement - 6 juillet 2019

Fabien Bouglé : « Il y a une invasion voulue par le gouvernement de ces monstres d’acier qui polluent notre environnement »

Un entretien choc !

Les grandes vacances commencent ; l’occasion, pour les Français, de découvrir les éoliennes qui poussent comme des champignons sur le territoire national. Par ailleurs, la commission des finances de l’Assemblée nationale se penche actuellement sur le coût de l’éolien.

L’occasion, pour Fabien Bouglé, qui lutte depuis dix ans contre l’implantation des éoliennes, de dénoncer la volonté du gouvernement d’imposer brutalement la transition énergétique – passant par la multiplication par trois du nombre de ces monstres d’acier – liée à d’importants enjeux financiers. Coût pour le contribuable, pollution, recyclage, effets sur la santé… Fabien Bouglé évoque, au micro de Boulevard Voltaire, tous les sujets tabous et angles morts de ce dossier très polémique.



Les vacances d’été arrivent. C’est l’occasion pour les citadins de partir à la campagne pour sortir de l’enfer urbain. C’est aussi l’occasion de découvrir ces éoliennes qui poussent un peu partout sur le territoire national pour la plus grande joie de ceux qui apprécient les beaux panoramas…
Parmi les promesses d’Emmanuel Macron, la multiplication de ces éoliennes va aller en s’aggravant. Condamnez-vous cette initiative présidentielle ?

En tant que lanceur d’alerte, cela fait une dizaine d’années que je lutte contre l’implantation des éoliennes. Je suis porte-parole du « réseau Ulysse » et du collectif « ne touche pas à nos îles ». Ce dernier a pour but de combattre les éoliennes entre l’île d’Yeu et Noirmoutier. J’ai été vice-président de la Fédération environnement durable. Cette Fédération regroupe les 1500 associations qui luttent contre les éoliennes.
Les aérogénérateurs – c’est le nom scientifique des éoliennes – sont des monstres d’acier qui polluent notre environnement et nos paysages. Nous en subissons une invasion volontaire. En pleine crise des Gilets jaunes, le président de la République en annonçait la multiplication par trois.


La crise des Gilets jaunes avait commencé avec la volonté du gouvernement d’instaurer une taxe diesel pour financer la transition énergétique. La taxe diesel a été abandonnée.
Les éoliennes vont-elles se multiplier pour compenser ce manque à gagner du gouvernement ?

J’ai découvert par les documents de la Commission de régulation de l’énergie, une délibération de novembre 2018. Ce document disait que les subventions à l’éolien terrestre et marin, cumulé avec les subventions liées au photovoltaïque et les dettes qu’a l’État à l’égard d’EDF, représentent 160 milliards d’euros sur 20 ans. C’est à peu près 8 milliards d’euros d’engagement par an, financé par le contribuable. J’ai découvert que c’était également financé par le consommateur d’essence au travers de la TICPE, la taxe carbone.
À l’origine de la crise des Gilets jaunes, la Commission de régulation de l’énergie nous explique que pour subventionner l’éolien et le photovoltaïque, il faut trouver des modes de financement. L’essence est ce mode de financement. On prend de l’argent des contribuables et des consommateurs d’essence pour le redistribuer aux promoteurs éoliens qui en font leur bénéfice.
Globalement, les subventions financent la différence entre le tarif habituel de l’électricité – environ 45 euros le méga watt-heure – et le tarif subventionné de 80 euros le méga watt-heure ou 180 euros le méga watt-heure pour les 6 centrales en projet en mer. Tout cela fait des sommes gigantesques.
Cela n’était pas surprenant qu’en début de la crise des Gilets jaunes, François de Rugy répondait qu’il fallait continuer le cap de la transition énergétique. La crise des Gilets jaunes est liée à cette volonté farouche du gouvernement d’imposer une transition énergétique et écologique. C’est une pure transition d’hommes d’affaires qui veulent s’accaparer l’argent et les revenus des contribuables français.

Demande-t-on aux contribuables français son avis sur le financement de ce surcoût de l’énergie ?

Vladimir Poutine a dit lors de sa conférence de presse de janvier 2019 « la crise des Gilets jaunes est la crise des Français qui ne veulent pas financer le changement de leur système énergétique et de leur ressource d’électricité ».
Cet argent à fond perdu sert à financer un changement de dispositif électrique. On passe d’une électricité charbonnière, gazière ou nucléaire à une électricité éolienne payée deux fois plus cher pour le terrestre ou trois à quatre fois plus cher pour le marine qui sont subventionnés au seul profit des promoteurs.
Pour ce qui concerne l’éolien en mer, ces promoteurs ne sont bien souvent pas Français. Je peux citer le consortium EMINE ou le consortium qui détient le projet de centrales éoliennes au Tréport. Ce consortium est détenu à hauteur de 70 % par des Japonais et des Chinois.

On a bien compris que l’éolien coûtait une fortune. Comme on nous vend que la planète va mourir et que le réchauffement climatique a lieu, on serait tenter de se dire que financer une transition énergétique plus durable et plus respectueuse de l’environnement, pourquoi pas ?

On est dans un pays très particulier. Quand on parle de réchauffement climatique, on sait que le réchauffement climatique serait le fait d’émissions de gaz à effet de serre et de CO2 dans l’atmosphère. Or, en France la majorité de nos ressources électriques est décarbonée.
La France est le pays le plus vertueux qui soit dans l’Union européenne en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Notre production d’électricité produit très peu de gaz à effet de serre. Le gouvernement, dans sa volonté farouche de développer des éoliennes, est en train de transformer une électricité d’origine décarbonée en une électricité éolienne intermittente.
Le facteur de charge des éoliennes est de 22 %. En France, les éoliennes ne fonctionnent que 22 % du temps de leur capacité maximum d’utilisation. Au moment où les éoliennes ne tournent pas, nous sommes obligés d’utiliser des usines au gaz et au pétrole. Ces usines sont émetteurs de gaz à effet de serre. C’est contradictoire. Plus on développe des éoliennes plus on est obligé de développer des usines au pétrole ou au gaz. Elles sont elles-mêmes émettrices de gaz à effet de serre. On est dans une schizophrénie totale. Cette source d’électricité est en réalité extrêmement polluante en particulier dans sa fabrication et dans son mode d’installation.

L’éolienne 100 % vert existe-t-elle ?

Pour une éolienne, il faut des métaux rares produits en Chine dans des mines qui émettent des déchets radioactifs. Il y a une mine en Mongolie qui a deux fois plus de radioactivité que la centrale nucléaire de Tchernobyl. On a même des émissions de déchets nucléaires par la recherche de métaux rares qui constitue un des éléments les plus importants du rotor des éoliennes.
Pour ce qui est des pales, ce sont des matières non recyclables. Ces fibres de carbone ne sont pas recyclables. Les socles en béton où sont posés les mâts restent sur place. La loi demande simplement d’enlever un mètre de hauteur des socles. Les promoteurs éoliens enfoncent le socle de un mètre par rapport au niveau du sol.
Il ne s’agit que de matières polluantes et non recyclables. Aujourd’hui, il n’y a aucune disposition légale qui impose le recyclage des éoliennes. Elles partent à la décharge.


Les éoliennes produisent une nuisance panoramique. Si c’est le seul problème, on pourra s’y faire…

Il faut ajouter aux problèmes de l’éolien, les problèmes liés à la santé humaine et animale. Il y a actuellement un énorme scandale à Nozay en Loire-Atlantique. Plus de 300 vaches sont mortes depuis l’installation de la centrale éolienne. Les infrasons créent un syndrome éolien. Cela représente de gros problèmes de santé, tachycardie, malaise, dépression. Toutes les personnes étant à proximité de ce parc présentent ces problèmes. Ils sont soulevés dans le monde entier. Des études scientifiques sont réalisées en Australie, aux États-Unis et au Canada. En Allemagne, l’académie de médecine allemande a lancé une alerte pour demander l’arrêt de l’installation des éoliennes compte tenu des maux de santé qui allaient résulter de ces installations.
En France, l’académie de médecine a préféré dire « c’est l’effet nocebo ». L’effet nocebo, c’est la tarte à la crème des promoteurs éoliens. C’est l’effet négatif sur l’éolien qui crée les problèmes de santé des citoyens à côté des éoliennes. C’est parce qu’ils ont des informations négatives qu’ils sont malades, disent-ils… Les vaches mortes n’avaient a priori pas d’informations négatives sur les éoliennes. C’est donc du foutage de gueule et du grand n’importe quoi !
En Australie, cela a été dénoncé par une commission d’enquête. Ils disent : « arrêtez de raconter n’importe quoi avec l’effet nocebo ». C’est une réalité que vivent les gens !
Ce négationnisme de l’état de santé des impacts des éoliennes sur la population est totalement insoutenable et crée un trouble psychologique supplémentaire aux troubles médicaux auquel peuvent être confrontés les habitants qui sont à proximité des éoliennes. Il faut dénoncer avec force cette théorie inacceptable. Malheureusement, elle a été récemment reprise par l’Académie de médecine française.


En ce moment à Paris siège une commission parlementaire de financement de la transition écologique. A priori, elle se penche sur ces questions de l’éolien.
Quels résultats sortent de ces travaux ?

Cela fait à peu près six mois que la commission d’enquête parlementaire présidée par Julien Aubert fait ces travaux. Elle finira fin juillet. Des polytechniciens interviennent. Ils expliquent que l’éolien en mer est une catastrophe. La question de l’intermittence du vent conduit à ce problème d’émission de gaz à effet de serre indirect. Les pêcheurs sont également venus exprimer leur colère face à la destruction de leur activité professionnelle. Installer des éoliennes dans des zones de pêche c’est détruire toutes possibilités pour les acteurs de la pêche de vivre de leur travail. Ils ont des indemnités absolument dérisoires.
Quatre professionnels de la pêche ont été entendus il y a quelques semaines. Il va y avoir aussi toutes les questions de l’acceptabilité sociale. Les promoteurs éoliens annoncent dans leur sondage que 80 % d’avis sont favorables.
Le Figaro a fait un sondage dont la question était : « êtes-vous favorables à l’éolien ? ». 70 % des sondés répondent non !
Lors d’une commission d’enquête dans le cadre du projet de parc éolien entre l’île d’Yeu et Noirmoutier, 80 % des interventions dans le cadre de cette enquête publique exprimaient une opposition à ce projet. De très nombreux sondages sont réalisés dans la presse régionale quotidienne et à chaque fois le sondage révèle une opposition entre 60 et 80 %.
La première contribution sortie au Conseil économique et social est celle pour la transition écologique. C’était la fin des subventions à l’éolien.
Récemment, une mission d’information à l’Assemblée nationale a eu lieu sur les problèmes de transition énergétique. La fin de l’éolien était la proposition la plus votée dans le cadre d’une consultation publique.
Il y a vraiment un problème entre les sondages qui sont financés par les promoteurs éoliens qui veulent nous faire croire qu’il y a une acceptabilité sociale forte. La réalité est tout autre avec des sondages toujours défavorables. De plus, les associations antiéoliennes ne font que se multiplier. Cela ne peut pas durer !
Le gouvernement doit entendre la colère populaire et le fait que le monde rural ne veut pas être la victime d’un monde urbanisé qui souhaite changer le mode de vie des gens.
D’un côté, on a le boboisme écologique – il faut sauver la planète – à grand renfort de jeunes filles décérébrées à qui ont dit ce qu’il faut dire. De toute façon, on n’aura pas d’éolienne dans Paris.
Au nom de cette morale écologique, on souhaite imposer aux ruraux une industrie avec des montres d’acier de 150 mètres de haut. C’est la moitié de la tour Eiffel et l’équivalent de la tour Montparnasse.
En tant qu’élu conservateur, je côtoie des camarades antiéolien de tous les partis politiques. C’est vraiment formidable. C’est une ouverture d’esprit qui nous permet de rencontrer et de discuter avec des personnes, tous courants politiques confondus, qui sont attachés à notre pays et à ses paysages. Cette agglomération de personnalités et de sensibilités différentes fait qu’on a une amitié française qui se crée sur le fondement de la préservation de l’âme de notre pays, son paysage et son patrimoine architectural et paysager.
Les antiéoliens sont peut-être les acteurs d’un renouveau citoyen et d’une reprise en main de notre destin écologique par la lutte contre la lutte de l’écolobusiness. Ce sont des affairistes du vent qui ne sont là que pour faire de l’argent au détriment des populations. Il faut dénoncer ouvertement la transition écologique qui n’est qu’une histoire d’argent au détriment de la population.

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