Editoriaux - Union Européenne - 6 juillet 2019

Le 1er novembre 2019, l’Union européenne doit passer à deux langues : le français et l’allemand !

Le 1er novembre, c’est Samain et Toussaint : le Nouvel An gaulois et la communion des saints. Ce sera aussi le jour du Brexit effectif et la langue anglaise devra progressivement cesser d’être une langue de travail et de communication interne de l’Union européenne. Entré dans la CEE en 1973, le Royaume-Uni, aidé par le renfort des pays nordiques, a fini par imposer l’anglais au détriment de l’allemand et surtout du français, qui fut longtemps la langue quasi officielle des institutions bruxelloises. Par faiblesse d’âme et d’esprit, les petits messieurs qui siégeaient au nom de la France ont rendu les armes sans combattre et le français a fini par estomper sa visibilité. Quels sont les arguments pour que le français et l’allemand deviennent les langues de travail et de communication en remplacement de l’anglais ?

D’abord, l’anglais ne sera plus la langue officielle que de l’Irlande et de ses cinq millions d’habitants, dont 10 % parlent gaélique.

En outre, il serait inconcevable de travailler dans la langue d’un pays non membre ou des Américains. Alors que le français est la langue officielle de la France, la Belgique, le Luxembourg, sans compter la Suisse. Ce qui représente environ 80 millions de locuteurs. Et l’allemand est parlé dans les mêmes pays plus l’Autriche, soit environ 100 millions de personnes.

Mais le français a deux avantages sur l’allemand :
– il est une langue internationale en pleine expansion puisque, de 350 millions, il va passer à plus de 600 en 2060. Et cela, sur tous les océans et les continents ;
– il est une langue latine comme l’italien et le roumain, mais surtout comme le portugais et l’espagnol, qui sont eux aussi de grandes langues mondiales. Les locuteurs slaves sont trop peu nombreux et non homogènes (du polonais au bulgare et du tchèque au serbo-croate).

Et, donc, donner le choix aux services de la Commission entre une grande langue germanique et nordique et une grande langue latine plus méridionale tombe sous le sens. Cela n’empêchera nullement la vingtaine d’autres langues nationales d’être utilisées dans les grands débats au Parlement et dans la flopée des versions du Journal officiel ; l’hémicycle demeurera ceint des dizaines de cabines des traducteurs simultanés, un dispendieux cauchemar de Babel qui ne cesse de s’accroître avec les nouvelles adhésions (les traducteurs du finnois vers le serbo-croate sont rares…).

Ainsi, en larguant ses amarres, le Royaume-Uni rendra deux services : il posera la question de la survie du système bruxellois, voire ipso facto de l’euro, au moment où l’Italie a des fourmis dans sa botte de sept lieues ; et il rendra son rayonnement à la langue française. Pour peu que nos politiciens soient sensés, patriotes et courageux : mais là…

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