La main gauche tient un sabre, la main droite tient la tête d’un homme décapité, l’allure est fière. Mais pas d’amalgame (une fois n’est pas coutume), il ne s’agit pas d’un adepte déséquilibré de la religion d’amour mais d’une femme, sans burka ni voile, complètement dénudée, qui semble savourer sa victoire, alors qu’elle tient fièrement, avec un regard solennel, son trophée. Une tête d’homme décapité. Un sentiment de macabre déjà-vu, mais à la sauce progressiste.

En hommage au mouvement social féminin MeToo, une statue arborant une tête coupée a été récemment dévoilée près du palais de justice de Manhattan, où le pygmalion déchu Harvey Weinstein fut condamné. La statue représente Méduse, dont la mythologie, revisitée à l’occasion, fait d’elle l’égorgeur du héros mâle Persée. Selon la mythologie grecque, Medusa, violée par Poséidon, est transformée, en guise de châtiment injuste, en une bête monstrueuse avec des serpents en guise de cuir chevelu ; son seul regard transforme les hommes en pierre. Une statue qui se veut un hommage à un féminisme assez vindicatif dont les excès de plus en plus loufoques laissent, de nos jours, les hommes plutôt de marbre.

Pour l’inauguration du monument, « symbole de force indomptable », selon son auteur, le succès était au rendez-vous. « Elle est sexy, elle a la tête d’un homme dans la main, c’est juste bien. J’aime cela. » « L’image a été liée à la justice et il n’y a pas de meilleur endroit pour elle, Medusa peut aider à faire comprendre aux gens qu’il n’y a pas de honte à s’exprimer, à se défendre et à exiger justice. » Luciano Garbati, son sculpteur, a déclaré avoir reçu des centaines de messages de femmes liées émotionnellement à sa Méduse. Ça laisse rêveur.

Dans un pays où certains hommes refusent de prendre seuls l’ascenseur avec un individu dit du sexe faible, la symbolique de Méduse est d’actualité : pour un regard mal placé, elle vous transforme en pierre, vous colle un procès aux fesses, vous décapite. Chez nous – et suivez mon regard -, pour un regard de travers, d’autres vous transforment en bouillie, vous rendent hémiplégique, et, pour une caricature, vous décapitent. Mais attention aux amalgames. Quoique, peut-on supputer des prémices de convergence des luttes, le progressisme féministe, à l’instar de certains adeptes de la religion d’amour, peut-il se radicaliser ?

En effet, les langues se délient, place à la dédiabolisation décomplexée de la misandrie sélective. Il faut abattre l’homme blanc, ce dhimmi du progressisme, ce mécréant de la justice sociale intégrale. Nos féministes du terroir, assez lentes à la détente, longtemps après Sally Miller Gearhart qui préconisait la « réduction de la proportion des hommes à 10 % de la race humaine et l’y maintenir », se déséquilibrent à leur tour. Entre éliminer l’homme blanc, hétéro de préférence, idéalement catho, ou, plus modérément, ouvertement les détester, le choix est assez large.

Hélas, le progressisme féministe est fort avec les faibles, trouillard avec les forts. L’hétéro blanc, K.O. par étourdissement, après cinquante ans de féminisme dans les gencives ! Sauf que, quand ce dernier sera définitivement hors d’état de nuire, on se demande bien qui prendra la défense de ces douces demoiselles face à d’autres mâles, ceux-là bien moins sensibles aux dogmes émasculateurs du progrès, tout ça dans un Occident tellement dévirilisé, féminisé, que sa survie dépend, dorénavant, de la longueur d’une jupe ou de seins nus sur la plage.

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