Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 3 septembre 2018

Erik Tegnér : “Chez les Jeunes Républicains, il y a une réelle envie de dialoguer avec le Rassemblement national ou Debout la France

Ce week-end a eu lieu, à La Baule, le rassemblement des Jeunes Républicains. Erik Tegnér, candidat à la présidence de ce mouvement, était présent. Ardent partisan de l’union des droites, il répond aux questions de Boulevard Voltaire.

Vous étiez présent à La Baule au rassemblement des Jeunes Républicains. Vous êtes arrivé comme candidat à la présidence des Jeunes républicains avec le message pour l’union des droites. Comment votre message a-t-il été perçu ?

J’ai été très étonné. Je pensais arriver en terrain ennemi. Je pensais que tout le monde ne partageait pas mes positions. Elles sont effectivement assez disruptives chez les Républicains. Pourtant, sur le terrain, la moitié environ des Jeunes Républicains sont venus me voir pour me dire qu’ils partageaient le message que je porte. Ils m’ont assuré de leur vote et ont souhaité que ma candidature soit validée par le parti.
J’ai été agréablement surpris par l’accueil des jeunes. Je le répète depuis plusieurs semaines. Je crois qu’il y a une réelle envie chez les jeunes de dialoguer avec le Rassemblement national et Debout la France, mais qu’on ne donne pas assez d’importance à ces ‘’petites voix’’ des militants qui pourtant représentent aujourd’hui une majorité dans le parti.

Laurent Wauquiez semble en tout cas l’avoir entendu, puisqu’il a dit qu’il n’était pas opposé à votre candidature lors d’une intervention à la radio ce matin. À votre avis, est-ce bon signe ou c’est plus compliqué que ça ?

Laurent Wauquiez a dit quelque chose de très juste. Il a dit qu’il ne fallait pas censurer les différentes opinions chez Les Républicains. J’espère que ce ne sera pas le cas pour les miennes.
La réalité est en revanche un peu plus compliquée que cela. On n’a pas encore de visibilité sur l’élection, alors que cela fait plusieurs semaines que nous aurions dû avoir par exemple les conditions d’accès pour être candidat.
On entend par-ci par-là que le parti pourrait renforcer les règles d’inscription de telle sorte qu’aucune candidature qui porte un message un peu différent de la stratégie du parti ne puisse être validée. Je suis donc un peu inquiet sur ma capacité à me faire entendre.
Pour autant, je réalise qu’ils comprennent que la base des jeunes et au-delà est d’accord avec le message que je porte aujourd’hui. Ça les effraie, car il ya une déconnexion de la direction des Républicains d’avec la base. Ils n’ont pas envie de montrer que ce message recouvre plus de 50 % des jeunes. Même si cela ne représentait que 30 % des jeunes, ce serait compliqué pour la direction, car aucun cadre aujourd’hui est prêt à dire qu’il fait parler avec le Rassemblement national.


Vous avez obtenu des parrainages un peu particuliers pour un membre des Républicains puisque vous êtes soutenu par Nicolas Dupont Aignan et le député RN Sébastien Chenu.
N’est-il pas trop tôt pour parler d’union des droites ?

Je ne pense pas. Quand on est jeune, on a l’avantage de viser l’avenir. Il faut construire l’avenir. Je ne suis pas intéressé de me dire que je vais rejoindre un train en marche. J’ai envie de bousculer les choses à mon niveau et me battre pour cela.
Un des problèmes de nos politiques est d’être rivé les yeux sur les sondages et d’être tenté de dire quelque chose parce que la majorité des gens le pense.
Les politiques qui m’intéressent sont ceux qui partant d’une idée qu’il pense bonne veulent convaincre, et non seulement être élu. Dans cette élection, je ne vise pas avant tout d’être élu président des Jeunes Républicains. Ce qui m’intéresse d’abord, c’est de bousculer les lignes. Non seulement c’est comme cela qu’il faut se comporter en politique, mais aussi parce que les partis ne représentent plus la majorité des Français. Les Jeunes Républicains ne représentent plus que 1500 personnes aujourd’hui. Si je me contentais de parler seulement à ces Jeunes Républicains, ce serait restriction. Je veux parler à tous ces jeunes de droite qui sont politisés, mais hors parti, des jeunes conservateurs, des jeunes identitaires, des jeunes entrepreneurs à l’aise dans la mondialisation, mais qui ont un besoin de ralliement.
Ça prend du temps. Il faut se dire que chacun est acteur de la société actuel. Je ne pense pas être parti trop tôt. Je regrette même de n’être pas parti assez tôt. Je regrette même parfois de ne pas être parti plus tôt.

Bruno Retailleau est intervenu pour défendre une droite véritable et rassemblée. Comment avez-vous trouvé son discours ?

J’ai beaucoup aimé ce discours. Il a notamment dit que la droite doit se reconstruire sur la liberté et l’identité. C’est exactement le discours qu’il faut porter aujourd’hui.
Il a également redit ce qu’il a dit au journal Le Point il y a trois semaines. Il faut selon lui rassembler les différentes droites, la droite orléaniste, la droite bonapartiste, et la droite légitimiste.
Je note que son responsable jeune qui est quelqu’un d’extrêmement compétent et valeureux disait il y a quelques jours lorsque vous l’avez interrogé que le problème de ma candidature n’était pas le fait que je défende l’union des droites, mais je parte trop tôt.
Ceux qui s’opposent à moi acceptent finalement que l’idée de l’union des droites soit bonne, mais qu’il y ait d’autres façons de faire. C’est déjà une victoire de partir du principe qu’avec des cadres aussi importants, nous pouvons partager l’idée que nous ne gagnerons jamais demain face à Emmanuel Macron si nous ne sommes pas capables de dialoguer avec d’autres partis politiques.

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