Editoriaux - People - Sport - 19 mars 2019

Erdoğan témoin de mariage de Mesut Özil : coup de blues sur la chancellerie allemande

Ce titre de L’Équipe m’a mis la puce à l’oreille cette semaine : que ce soit en Allemagne ou en France, chaque « National Mannschaft » a son « footeux» qui défraie régulièrement la chronique des pages people de nos tabloïds.

Ainsi l’ineffable Ribéry (pour ne pas le nommer), alias Bilal Yusuf Mohammed depuis qu’il s’est converti à l’islam, s’est distingué récemment devant un steak (littéralement) doré sur tranche dans un restaurant de Dubaï, alors que son cousin germain, Mesut Özil, aurait demandé au Premier ministre turc d’être le témoin de son mariage prévu cet été, selon différents médias turcs et allemands.

C’est le Bildzeitung – Bild am Sonntag – qui a levé le lièvre en Allemagne dans son édition de dimanche révélant, photo à l’appui, qu’Özil et sa fiancée avaient rencontré Erdoğan en catimini vendredi dernier au salon VIP de l’aéroport d’Istanbul pour lui remettre “en mains propres” (sic) leur demande. Une rencontre qui n’est pas passée inaperçue chez nos voisins d’outre-Rhin où le joueur de la “Mannschaft” d’origine turque, meneur de jeu, par ailleurs, à Arsenal, avait déjà fait la une des journaux au mois de mai dernier lorsque avec son compatriote İlkay Gündoğan, qui joue à Manchester, ils avaient offert tous les deux un maillot de leur club respectif à Erdoğan, avec cette inscription : « Avec un grand respect pour mon président ». Et ce, à la veille de la coupe du monde 2018 en Russie, où l’Allemagne avait fait pâle figure…

Rebelote, donc, vendredi dernier avec cette rencontre prénuptiale qui a suscité une vague d’indignation en Allemagne, entraînant même une réaction officielle de la chancellerie : “Évidemment ça nous attriste, c’est quelqu’un qui a porté si longtemps le maillot de l’équipe d’Allemagne, et qui a été confronté à une telle réaction de l’opinion allemande après sa première rencontre avec Erdoğan… Que ça se finisse de cette manière, ça déçoit beaucoup de supporters de football, et moi aussi”, a déclaré, dans une interview à Bild, le chef de cabinet d’Angela Merkel, ajoutant que “les footballeurs sont des figures symboliques de notre société avec lesquels les gens s’identifient beaucoup plus qu’avec les ministres, poursuit l’homme politique. Ce qui pose une question : jusqu’à quel point quelqu’un qui porte le maillot national se sent-il allemand ?”

Quant à Erdoğan, on s’en doute, il ne s’est pas exprimé directement sur le sujet, sans doute satisfait de ce nouveau coup de com’ en Allemagne, où la communauté d’origine turque, qu’il caresse régulièrement dans le sens du poil, ne compte pas moins de 1,4 million d’électeurs…

Quant à Ribéry, qui avait fait le buzz contre lui pour avoir commandé, en janvier dernier, une entrecôte recouverte d’or à Dubaï, l’attaquant français du Bayern Munich n’avait pas hésité à insulter ses détracteurs sur son compte Instagram, en invitant “les envieux, les rageux, nés sûrement d’une capote trouée” à “n*que[r] vos mères, vos grands-mères et même votre arbre généalogique”. Des propos qui lui avaient valu une forte amende de la part de son club, qui a tenu à faire savoir, par ailleurs, que Franck Ribéry vivait « probablement » sa dernière saison en Bavière où le contrat du joueur français, arrivé en 2007 en Allemagne, prendra fin au mois de juin prochain et ne devrait donc pas être prolongé.

Il ne lui reste plus qu’à demander l’asile sportif au président Erdoğan, qui ne devrait pas rester insensible à son engagement musulman et qui lui permettra d’ouvrir un bar à chicha à Istanbul pour faire planer ses supporters dans une autre dimension, à moins de s’engager sous le maillot du “Bayern” local, le Galatasaray, sacré 21 fois champion de Turquie…

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