Editoriaux - Politique - 19 mars 2019

Raphaël Glucksmann sacré roi des bobos !

La philosophie mène à tout, surtout quand on est fils de philosophe.

À l’époque de Socrate, son père fondateur en Occident, la pratique de la philosophie qui consistait selon lui à rechercher et à dire la vérité pouvait, par ce qu’elle avait de dérangeant pour les sophistes, les imposteurs et les politicards de ce temps (pardon pour le triple pléonasme !), cette pratique, donc, pouvait vous procurer de sérieux ennuis. Ce fut d’ailleurs le cas de Socrate lui-même, que l’on invita à boire une coupe de ciguë, jusqu’à la dernière goutte.

Aujourd’hui, la pratique de la philosophie est beaucoup plus gratifiante et l’on voit, par exemple, le porteur de vérité BHL invité à boire du champagne et à manger des tartes à la crème dans tous les cocktails mondains de la capitale. Et certes, pour qu’il en soit ainsi, sa vérité n’est-elle pas tout à fait la même que celle de Socrate. Mais tant pis pour la vérité, il faut savoir vivre avec son temps !

Aujourd’hui, la philosophie mène à tout, surtout quand on est fils de philosophe. Et il est un autre philosophe médiatique de père en fils qui a compris tous les avantages de sa pratique, c’est Raphaël Glucksmann, fils parisien et philosophe de son père philosophe et parisien, lequel fut un temps l’associé de BHL au club des philosophes nouveaux. Il vient d’être promu au poste envié de tête de liste aux élections européennes. Sauf que le royaume dont le jeune Raphaël hérite ressemble plus, idéologiquement parlant, à un EHPAD qu’à un centre aéré pour la jeunesse, et s’il s’agit de refaire le coup du père François Mitterrand, on a déjà donné, et comme dirait César de La Fontaine, il est venu, on a vu et l’on a “juré mais un peu tard qu’on ne nous y reprendrait plus » !

On savait que ce parti avait réuni, pendant trois décennies, bon nombre d’imposteurs et de sophistes de la politique, qui n’avaient de socialistes que le nom, antonymes parfaits puisqu’ils étaient tout et son contraire et dont l’essentiel des activités fut carriériste, jusqu’au prince Hollande et son ministre Valls qui le portèrent au sommet des sommets de sa vacuité.

Aujourd’hui, on ne sait dans quelle nouvelle vacuité il faut le ranger. Entre ceux qui sont allés ailleurs former divers groupuscules égocentriques et concentriques, se réduisant souvent à leur président, ceux qui ont pris leur retraite au Conseil constitutionnel et ceux qui y barbotent encore et tentent d’émerger de la mare aux grenouilles ou du “Jurassic Park 19”, le Parti socialiste pourrait représenter enfin la vérité socratique de ce qu’il a toujours été : un monticule érodé comme le Massif central de langue de bois sur fond de valeurs de la République, un lieu de carrières et de médiocres ambitions où ne restent que « les meilleurs médiocres d’entre nous », espérant encore en une résurrection.

Comment pouvait-on le sauver ? Son premier secrétaire vient d’avoir une idée de génie. Pour revigorer l’EHPAD socialiste, il s’est dit qu’il fallait un nouveau roi, jeune et médiatique, tout aussi nu que ses aînés mais dont on pourrait croire qu’il va faire du neuf avec de l’éculé et du soleil avec toutes les vieilles lunes de la pensée dite de gauche. Un bobo capable de séduire ceux qui sont faits à son image et pourraient voter pour le PS plutôt que pour LFI !

Et c’est ainsi que Raphaël Glücksmann vient d’être sacré roi des bobos, un titre très envié dans le microcosme politico-médiatique mais qui risque de ne pas tellement enthousiasmer le peuple des provinces et des gilets jaunes, ce peuple que les socialistes Jaurès et Blum voulaient représenter… Mais un poste où, comme dans une célèbre chanson, à propos d’un autre roi, « il y a peu de chances qu’on le détrône » !

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