C'est le b.a.-ba de la politique : toujours louer son camp, même s'il commet des bourdes, et débiner l'adversaire, même quand il a une idée pertinente. Le problème survient quand les circonstances ou l'intérêt bien compris vous poussent à changer de bord, en transformant l'opposant d'hier en allié d'aujourd'hui. Ces virages ont donné aux fureteurs de presse l'occasion d'exhumer des déclarations que leurs auteurs auraient préféré oublier.

Quand il n'y avait que la presse qu'écrite, cela nécessitait un fastidieux travail de fouille d'archives et de fichage, mais au fil des progrès techniques, ces recherches ont été grandement facilitées. Elles donnent de plaisantes occasions de mesurer la sincérité des hommes politiques.

Voyez cet ancien Premier ministre, « particulièrement attaché à la défense de la République » et riche de « qualités d'homme d'État » qui seront « particulièrement utiles à l'Assemblée nationale ». Mais pour qui donc Bruno Le Maire tresse-t-il ces lauriers ?

Pour l'intermittent multicarte transnational Manuel Valls. Le Maire soupçonnait pourtant Valls, en 2014, d'avoir - en tant que ministre de l'Intérieur de Hollande - « fumé la moquette » en dénonçant, dans une d'intégristes catholiques et d'opposants au mariage gay, la résurgence des ligues de 1936 : « Manuel Valls, au lieu de faire la tout court, est en train de faire la police de la pensée. »

Lorsque le Catalan devient peu après, nouvelle passe d'armes entre les deux hommes à l'Assemblée sur la réforme des collèges, dont Le Maire critique tous les points. Volant au secours de son ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, Valls rappelle alors à Le Maire que c'est le auquel il avait participé sous Sarkozy qui a réduit le nombre de professeurs : « Vous avez saccagé, vous avez détruit la formation des enseignants que nous avons remise en place. »

Mais l'eau a passé sous les ponts, les deux hommes que tout opposait ont quitté leur Titanic respectif pour se placer sous la houlette du gourou du « en même temps » et Valls se présente sous l'étiquette Renaissance dans la 5e circonscription des Français de l’étranger : « Je suis heureux et fier du soutien du ministre de l’Économie et des Finances, un ami. Merci cher Bruno Le Maire pour tes mots. »

Embrassons-nous, Folleville, tout est oublié, c'est l'heure du pardon des offenses ! C'est-y pas beau…

 

 

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29 mai 2022

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27 commentaires

  1. Pour marquer votre mécontentement et votre dégoût des politiciens, abstenez-vous massivement ces 12 et 19 Juin prochain.
    Elus par une petite poignée d’électeurs, peut-être seront ils moins fiers .
    En entreprise privée, les incapables sont virés.
    Faisons de même.

  2. la gamelle est trop bonne pour ne pas retourner sa veste au gré du vent et des idées

  3. Ce Monsieur Valls déplore-t-il toujours de ne pas voir assez de « blancs » lors des visites qu’il peut faire ici ou là ? Par ailleurs ce même individu fait penser au fameux sparadrap du Capitaine Haddock : bien difficile de s’en défaire !

  4. Juin 2017 a EVRY 91, Valls affichait; toujours avec vous…planche pourrie.

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