Alors que, sur le font de l’Est, « la situation » serait « inquiétante », poussant Olivier Véran à se rendre immédiatement sur place pour prendre les mesures que l’on ne sait pas, , jeudi soir, est apparu, sur les réseaux sociaux, dans une vidéo, dans des tweets, pour célébrer le Nouvel An lunaire, l’année du Buffle. On croit rêver… Un Joyeux Noël en février… On peut imaginer que chaque mois pourrait permettre d’autres allocutions personnalisées, communautarisées à souhait. Et pourquoi pas toutes les semaines ? Et même tous les jours : tiens, sainte Rita ? Et saint Nestor ? Les stagiaires énarques de l’Élysée doivent fourbir leurs fiches, calendrier des Postes grand ouvert. Les orthodoxes ? Zut, passé… Le Nouvel An juif, c’est quand ? Les arguments fusent : tu sais, démographiquement et électoralement, ça pèse plus beaucoup, tout ça… Mais bon, aucun segment électoral n’est à négliger : 2022 ne sera pas aussi facile que 2017… Et puis, avec notre loi anti… anti-quoi, déjà ? Non : « confortant les principes », etc., on a dû avoir de la perte sur le gros segment arabo-musulman.

« À vous tous qui fêtez le Nouvel An lunaire, une année placée sous le signe du Buffle… »

La dimension grossièrement électoraliste de l’intervention n’aura échappé à personne, tant l’opération semble directement sortie des fiches Terra Nova de ciblage des différentes composantes de la population, des différentes communautés. Et l’épisode, à la fois dérisoire et déplacé, confirme s’il le fallait la matrice idéologique d’Emmanuel Macron. D’ailleurs, dans son ciblage, la communauté asiatique a été consciencieusement segmentée : « Vous êtes nombreux en métropole et outre-mer à partager cet héritage culturel, à faire vivre ce lien avec la , la Corée, le Vietnam, mais aussi avec une grande partie de l’Asie du Sud-Est. »

Sur les réseaux sociaux, de nombreux élus de droite et du RN ont ironisé sur ce nouveau deux poids deux mesures d’Emmanuel Macron, comme Gilbert Collard : « #Macron refuse de souhaiter un joyeux #Noël aux Français, mais n’oublie pas de célébrer le #NouvelAnLunaire des Chinois. Il est triste que l’étoile de Bethléem ne vaille pas une lune. »

Au moment où les plus vaillamment intégrés de nos compatriotes d’origine immigrée, comme Claire Koç, déplorent le communautarisme et ses complices et appellent à un sursaut de fierté française, le rôle du président de la République devrait consister d’abord à incarner, promouvoir cette fierté-là, et non à flatter les communautarismes. Car comment ne pas voir que d’autres réclameront leur dû, et plus…

Cette démagogie lunaire d’Emmanuel Macron, en février 2021, n’est pas simplement désobligeante pour tous les Français de souche, mais d’abord et avant tout pour eux, ces Français du cœur et de la volonté, ces Romain Gary de naguère et ces Claire Koç d’aujourd’hui, ramenés qu’ils sont à leurs origines et à leur statut d’électeurs à capter. Car tous ces amoureux de la France, parfaitement intégrés, n’ont pas besoin d’être flattés dans leur culture d’origine, mais encouragés et félicités pour leur adoption française. Ce qu’ils attendent d’un président de la République, c’est qu’il soit la voix et les tripes de la France, pas le théoricien lunaire des « ponts », des « liens », des buffles et des dragons asiatiques. Ni celui des niches électorales. Emmanuel Macron voulait être à l’Est, il est complètement à l’Ouest.

13 février 2021

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