Editoriaux - Politique - 3 novembre 2018

Emmanuel Macron et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Le Président Macron, chantre de l’universalisme et prétendant à la direction morale du monde, devrait relire la charte des Nations unies durant ses courtes vacances, et en particulier son article 2.

Article 2 : “Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde.”

Car son attitude actuelle est plus que paradoxale, voire provocatrice et anxiogène, qui vilipende les présidents hongrois, américain et, maintenant, brésilien, élus démocratiquement et responsables assumés de leurs peuple et territoire, et alors que la Nouvelle-Calédonie va précisément exprimer dimanche sa décision de choisir ou non son indépendance, c’est-à-dire d’exercer son droit à l’autodétermination.

Les propos récents qu’il a tenus, comparant la situation mondiale à celle de l’entre-deux-guerres, sont au minimum irresponsables mais, s’il est entendu, provocateurs et générateurs de conflits larvés entre nations, voire ouverts !

La démocratie turbulente et arrachée au peuple local très divers de notre territoire austral est-elle plus honorable que celle rejetant des gouvernements de gauche si humanistes et tellement corrompus exprimés dans les urnes ?

Que les nations européennes de l’Est qui ont subi le joug communiste aient développé un anticorps contre l’étranger n’est pas surprenant et certainement pas condamnable. Leur fierté et leur cohésion nationale sont-elles le germe de futures déflagrations sur le continent ?

Le Brésil menace-t-il la paix mondiale, plus que la grande démocratie américaine, responsable du désordre et des guerres au Moyen-Orient avec le désastreux mensonge des États-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU, le 5 février 2003, par la bouche de Colin Powell, alors secrétaire d’État de Bush junior ?

À défaut de lire – ou relire – l’Histoire avec le prisme de l’universalisme fomenté par la repentance post-coloniale, notre Président devrait plutôt se préoccuper de l’état de la cohésion nationale et s’en occuper résolument pour en garantir l’avenir plus qu’incertain, si l’on en juge par les délits, méfaits et crimes quasi quotidiens contre l’ordre laïque et républicain.

D’ailleurs, son grand intérêt – et celui de l’exécutif tout entier – pour le vote de dimanche est si peu flagrant que c’est le Premier ministre qui se rendra à Nouméa, le lendemain du référendum. Mais cette visite ne semble qu’un petit détour opportun après celle de trois jours au Vietnam, dont l’objectif est diplomatique et stratégique, selon Matignon qui déclare, en préambule de ce déplacement : “Pour aller ensemble avec un pays, il faut regarder le passé de manière confiante et être en paix avec ce passé, même s’il peut être douloureux.” Ce qui ne correspond guère à la position du Président qui, rappelons-nous, faisait état, en Algérie, de “crime contre l’humanité” pour la guerre contre le FLN !

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