Festival d’Avignon 2026 : le théâtre culturel en état de mort cérébrale
Bien-pensant, faussement subversif et surtout très conformiste dans un original toujours plus convenu, frileux, pagailleux, décousu, décadent, le festival d'Avignon est à l’image de la France actuelle et de son théâtre : d’un côté, un délire de fonctionnaires culturels et de nantis de la profession, ennuyeux comme des poules mouillées ; de l’autre, une immense pagaille, une foire à l’ail dans laquelle un bulbe ne retrouverait plus ses petits.
Tout y est et le contraire de tout : Fabienne Pascaud, la papesse de Télérama, Michalik le migrant de Paris ou Jean-Marc Dumontet, le grand censeur des soirée des Molière, ou l’actuel directeur Santiago de Rodriguez, l’antifa de service pour la lutte contre le RN qui, d'ailleurs, ce 9 juillet, a reçu Jean-Luc Mélenchon et sa troupe, en tournée dans la cité des papes. Une sorte d’inflation folle semble s’être emparée d’un art dont on se demande ce qu’il est et s’il ressemble encore à quelque chose…
Qu’il soit in ou off, avec ses 1.780 spectacles en trois semaines, ce théâtre est devenu un lieu où l’éparpillement et le n’importe quoi ont atteint un point de non-retour.
Et les pouvoirs publics ne sont pas en reste, avec leurs bureaucraties. La culture est partout, les cultureux foisonnent, les bien-pensants bien pendus se trémoussent tout l’année.
Il n’y a jamais eu autant de centres dramatiques, de scènes croisées, entrecroisées, jambes croisées ou d’intérêt régional, national, international… Et cependant, jamais le théâtre français n‘a été aussi pauvre, aussi conformisme et rabâcheur ; il crève d’un manque d’audace et d’imagination sans fin. Où est Cyrano et son épée ? Sa transformation en théâtre culturel d’ARTCENA, de Lang et de DRACS a tout desséché.
La même sauce scénique
Est-ce encore du théâtre ? On se le demande. Les adaptations y pullulent, le texte dramatique n’existe quasiment plus, remplacé par des soliloques de toutes sortes, à Avignon, à Paris, on en trouve à tous les coins de rue et même dans les placards à balais, créations collectives, hybrides, vidéos, textes à finir ; tout le monde écrit, tout le monde y va de son texte illisible ou griffonné par ou pour des comédien(nes), on fait du théâtre aujourd’hui comme on va à la pêche aux moules.
Au commencement, le théâtre était quelque chose de grand, par définition, un géant à pleurer ou à rire, qu’il soit populaire ou d’élite.
À présent, le théâtre est devenu un nain, un petit lieu où chacun vient faire ce qu’il veut comme il veut quand il veut comme il peut : à chacun de décider.
Ne me demandez pas ce qu’il y a, cette année, ou ce qui va émerger de cette débâcle ? Au milieu du ronron, le spectacle vedette de l’ouverture du festival, en présence du ministre de la Culture, après l’émoi éphémère d’un scandale obligé, serait une sorte de montage fait d’un peu de Maldoror, celui des chants du même nom mixé avec un poète chilien, et le tout mis à sa sauce scénique par l’éternel manitou du temps, ici le metteur en scène Julien Gosselin, comme l’an dernier ou l’année prochaine, pendant près de six heures. Bonne nuit, les petits !
Molière châtré par Trissotin
Entre rabâchage et idéologie, les grands textes ont disparu, censurés ou réduits au silence par une sorte de culture soft d’administration. Les auteurs, les œuvres véritables ont disparu, remplacés par des soliloques à penser. La politisation, la gauchitude, les poncifs sociétaux ont achevé l’ensemble. La censure contrôle tout débordement et serre les rails. Le rabâchage de Molière a atteint des sommets : Le Malade imaginaire, Le Misanthrope, Le Bourgeois gentilhomme, L'École des femmes, mais sans évoquer nulle part l’islamisme ou un Tartuffe qui serait Nouveau.
N’est-il pas étonnant qu’un des auteurs les plus subversifs de notre théâtre soit aussi le plus joué dans les lieux du ronron culturel ? Mis à toutes les sauces par les Trissotin d’aujourd’hui. C’est que jouer Molière ne dérange plus grand monde, dès lors que l’on occulte son sens originel. Mais à quoi servent les auteurs vivants, à quoi sert le théâtre, s’il doit être le catéchisme des engagés conformes ?
Le théâtre d’aujourd’hui est culturel. Il est mort. Vive le théâtre !
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43 commentaires
Il y a déjà longtemps que le théâtre a disparu des festivals, soit au profit de la propagande bobo-gauchisante comme à Avignon, soit à celui de toutes sortes de spectacles plus ou moins de « variétés » où la plupart du temps le décibel l’emporte sur l’art. Ainsi en est-il advenu par exemple des 2 festivals créés par le grand comédien Jean Deschamps dans les années 60 : Carcassonne (théâtre de la Cité) et Sète (Théâtre de la Mer). Quant aux insultes adressés à Jean Vilar par les soixante-huitards, n’en parlons pas. Et s’il arrive qu’une vraie pièce de théâtre passe à travers les mailles du filet, c’est évidemment à condition qu’elle soit ridiculisée par un metteur en scène « génial » (comme ils disent).
C’est bien connu que la culture Etatisée, financées (sous contrôle !) ne ressemble plus qu’à de la soupe gouvernementale destinée à manipuler les foules… pour le plus grand désintérêt !
J’étais allé à Avignon en 1972 et j’avais déjà trouvé cela un peu fouillis mais je fais confiance à l’auteur de ce sympathique article pour ne pas y mettre les pieds !
Ceci sans parler de la fameuse Cérémonie des Césars, avec le non moins fameux soit disant
humoriste Merwane BELAZAR qui s’est vite apercçu qu’il fallait mieux abandonner ses études d économie et de sociologie en devenant humoriste douteux et donc bénéficiaire de ce merveilleux régime des intermittents du spectacle. Est on vraiment sûr qu’il sait qui était Molière au moins ?
Ce spectacle larmoyant et pitoyable avec la bénédiction de Md ERNOTTE Pdg France Télévision , 81 millions de déficit, et néanmoins une prime de fin d’année de 78 000 euros pour sa bonne gestion.
Bravo de dénoncer cet imposture ! Mais sans spectateurs ce faux théâtre existerait-il ? Encore des dupes pour payer des billets à seule fin d’entendre des textes stériles, ennuyeux, orientés ? Où est le temps où Gérard Philippe faisait la gloire d’Avignon !
Ce festival a toujours été, depuis ses débuts dans l’immédiat après guerre, une tribune pour le parti communiste qui était alors hyper puissant. Les temps ont changé mais l’esprit reste ce qui explique à mon avis l’apparente stérilité des scenarii et la pauvreté des dialogues.
les subventions ++++qu’ils perçoivent !….. alors pas de politique quand vous vivez grâce aux impots de TOUS les contribuables….
Ce théâtre n’a plus rien à voir avec le vrai théâtre.
C’est l’expression de petits narcissiques, formatés à l’idéologie de la bienpensance qui se prennent pour des artistes, alors qu’ils grenouillent dans l’entre-soi de la nullité absolue. Coupez les subventions et tout ce petit monde disparaîtra dans l’abîme du dérisoire.
@RV : « Coupez les subventions et tout ce petit monde disparaîtra dans l’abîme du dérisoire. » Le problème c’est que le distributeur de subventions fait partie du marais : il s’en sert pour agencer sa politique de destruction de la culture française, la vraie, la créatrice, pas cette actuelle ratatouille visqueuse aux relents putrides. Se mettre en sécurité, ne pas fréquenter et s’éloigner de ce marais puant est le seul moyen de conserver intact et opérationnel nos neurones pour le renouveau.
Ennui mortel et pédantisme subventionné. Un festival décadent aux mains des woke bobo. Heureusement de moins en moins fréquenté ! Plus que par les gauchistes qui vont a leur grand messe…
Hélas ! Et c’est tellement vrai, ce qui est dit. L’époque actuelle est représentative de l’habit dont elle est vêtue. Taille XXL ou S (à ce point rétrécie, il y a de quoi avoir du stress). Ne nous étonnons pas ou plus, selon les circonstances et surtout les envies. Et encore s’il y avait à boire et à manger, comme dans les Auberges d’antan, on se mettrait en scène avec histoire d’apprendre ou de donner quelque chose. Non la médiocrité a atteint sa taille de grandeur et aucune aiguille ne saurait rafistoler l’état de notre culture. Jean qui rit, Jean qui pleure sont partis. Ne reste plus que le vent qui les a emportés. C’était prévisible. Fermez le ban. Merci Monsieur Pélaez pour ce compte-rendu incisif.
Le théâtre est ailleurs…dans les médias « mainstream »…alors pourquoi se déplacer ?
Cela ne va pas durer. Je pressens un grand degagismes de ces pédants qui arrivent de loin. Cela nous fera faire des économies à additionner à celles qui seront réalisées sur le service public, les copains et les coquins…Comme disait Mélenchon : tous dehors !
Tout comme pour le cinéma depuis Holywood, en passant par l’Italie, puis la France, les saltimbanques woke-bobo-gaucho (w-b-g) ont réussi à tuer le cinéma.
Même punition pour les saltimbanques w-b-g, ces théâtreuses et théâtreux, forgé(e)s dans « l’art selon la gauche », qui lui aussi vide les théâtres et festivals trustés par l’élite gauchiste depuis des décennies.
Invité officiel, je suis allé une fois, il y a plus de trente ans, au fameux festival d’Avignon…
Résultat : je me suis fais chier à tous les niveaux, et me suis senti tel un intrus, un peu comme si l’étiquette « de droite » était collée sur mon front. Leur mépris est abject !
Ceci sans parler de la fameuse Cérémonie des Molières, avec le non moins fameux soit disant
humoriste Merwane BELAZAR qui s’est vite apercçu qu’il fallait mieux abandonner ses études d économie et de sociologie en devenant humoriste douteux et donc bénéficiaire de ce merveilleux régime des intermittents du spectacle. Est on vraiment sûr qu’il sait qui était Molière au moins ?
Ce spectacle larmoyant et pitoyable avec la bénédiction de Md ERNOTTE Pdg France Télévision , 81 millions de déficit, et néanmoins une prime de fin d’année de 78 000 euros pour sa bonne gestion.
@Jack CHEVALIER : quelle idée aussi d’aller se fourvoyer dans ce marécage…
Vous avez parfaitement raison je ne me suis absolument pas fourvoyé comme des milliers de français dits incultes devant de tels « chefs d ‘oeuvres » dont seuls les acteurs et réalisateurs dits de Génie sont les seuls à comprendre ce qu’ils ont fait, mais comme d’habitude l’adjectif Génail voir Super Génial est de mise obligatoire gueu de tels » Chefs d’Oeuvre » subventionnés bien évidemment par les gueux que nous sommes
il y a la culture et la déconfiture. la seconde a pris le dessus et l’ennui est venu. Plus d’étincelles de l’esprit mais du fade, de l’agité, du dépenaillé. Bref de la médiocrité mais subventionnée.
Et on trouve le financement pour la « grande kermesse » des bien pensants « gochos » !!! Et qui paye ?? Les Gueux incultes !! Et tout cela pour ça !!!
le monde artistique ,principalement de reflexion gauchisante ,va mourir grace a LFI ,,n’est-ce pas là un magnifique retour des choses pour ces gens abêtis par des idéologies dépassées ou inexistantes !!!
Comment voulez vous qu’il en soit autrement ,vu l’état d’inculture de la France et de sa populace aujourd’hui ?