Emmanuel Macron et ces Français qui « contestent l’existence de l’ordre républicain »

macron

Le Conseil constitutionnel a donc entériné les décisions présidentielles, acceptant ainsi que des Français aient moins de liberté que d'autres. Emmanuel Macron, dont la première mission aurait été de rassembler ses concitoyens sous la même bannière, les divise. Ses apparitions sur les réseaux Instagram et TikTok l'ont définitivement classé dans la catégorie des Présidents invraisemblables. Est-il réel ? Ou virtuel ? Lors de sa récente visite au paradis polynésien et face à Bruno Jeudy, l'envoyé spécial de Paris Match, il s'est déclaré, dans un entretien publié le 5 août, « encore plus amoureux de la France qu'au premier jour et convaincu de la chance inédite qui est la [sienne] ».

La sienne, assurément. À 43 ans, avoir atteint le summum d'une carrière, c'est une chance inédite. Mais sûrement pas la chance de la France, si l'on en croit la division qu'il n'a cessé d'entretenir tout au long de ces quatre ans. Par son attitude, par ses décisions jupitériennes, par son manque de vrai dialogue, par ses mots malheureux. Mots qu'il a répétés tout au long de son lointain périple, dans cette France du bout du monde.

Si, sur TikTok, il rappelle que la vaccination est le seul remède contre le virus, il n'a pas arrêté ses critiques acerbes contre ces Français qui se posent des questions sur ce vaccin miraculeux et manifestent leur angoisse dans la rue. Un vaccin obligatoire, sans l'être, tout en l'étant. Un vaccin qui se traduit par un passeport sanitaire qui nous donne le droit de vivre à peu près normalement, mais séparément de ceux qui n'ont pas accepté le jeu de ce sésame codé.

À Paris Match, il déclare : « Chacun est libre de s'exprimer dans le calme [...] mais je ne crois pas qu'il y ait une grande efficacité à manifester contre lui. » Et il ira plus loin encore, attaquant ceux qui manifestent dans les rues : « Ces quelques dizaines de milliers de citoyens en perte de sens telle qu'ils peuvent dire qu'on vit en dictature... Je pense qu’ils créent un désordre permanent, parce qu'ils contestent l'existence de l'ordre républicain, mais je ne céderai à rien. » Et de rajouter l'injure suprême envers ces Français dont de très nombreux personnels hospitaliers, pompiers, etc., lorsqu'il considère qu'il y va de l'existence même des démocraties. Ainsi, fort de son attitude jupitérienne, Emmanuel Macron n'admet pas les critiques de sa politique de vaccination à tout va dont les résultats semblent mitigés.

Notre Président n'a t-il pas l'audace d'insister en affirmant « Nous n'avons jamais suspendu la vie parlementaire, et toutes les mesures restrictives ont été votées par la loi » ? Qui vote ces lois dictées par le Président ? L'Assemblée nationale entièrement dévouée à Emmanuel Macron, de façon un peu autoritaire, non ? Et souvent avec un nombre ridicule de députés. À peine 160 députés ont voté le passe sanitaire sur 577 députés élus, et cela, en catimini à 5 heures du matin. Est-ce cela, la démocratie ?

Et comme il se doutait bien que le Conseil constitutionnel n'irait pas contre ses recommandations, c'est avec sérénité qu'il a attendu son verdict pour achever de restreindre la liberté des Français avec un QR code liberticide, diviser les Français et traiter en paria le personnel soignant hier idolâtré.

Floris de Bonneville
Floris de Bonneville
Journaliste - Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

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