Le discours tant attendu du président de la République, lundi soir, mérite une attention particulière, il livre nombre de clés sur la situation de la pandémie et aussi sur celle du gouvernement.Son discours dura 27 minutes, montre en main, là où il eût fallu parler bref et ferme en cinq ou dix minutes.

est, à ce titre, fidèle à lui-même, incapable de prendre le temps de faire court, comme le disait Madame de Sévigné.

Nous avons appris, tout d’abord, que nous sommes tous confinés jusqu’au 11 mai, au minimum.

De toute évidence, la mesure de confinement jusqu’au 11 mai n’est pas critiquable : elle est exigée par la nécessité de ne pas propager le virus. Il est vrai, le confinement pèse lourdement sur de nombreuses familles qui vivent dans un appartement avec des enfants, en ayant pour seule perspective une heure de sortie par jour. Respecter l’interdiction des joggings entre 10 et 19 heures ne doit pas être une mesure insurmontable pour les sportifs conscients des risques que peuvent susciter autour d’eux leurs activités physiques.

Mais le discours du Président Macron traduit un désarroi certain, il reconnaît des lenteurs, des insuffisances, voire des erreurs, il confesse ne pas avoir réponse à tout. On ne saurait lui reprocher sa soudaine humilité, même si les Français n’y étaient guère habitués…

Le temps fort du discours est venu lorsque Emmanuel Macron s’est lancé dans l’esquisse du monde d’après la pandémie qui devra assurer des solidarités et coopérations nouvelles pour bâtir un projet capable de redonner à la France une indépendance agricole, technologique et industrielle. Étonnant propos chez ce thuriféraire de la mondialisation heureuse et en opposition totale avec sa campagne électorale de 2017, un véritable tête-à-queue qui confirme sa perte de crédibilité politique.

Et l’apothéose fut sublime lorsque Emmanuel Macron déclara : « Sachons sortir des idéologies et nous réinventer, moi le premier. » Est-ce là l’effet de l’approche des lumières divines de la Pentecôte ou une confession et prise de conscience paniques de s’être trompé lourdement sur la réalité du monde ? Peu importe, c’est là le seul point positif du Covid-19, un miracle !

À lire aussi

Accord de Bruxelles : une bombe à retardement !

Cet accord est le produit de l'idéologie fédérale d'Emmanuel Macron. Il a tout lâché pour …