En 1981, avec ses fameuses 110 propositions, avait mis la barre très haut. Il y avait à boire et à manger, même si certaines desdites propositions, hautement farfelues, pouvaient laisser à penser que les rédacteurs du texte avaient surtout mangé du boire. Mais les records ne sont-ils pas aussi faits pour être battus ?

On peut en voir pour preuve les… 154 actions prévues dans le programme de La République en marche pour l’Île-de-. 160, voilà qui aurait fait un compte rond ; mais, prudents ou tout simplement fainéants, ses concepteurs ont bloqué le compteur à 154.

Et là, plus qu’un inventaire à la Prévert, c’est le catalogue des Trois Suisses que l’on redoute. Ainsi, le chapitre de la « République » vaut son pesant de nougat. Pour un peu plus de « vivre ensemble », il y aura « la semaine régionale des valeurs de la République », histoire de renforcer « la formation des enseignants à la reconnaissance des premiers signes de perte de repères républicains et de l’esprit critique des élèves ».

Si, avec un tel dispositif, le terrorisme islamiste n’est pas terrassé dans les semaines à venir, ce serait à n’y plus rien comprendre. Ce, d’autant plus que suivent encore deux autres propositions majeures et susceptibles d’enfin ramener le célèbre « ordre républicain » dans nos écoles.

La n° 102, pour commencer : « Nous lutterons contre le dans 100 % des lycées pour protéger les élèves et en particulier les AZERTYUOP– (pardon, les LGBTQI+). » Mais la n° 133 est encore plus goûtue : « Nous interviendrons en urgence pour les restaurations des lycées parisiens Rabelais, Jean-Baptiste Say et Fénelon, et installerons dans tous les lycées parisiens des distributeurs de protections pour lutter contre la précarité menstruelle. » À côté des distributeurs de capotes anglaises, voilà qui fera joli, dans ces écoles ayant vocation à être bientôt transformées en pharmacies. Une chance que la lutte contre les hémorroïdes et le chancre mou n’aient pas été décrétée cause nationale par nos amis macronistes.

Lesquels ne sont, d’ailleurs, pas, malgré de trompeuses apparences, des nigauds finis, ayant bien compris que l’ commençait à devenir l’une des préoccupations premières des Français. Et c’est là que la proposition n° 128 pourrait bien faire pencher la balance électorale : « Nous créerons des lieux d’accueil pour les femmes dans les centres commerciaux, des conditions appropriées pour libérer la parole des enfants, et un lieu d’écoute dans chaque département. »

Insécurité toujours, avec la proposition n° 119 : « Nous renforcerons la sécurité et lutterons contre les rixes aux abords des établissements scolaires, et faciliterons l’alerte avec une application smartphone. » Une « appli » pour lutter contre l’ de la société ? C’est effectivement l’arme fatale et on se demande bien pourquoi personne n’y avait songé avant.

Et une petite dernière, pour la route, histoire de ne pas partir sur une jambe et reprendre la sémantique bistrotière ? La proposition n° 84, par exemple ? Allez, c’est la tournée de la maison : « Nous garantirons que chaque Francilien dispose d’un espace vert ou naturel à moins de quinze minutes de chez lui. » Voilà qui fera au moins travailler les sociétés de déménageurs ; ce qui est toujours ça de pris.

Fortuitement, nous constatons que la lutte contre la pluie, les panaris et les bricoleurs maladroits se plantant le clou dans la main plutôt que dans le mur ont été oubliés. Ce sera sans doute pour le prochain tour de piste de aux élections régionales. Si toutefois il y en a un.

10 juin 2021

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