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Élections municipales, l’incontournable cas de conscience

À l’approche des élections municipales, combien d’électeurs indécis ont, à nouveau, le sentiment, comme à la présidentielle de 2017, de ne pouvoir voter que pour la mouvance LREM, faute de mieux, par défaut ?

La différence est qu’en 2017, on ne savait pas ce qui nous attendait – quand bien même l’absence patente de valeurs positives de référence et de programme constructif faisait redouter un malentendu national. Avec le résultat catastrophique de délitement de la société française qu’on connaît.

Nous voilà sommés de choisir entre un impératif catégorique – voter pour une personnalité connue qui défend les intérêts locaux, indépendamment de l’impact à une plus grande échelle – et l’impératif hypothétique de voter utilement pour contribuer à changer la situation à plus grande échelle ; en l’occurrence, pour contribuer à enrayer la spirale international-progressiste. Certes, sous l’effet entropique de dégradation de la cohésion nationale dont Macron n’a pas été l’initiateur mais l’accélérateur, un retour aux fondamentaux de la culture et de l’éducation françaises, respectueuses de la tradition, paraît aussi difficile que de remettre la pâte dentifrice dans son tube une fois pressé.

Or, qu’est-ce qui est « en jeu » dans ces élections ? Face à la mondialisation envahissante des problèmes, la localisation des solutions. Ne pas négliger « le prochain » au détriment « du lointain », nous rappelle justement Gabrielle Cluzel dans son dernier ouvrage Enracinés. Amazoniens, Australiens, Africains, tenez bon, on compatit, mais on a aussi le feu à la maison, en France et en Europe. Il s’agit donc de considérer ces élections comme un point possible de basculement décisif, urgent et prioritaire.

C’est l’occasion salutaire de ressouder les Français, de souche ou de bouture, autour d’une culture commune d’essence chrétienne. Car, si l’on ne s’intéresse pas au communautarisme en France, lui s’intéresse beaucoup à la France. Dix listes communautaires ont été recensées par les préfets, en Île-de-France et dans les grandes métropoles, mais aussi dans des départements provinciaux comme la Vienne et l’Indre. C’est ainsi que progresse lentement, par capillarité, l’Union des démocrates musulmans français (UDMF) au travers de listes comme Agir pour ne pas subir, Le vrai changement pour Garges-lès Gonnesse, Collectif contre l’islamophobie, Vivre ensemble à Annecy. Macron a eu beau déclarer qu’« il ne s’agit pas de proclamer l’interdiction pour régler le problème » devant le Congrès des maires de France, en novembre 2019, ça fait partie d’urgentes mesures conservatoires, sinon conservatrices, pour juguler le problème, en attendant qu’il propose autre chose qu’un pacte indéfini de civilité.

Le retour aux racines s’impose. En s’inspirant de l’arbre, modèle naturel d’équilibre des forces. Comme nous le rappelle le livre à succès La Vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben (2015), les forêts naturelles ressemblent à des communautés humaines. Les arbres répondent avec ingéniosité aux dangers. Leur système radiculaire, semblable à un réseau Internet végétal, leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Cette forme d’altruisme, observée chez certaines espèces, est possible uniquement dans les forêts naturelles, pas dans les forêts plantées constituées d’individus solitaires qui peinent à se constituer en réseau. Or, la condition d’un arbre ne peut être meilleure que celle de la forêt qui l’entoure. Le rééquilibrage s’effectue dans le sol, par les racines.

Concrètement, pour les municipales, on a déjà avancé ici que le macronisme n’est pas soluble dans le christianisme. Osons suggérer qu’il vaut mieux choisir temporairement un porteur imparfait de valeurs saines qu’un porteur apparemment sain de valeurs malsaines. Le moins éloigné des valeurs profondes de la France sera le bon. Car « il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d’un pas ferme », nous dit saint Augustin.

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