Déroute électorale de Keir Starmer : Reform UK, premier parti au Royaume-Uni
Déroute, débâcle, déculottée : les mots ne manquent pas aux observateurs pour qualifier la très sévère défaite subie le 7 mai par les travaillistes aux élections locales de Grande-Bretagne. Improprement surnommées midterms, en référence aux élections partielles de mi-mandat présidentiel aux États-Unis, ces scrutins, qui renouvellent les conseillers locaux en Angleterre, au pays de Galles et en Écosse, ont aussi constitué un désaveu très clair pour le Premier ministre travailliste (Labour) Keir Starmer, après 22 mois passés au 10 Downing Street, à l’issue d’une campagne au fort fumet dégagiste.
Reform UK, premier parti en Angleterre
En Angleterre, où quelque 5.000 sièges étaient en jeu, le Labour a été littéralement laminé, ne conservant qu’un gros millier de ses 2.500 sièges et la présidence de 28 conseils locaux, sur 40 précédemment. Inexistant localement (2 sièges), avant le 7 mai dernier, le parti souverainiste de Nigel Farage, Reform UK, est devenu la première formation d’Angleterre, avec 1.455 sièges, prenant au passage la présidence de 14 conseils. Reform UK semble avoir capté des voix, autant dans l’électorat travailliste que dans celui des Tories (conservateurs), qui s’écroulent eux aussi, avec seulement 801 sièges (-563). Les centristes libéraux démocrates progressent, avec 844 sièges (+152), ainsi que le Green Party, improbable union d’écologistes marxistes et de pro-palestiniens (586 sièges, +440). À noter que Reform UK est désormais concurrencé sur sa droite par Restore Britain, une nouvelle formation nationaliste qui ne s’est présentée que dans la circonscription de Great Yarmouth (au nord-est de Londres) et y a cependant remporté haut la main les neuf sièges à pourvoir.

Capture d'écran https://election.news.sky.com/elections
Galles et Écosse : les indépendantistes restent dominants
Au pays de Galles (96 sièges à pourvoir), les nationalistes indépendantistes du Plaid Cymru (The Party of Wales) ont progressé sensiblement, passant de 23 à 43 sièges, profitant de l’écroulement des travaillistes (9 sièges, -35), et des conservateurs (7 sièges, -22). Reform UK fait son entrée dans les conseils locaux gallois, devenant la seconde formation du pays, avec 34 sièges.
En Écosse (129 sièges à pourvoir), s’ils perdent deux sièges, les nationalistes indépendantistes du Scottish National Party (SNP) restent dominants. Les conservateurs sont les grands perdants du scrutin avec 12 sièges (-19). Les travaillistes limitent les dégâts en sauvant 17 sièges (-4). Mais ils se retrouvent à égalité avec Reform UK, qui fait une entrée fracassante dans les conseils écossais, devançant le Green Party et les libéraux démocrates, qui progressent tous deux avec respectivement 15 et 10 sièges.
La fracture britannique
Ces résultats enterrent le traditionnel bipartisme britannique mais révèlent aussi une profonde fracturation du Royaume-Uni et constituent, par ailleurs, un camouflet pour le Premier ministre. Au-delà de résultats économiques décevants, ce dernier représente, pour une majorité des Britanniques les plus modestes, le modèle même d’une caste qui les méprise. Qui veut, par exemple, « mettre le Royaume-Uni au cœur de l'Europe », oubliant le référendum du Brexit comme Nicolas Sarkozy avait, en son temps, contourné le « non » des Français à la Constitution européenne, avec le traité de Lisbonne. Une caste qui a aussi détruit la liberté d’expression dans le pays. « Les gens ont peur de parler, peur d’être étiquetés », a expliqué une Anglaise interrogée par Le JDD. « Aujourd’hui, au Royaume-Uni, si vous appelez un chat un chat, vous pouvez vous faire arrêter », dit un autre.
Comme pour leur donner raison, Keir Starmer a interdit la venue de personnalités étrangères souhaitant participer à la marche organisée, le 16 mai prochain à Londres, par le désormais célèbre Tommy Robinson, lequel en a publiquement avisé ses soutiens américains Donald Trump et J.D. Vance.
The lying rat that is @Keir_Starmer has just gave a speech following hundreds of his own party demanding he resign
During it, he openly admitted he's banning anyone from entering the UK for our Unite The Kingdom and the West rally.
This is including American citizens, he lied… pic.twitter.com/mGFMLKyyTE
— Tommy Robinson 🇬🇧 (@TRobinsonNewEra) May 11, 2026
Départs et appels à la démission
Commentant sa victoire, Nigel Farage y a vu un « changement historique dans la politique britannique », montrant que Reform UK est désormais en mesure de gouverner le royaume. Keir Starmer n’a, lui, pas tardé à reconnaître sa responsabilité personnelle dans la très lourde défaite de ses candidats et des résultats « douloureux », tout en refusant toute idée de démission. Pourtant, selon lui, sans condamner sa politique, « les électeurs ont envoyé un message sur le rythme du changement ». Il ne souhaite donc pas « plonger le pays dans le chaos ». Mais le dégagisme semble avoir même gagné son propre camp et la révolte a commencé à gronder dans les rangs du Labour, dès le 11 mai. « Je ne vais pas nier le fait que j'ai des détracteurs, y compris au sein de mon propre parti – et je ne vais pas nier le fait que je dois leur prouver qu'ils ont tort, et je le ferai », a déclaré Keir Starmer, cherchant à désamorcer la crise. Mais 67 députés du Labour ainsi que certains ténors du parti se prononcent désormais ouvertement pour un changement à leur tête avant même les prochaines législatives de 2029. Pour le député Jonathan Brash, Keir Starmer ne devrait pas « survivre à ces résultats ».
🔴🇬🇧 ALERTE INFO | 67 MP (députés) de Labour, le parti de Keir Starmer, demandent la DÉMISSION de Keir Starmer. pic.twitter.com/CVH82VZine
— Jon De Lorraine (@jon_delorraine) May 11, 2026
Le 12 au matin, le Telegraph a révélé que six ministres envisageaient de demander au Premier ministre de démissionner, lors de la réunion du Cabinet le matin même. Dans le même temps, Miatta Fahnbulleh, sous-secrétaire d'État au Logement, aux Communautés et aux Collectivités locales, prenant la mesure de la défaite électorale, a indiqué avoir pris ses responsabilités, taclant Keir Starmer au passage. « Ce matin, j'ai envoyé ma lettre de démission au Premier ministre. J’exhorte le Premier ministre à faire ce qu’il faut pour le pays et le parti et à fixer un calendrier pour une transition ordonnée », a-t-elle déclaré, sur son compte X.
This morning I sent my letter of resignation to the Prime Minister.
I urge the Prime Minister to do the right thing for the country and the Party and set a timetable for an orderly transition. pic.twitter.com/u5UArjv7uR
— Miatta Fahnbulleh (@Miatsf) May 12, 2026
Trois autres membres du gouvernement ont aussi claqué la porte afin d'inciter Keir Starmer à se retirer : Jess Phillips, secrétaire d'État chargé de la Lutte contre les violences faites aux femmes, Alex Davies-Jones, secrétaire d'État chargé des Victimes, ainsi que le secrétaire d'État à la Santé, Zubir Ahmed.
La forte détermination de Keir Starmer à s’accrocher à son poste risque de lui être bien utile dans les prochains temps. Mais suffira-t-elle ?
Act Now! pic.twitter.com/jOZleDsooR
— 234 Genius (@De234Genius) May 11, 2026
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24 commentaires
Peu probable que Starmer démissionne. Il a été placé, comme Macron, par la finance mondialiste et a une « mission » à assurer… qui que les peuples en pensent.
La Gauche n’a jamais tort. C’et juste qu’on la comprend mal.
Le green party est vert 2 fois : vert écolo et vert musulman, un peu comme le parti écolo en France.
Monsieur K. Starmer c’est conduit comme un véritable capo , de la mafia euro mondialiste qui règne à Bruxelles ! Il va payer son militantisme de propagandiste zélé à la cause bruxelloise . Cette même colère et ce ras le bol vont gagner toute l’Europe de l’Ouest !
Normalement Starmer va faire du macron et du sanchez, se raidir, en rajouter, lancer le pays vers Bruxxxelles, régulariser 500000 clandestins, gratuité des études pour les étrangers et 10 de frais d’inscription de plus pour les Anglais de souche, augmentation des frais médicaux pour pallier aux soins des migrants, entre autres sages décisions et surtout, rester au pouvoir en pactisant avec les indépendantistes écossais, comme fait le frérot Sanchez avec les Catalans…