Editoriaux - Livres - Réflexions - Société - 27 février 2020

Livre : Enracinés !, de Gabrielle Cluzel

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La blanquette de veau, plat de résistance ! Telle est l’une des recettes proposées par Gabrielle Cluzel dans son nouveau livre Enracinés !, pour retrouver le liant de la France et éviter son « archipellisation »…

27 février 1594. Le bon roi Henri IV est sacré à la cathédrale de Chartres et instituera la poule au pot comme plat national français : « Si Dieu me donne encore de la vie, je ferai qu’il n’y aura point de laboureur en mon royaume qui n’ait moyen d’avoir une poule dans son pot », sonnant ainsi le retour d’une France unie. Et si, quatre siècles plus tard, la blanquette de veau devenait notre plat de résistance ? Telle est, parmi d’autres, l’idée émise par Gabrielle Cluzel dans Enracinés !, son essai percutant paru le 12 février. « Le secret de la blanquette de veau ? Sa sauce bien sûr, son liant. Le liant, c’est le vrai “vivre ensemble”. Sans liant, on finit par mourir seul » ou devenir « une juxtaposition d’individus qui ne se comprennent plus », prévient la rédactrice en chef de Boulevard Voltaire.

C’est Emmanuel Macron le premier qui inventera cette métaphore culinaire de « bourgeoisie blanquette de veau », croyant la railler alors qu’il ne faisait que l’honorer. « Cette bourgeoisie ne s’est pas faite en un jour, si on la dit bourgeoise, c’est parce qu’elle est attachée à son bourg, c’est-à-dire à sa terre, à sa pierre, et surtout à l’univers culturel dont elle est héritière. Là est la richesse qu’elle a reçue de ses ancêtres et qu’elle voudrait avoir le droit de transmettre à son tour », écrit l’auteur. Elle réhabilite une France enracinée, cultivant les valeurs de politesse, galanterie, rigueur, ponctualité, régularité, amour du travail bien fait et, ce faisant, méprisée des élites.

Référentiel commun contre archipellisation de la France.

De sa plume drôle et corrosive, Gabrielle Cluzel dénonce les méfaits de notre société « décorsetée » post-soixante-huitarde moquant ces valeurs bourgeoises et préférant le lointain au prochain, la modernité aux humanités, le progressisme au conservatisme. Alors, une recette, la blanquette ? Oui, une recette dont on se délecte avec plaisir et que l’on savoure tout au long des pages. Une recette contre l’individualisme, la perte des repères et du sens de la terre, de la tenue vestimentaire et des bonnes manières, des valeurs de transmission et d’évangélisation. Un levain dans la pâte pour un pays devenu archipel : « C’est en s’imprégnant des codes, des rites, des usages qu’un étranger se coule dans une société. Et répétons-le, c’est peut-être parce que la France n’en a plus qu’elle ne parvient plus à intégrer… » Et un fortifiant pour « ces parents qui font le choix de l’enracinement avec leurs enfants », apparemment embourgeoisés, et pourtant « aventuriers des temps modernes ».

Loin de regretter le passé, la journaliste nous invite à puiser en lui ce savoir-être dont nous sommes héritiers pour y trouver la source d’une nouvelle espérance française.

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