Editoriaux - Union Européenne - 27 mai 2019

Élections européennes : les libéraux polonais punis pour la marche LGBT de Gdańsk

Pour l’ancien ministre de la Justice de Donald Tusk, Jarosław Gowin, qui est aujourd’hui allié au PiS et, en tant que tel, vice-Premier ministre du gouvernement de Mateusz Morawiecki et ministre des Sciences et de l’Enseignement supérieur, la défaite de la Coalition européenne formée par les libéraux et la gauche aux élections européennes de dimanche est une juste punition pour leur soutien à la Marche des égalités de samedi à Gdańsk. Selon Gowin, le soutien des libéraux à cette marche montre qu’ils n’ont rien appris depuis leur défaite aux législatives de 2015. Avant de quitter la Plat-forme civique (PO) de Donald Tusk, Gowin était perçu comme le leader de l’aile conservatrice de ce parti anciennement libéral-conservateur et chrétien-démocrate devenu au fil des ans libéral-libertaire et européiste sous l’impulsion de Tusk.

Défilant sous le slogan « L’amour ne peut qu’unir », les militants LGBT de la Marche des égalités de Gdańsk, en Pologne, ont parodié samedi une procession catholique de la Fête-Dieu (Corpus Christi), avec une personne déguisée en prêtre catholique et brandissant une image de vulve en guise de Saint-Sacrement dessinée dans un cœur faisant allusion au Sacré-Cœur de Jésus. Autour de lui, des femmes aux couleurs LGBT mimaient les fillettes précédant ces processions lors de cette fête dans toute la Pologne.

Le maire libéral de Gdańsk, Aleksandra Dulkiewicz, avait reproché aux supporters de l’équipe de foot locale d’avoir gâché la fête, il y a quelques jours, avec leur banderole appelant les « sodomites, pédales et pédophiles » à « ne pas toucher à nos enfants » (en référence à la charte LGBT signée par la ville de Gdańsk et à son programme pour endoctriner les écoliers de la ville).

En revanche, pour cette marche qu’elle a elle-même ouverte et à laquelle elle a participé, elle s’est dite très fière en expliquant que « Gdańsk n’a pas peur de la diversité ». À propos de cette parodie blasphématoire pour les chrétiens, Dulkiewicz a répondu en termes très vagues sur Twitter que « le respect est la condition de l’égalité » et que « nous apprenons tous progressivement le respect, l’égalité et la responsabilité ».

Même pour le journal libéral Rzeczpospolita, les organisateurs de cette marche LGBT ont ainsi ôté toute crédibilité à leur slogan « L’amour ne peut qu’unir », car « si tu veux de la tolérance, tu dois faire preuve de tolérance toi-même ».

La Coalition européenne (KE) rassemblant les libéraux de la PO, les libéraux-libertaires de Nowoczesna, le parti agraire PSL, les sociaux-démocrates du SLD post-communiste et les Verts avait fait de la critique de l’Église catholique et du soutien au lobby LGBT un des axes directeurs de sa campagne. Bien mal lui en a pris puisque, selon les résultats quasi définitifs publiés lundi matin, elle rate son pari de doubler le PiS en présentant un front uni de l’opposition aux élections : le PiS a obtenu près de 46 % des voix tandis que la Coalition européenne a recueilli 38 % des voix.

À lire aussi

Les ingérences du commissaire Timmermans dans les campagnes électorales polonaise et hongroise

Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne chargé des questions …