Editoriaux - Politique - Table - 21 octobre 2017

Écriture inclusive : halte au harcèlement textuel !

Dernières nouvelles de l’homme avant sa disparition pour obsolescence programmée par les walkyries de la castration furibarde : l’écriture inclusive. Issue de la volonté d’un féminisme éradicateur, ce type d’expression écrite prétend répondre au défi grandiose de faire progresser l’égalité « femmes·hommes » par l’écriture. Et ça vient de haut : du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes. Pour justifier ses prébendes, ce comité Théodule·e·es vient de publier un manuel intitulé Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe.

Il préconise des mesures phares pour “cesser d’invisibiliser les femmes” : la féminisation des fonctions qui nous vaut l’affreu·se “professeure”, l’auteure exigeant le E égalitaire pour être de même hauteur que l’auteur, ou l’« écrivaine » de la vanité également partagée ; l’usage systématique du féminin et du masculin popularisé par le « celles·et·ceux » macronien ou par les directeur·trice·s ; la généralisation des épicènes, ces mots génériques asexués, comme « membre » pourvu qu’il soit en berne ; et surtout la déchéance définitive de la majuscule de majesté de l’Homme qui doit se faire minuscule (cule ôté serait plus significatif). Mais dans « les droits de l’humain·e·s », successeurs des Droits de l’H… , Homo signifiant homme, le féminin ne va encore pas y trouver son compte, ¡caramba! Application pratique immédiate : la reformulation de l’appel à l’épuration que d’aucuns auront trouvé sexiste en #balancetonporc·truie·s. Pas sûr que la stylistique soit très heureuse, d’autant que par sa préséance le masculin semble encore l’emporter sur le féminin.

Les inventeurs ne cachent pas leur objectif : agir par l’écriture “sur les constructions mentales et représentations sociales de chaque sujet parlant… [en veillant] à la qualité éthique de la langue, c’est-à-dire à sa faculté d’être discriminante, dévalorisante ou égalitaire et non sexiste ou raciste” (Anne-Marie Houdebine, professeurE de sémiologie). Car “au commencement était le Verbe”, assurent, toute honte laïque bue, nos nouvelles évangélistes. Cela nous rappelle que la théorie du genre, qui pointe son nez dans la syntaxe, n’a pas encore développé tous ses effets grammaticaux et orthographiques. Car, Mesdames, Messieurs, Messieurdames, Mesbi, Mestrans, MesQ… sauf à rater l’objectif civilisationnel de visibilité sociale prophétisé par Mme Houdebine, il va falloir vous ébrouer gaiement dans la grammaire et exiger toutes vos déclinaisons. Et ni moralement ni politiquement l’adjonction du neutre n’y suffira.

Les Éditions Hatier se disent “fier·ère·s d’avoir publié le premier manuel scolaire en écriture inclusive”. Car le pire est à venir. La déconfiture de l’École de la République a besoin d’un point d’orgue. Il arrive avec cette nouvelle machine de guerre pédagogiste qui veut barbariser la langue en la coupant de son substrat séculaire. Cessons notre sidération devant cette emprise idéologique qui n’a d’autre but que de déconstruire, en la rendant artificielle, une langue pétrie par la civilisation dont elle est le support. Civilisation où le masculin a respectueusement appris, en le célébrant, à céder le pas au féminin. Langue couillue dont verdeur et justesse sont une amoureuse et vivante (“vivante” ! voilà sa tare irrémédiable) injure à la novlangue. Concluons avec Raphaël Enthoven : “L’écriture inclusive est une agression de la syntaxe par l’égalitarisme, un peu comme une lacération de la Joconde, mais avec un couteau issu du commerce équitable.” Au viol, donc ! Et halte au harcèlement textuel !

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