C’est un peu l’histoire d’un château en ruine : Villers-Cotterêts. Comme la langue française qui bat en devant les assauts de l’anglais.

Mais, justement, le Président Macron veut le restaurer pour en faire le haut lieu de la . Le défi, magnifié par le symbole, est olympien, sinon jupitérien : c’est dans ce château à l’abandon que François Ier, au nom si évocateur, signait en 1539 l’ordonnance – tiens, déjà ? – faisant du français la langue officielle. Tout au moins pour les édits, actes légaux et documents administratifs, en remplacement du latin.

Une allocution présidentielle est attendue le 20 mars prochain, annoncée comme « discours clé sur la francophonie » !

Quelques tentatives de sauvegarde contre la prolifération d’emprunts lexicaux à l’anglais avaient été lancées naguère, avec le résultat que l’on constate. Ce fut, d’abord, un décret le 7 janvier 1972, prévoyant la création de commissions ministérielles de terminologie pour « l’enrichissement du vocabulaire français » ! On sait, dans notre beau pays, ce que deviennent les travaux de ces expertes assemblées. Plus tard, en 1994, une certaine loi Toubon fut votée, dont le décret d’application, suivant un chemin montant, sablonneux et malaisé, aboutit enfin deux ans plus tard…

Qui se souvient de ces initiatives, des petites mains attelées à la tâche, et surtout des résultats probants obtenus ?

La relance présidentielle ambitieuse vise plutôt, selon son dynamique promoteur, la promotion et l’usage de notre langue à l’étranger, et en particulier en Afrique, dans le domaine de l’éducation. Comprenons qu’il s’agit de stimulation à l’export du véhicule usité, plutôt qu’une refrancisation exigeante. D’ailleurs, lui-même a pu déclarer : “Parler l’anglais renforce la francophonie.” Do you understand?

Le vocable de francophonie évoque surtout la phonétique, c’est-à-dire les sons et leur musique lors des échanges oraux.

Et précisément, et en dépit de ces intentions et campagnes nouvelles, l’écrit révèle plus que jamais le paradoxe de l’anglicisation envahissante et exponentielle. Je l’ai déjà illustré à plusieurs reprises dans ces lignes. Mais l’exemple d’une seule page de mon quotidien régional- Midi Libre du 6 mars – celle titrée Économie, vient hélas stimuler derechef mon humeur acariâtre : 13 dénominations de sociétés ou activités innovantes sont anglaises. Avec les répétitions c’est 33 inclusions que le lecteur ingurgite, aussi indigestes que la panse de brebis farcie….

8 mars 2018

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